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Loi du 12 juillet 1875, art

l’institut catholique de paris

Mais à peine ouverte, elle s’accrut de jour en jour dans des proportions merveilleuses. Tout le monde voulait y contribuer : clergé, magistrats, professeurs, médecins, éditeurs, gens de lettres se dépouillèrent à l’envi pour l’enrichir.

On jugera de son développement par les quelques chiffres qui suivent :

Elle comptait en 1876, 3.656 volumes et brochures; en 1877, 8.050; en 1878, 22.500; en 1880, 34.810; en 1886, 45.000; en 1891, 67.000 ; en 1895,108.000; en 1901, 150.000. Aujourd’hui elle dépasse 160.000.

Dans ce total général, les sciences théologiques sont représentées approximativement par 35.000 volumes; le droit, par 20.000; les lettres et la philosophie, par 25.000; l’histoire, par 30.000; les sciences, par 35.000, et la médecine, par 10.000.

La reconnaissance nous ferait un devoir de signaler à la postérité les noms de tous les bienfaiteurs, et ce devoir nous serait doux à remplir. Les bornes de notre cadre nous plaçant dans l’impossibilité de les énoncer tous, résignons-nous à n’en citer que quelques-uns parmi les plus méritants :

Son Éminence le cardinal Guibert, pour la collection des auteurs latins, édition Panckoucke, et beaucoup d’autres ouvrages.

M. Merveilleux du Vignaux, pour la collection du Journal officiel de 1871 à 1876.

M. l’abbé Tarlier, pour 1.200 volumes.

M. Gaston de Senneville, pour 500 volumes de droit.

M. Barande, M. le comte de Bullet, M. Victor Tassin, M. Sarly, M. Victor Palmé, M. l’abbé Grenier, M. l’abbé Marchand, M. l’abbé Lagarde, M. Frédéric Ozanam, Mlle Perreyve, M. l’abbé Durand, pour divers apports très intéressants.

BIBLIOTHÈQUE. — BATIMENTS

M. Tulasne, pour plus de 2.000 volumes ; Mlle Payen qui offrit la b ibliothèque paternelle, composée de 1.500 volumes choisis; M. Sainte-Glaire Deville, pour

1.000 volumes provenant de son frère ; M. Ch. Roland d’Erceville, pour 1.500 volumes; M. Charles de Franqueville, pour 500 volumes de choix; M. l’abbé Jourdan, qui fit don de plus de 10.000 volumes, comprenant des collections précieuses ; M. l’abbé Ballut, pour 500 volumes; le P. Lantiez, pour 500 volumes de littérature; M. Camus, pour 900 volumes; M. Beauregard ; M.dePercegal; M. de Kirwan ; M. Léon Lallemand ; M. l’abbé Poudroux, pour 200 précieux volumes de théologie; M. Nolleval, pour sa collection des auteurs latins, édition Panckouke, et autres ouvrages formant un ensemble de 420 volumes ; Mme Henry Gréau, pour une grande partie de la riche bibliothèque de son père; M. Hermite, pour d’importantes séries d’ouvrages scientifiques formant plus de 1.800 volumes; M. l’abbé Romeuf, pour une bibliothèque de 3.000 volumes ; M. le marquis de la Roche, pour 1.300 Amlumes ; M. Edmond Jorand, pour 3.000 volumes sur l’histoire de Paris; M. Haton de la Goupillière, pour plus de

2.000 volumes de sciences ; M. Paul Besson, pour plus de 400 volumes ; Mlle Élisa Vignolo, pour 1.100 volumes ; Mme veuve Pochard, pour 1.200 volumes ; M. Rohault de Fleury, pour 200 Amlumes sur des matières scientifiques ; M. Victor Lecoffre ; M. le Dr Le Bec; M. Henry Joly ; M. Charles Huit ; la Librairie Larousse ; M. l’abbé Audollent ;. M. Hubert-Valloroux, pour des dons très variés et réitérés ; M. le chanoine Ravailhe, pour 2.000 volumes choisis de théologie, de littérature et d’histoire ; M. l’abbé Dumont, pour sa riche collection sur l’histoire de Paris ; Mme Henri Viellard, pour une très riche bibliothèque de mathématiques, patiemment amas-

séepar son mari et formant un trésor de plus de 2.000 volumes; Mlle Grégoire, pour 1.500 volumes d’histoire et de philosophie provenant de la bibliothèque de son frère ; Mme Littré, pour la riche bibliothèque de son mari ; Mme Sainte-Claire Deville ; Mgr d’Hulst, pour une grande partie de sa bibliothèque; M. Joseph Chobert ; Mgr Duchesne ; M. l’abbé Pagis; M. l’abbé Boudinhon ; M. de Lapparent; M. Taudière ; M. Lebel, pour une belle collection d’ouvrages sur l’Ecriture Sainte, et, d’une manière générale, tous les professeurs de l’Institut, qui eurent à cœur d’augmenter avec autant d’intelligence que de générosité le trésor commun.

Ce mouvement de libéralité en faveur de la bibliothèque de l’Institut ne s’est jamais ralenti. Il se passe peu de semaines que, de Paris ou de la province, n’arrive quelques colis plus ou moins volumineux, dont le contenu, souvent fort mêlé, ne cesse d’enrichir les rayons d’ouvrages nouveaux et ménage parfois des surprises bien inattendues.

La Société Bibliographique s’est acquis des droits particuliers à la reconnaissance de l’Institut en lui apportant, par une suite de dons successifs, dont le principal eut lieu en 1898, le trésor si varié et si précieux de ses Bevues. Elles ont été groupées méthodiquement dans une salle spéciale, et offrent aux chercheurs une mine de documents d’une richesse exceptionnelle qu’on trouverait difficilement ailleurs.

L’Association française des Chevaliers de Malte a aussi confié à l’Institut, en 1897, la garde de sa curieuse collection, qui se compose de livres héraldiques et d’ouvrages relatifs à l’histoire de cet Ordre souverain.

En dehors des dons spontanés, qui se produisent au hasard des circonstances et laissent nécessairement subsister des lacunes, un crédit annuel de 8.000 francs est

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BATIMENTS

inscrit au budget de T Institut pour entretien et achat de livres. Cette somme «est répartie entre les diverses Facultés ou Ecoles qui en font l’emploi au mieux de leurs intérêts, les abonnements généraux qui se montent à 2.000 francs, et le service matériel de la bibliothèque.

Une commission spéciale de professeurs, dans laquelle chaque groupe nomme son représentant, se tient en rapport avec le bibliothécaire et veille, sous l’autorité du recteur, sur l’acquisition des ouvrages dont l’achat a été décidé par les Facultés.

Grâce à la rapidité et à la richesse de son développement, la bibliothèque de l’Institut a pu déjà plusieurs fois, sans s'appauvrir, déverser de son trop-plein sur d’autres centres d’études moins favorisés, et leur faire une part fort appréciable des nombreux exemplaires d’ouvrages qu’elle possédait en double. Nous citerons, à titre d’exemple, l’Université d’Ottawa, au Canada, détruite par un incendie en 1905, et qu’elle a aidée à reconstituer sa bibliothèque par un don de 600 à 700 volumes d’une valeur considérable.

La bibliothèque est ouverte chaque jour de huit heures et demie du matin à six heures et demie du soir, et de huit heures à dix heures et demie du soir, sauf les dimanches et fêtes et pendant la période de vacances prévue par le règlement.

Non seulement l'accès en appartient de droit à tous les membres de l’Institut, maîtres et élèves, mais il est accordé gracieusement aux personnes du dehors qui s’y présentent en passant, et, moyennant une carte, à tous ceux qui veulent la fréquenter assidûment.

Outre ce dépôt principal, qui répond àtous les besoins, ceux des étudiants de l’Institut qui résident au séminaire des Carmes, ont à leur disposition, dans une des salles de

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rétablissement, une bibliothèque spéciale, surtout littéraire et philosophique, comprise dans l’évaluation que nous avons donnée de l’ensemble. Elle se compose en partie d’un fonds de l’ancienne Ecole des Carmes, et, en partie, d’ouvrages acquis annuellement sur les ressources du budget particulier du séminaire. Elle est la propriété de l’Institut et reste placée ' sous la direction du même bibliothécaire.

Trois bibliothécaires en chef ont été, depuis la création de l’Université libre, successivement placés à la tète de cet important service :

M. Michon, 1876-1879; M. Gaudin, 1879-1887 (1); et, depuis 1887, M. Charles Taranne, actuellement encore en exercice (2).

Ils ont eu comme collaborateurs :

M. Matthieu, ancien chef d’institution, officier d’ Académie, 1879-1888 ;M. Midy, licencié en droit, 1888-1889 ; M. Arthur Bage, 1889-1890 ; M. Lucien Scarpatett, en fonctions depuis 1890; ctM. Elisée Bertrand, employé à la bibliothèque depuis 1896.

Pendant longtemps ces richesses, toujours croissantes, ne rendirent pas tous les services qu’on en pommait tirer ; d’abord parce que leur accumulation trop rapide n’avait pas permis de les cataloguer au fur et à mesure de leur entrée ; ensuite et surtout parce qu’elles restaient disséminées dans des salles éparses et sans unité. Heureusement, ces deux incoiwénients se sont fort atténués ; le premier, grâce au concours du temps, qui a permis de dresser la plus grande partie du catalogue, et le second, grâce à l’amélioration des bâtiments, dont nous avons maintenant à dire quelques mots.

1. M. Gaudin était depuis 1876 le préparateur de M. Edmond Alix.

2. M. Charles Taranne était chargé depuis 1883 de la bibliothèque particulière de théologie et de la bibliothèque intérieure du séminaire.

La façade des Carmes vue du jardin.

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L'Université naissante avait été installée, en 1875, dans l’ancien comment des Carmes, situé au n° 74 de la rue de Yaugirard, propriété indivise des séminaires de Paris, que le cardinal Guibert avait mise à la disposition du nouvel établissement.

Aux murs noircis de cet édifice se rattachaient les plus respectables et les plus émouvants soirccnirs ; des saints y avaient vécu, des martyrs y aA^aient souffert pour la foi ; leurs vertus et leur sang a Avaient fécondé la terre où allait lever désormais le germe divin de la vérité, où allait s’affirmer devant un siècle épris de savoir, Funion intime de la science et de la foi chrétienne.

Ce couvent date des premières années du xvire siècle. Il fut construit pour les Carmes déchaussés par les soins de la reine régente, Marie de Médicis, et placé sous le vocable de saint Joseph, si cher à l’Ordre du Carmel, à cause de la grande dévotion de sainte Thérèse envers ce bienheureux Patriarche.

Le dôme de l’église, un peu massif et pourtant élégant, et surtout d’une solidité à l’épreuve du temps, était le premier essai fait à Paris de l’architecture à coupole importée d’Italie. Le cheA^et de l’église forme un ensemble pittoresque très apprécié des connaisseurs.

Le reste des constructions du couvent est fort simple.

« Le caractère distinctif de tous les bâtiments construits par les Carmes au xvne siècle est une absence complète de toute préoccupation esthétique : les façades sont, tristes, nues, percées d'ouvertures disposées aA-ec une inélégante irrégularité ; les corridors sont bas, à peine éclairés, les cellules étroites et incommodes. Ce n’est pas

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qu’on eût visé à l’économie ; il suffit pour s’en convaincre de regarder les murs construits en pierres de dimensions extraordinaires. Ce que les Carmes voulaient,

L’escalier des Martyrs.

c’était une maison de pauvre apparence, qui n’inspirât pas à ses habitants le dégoût de la vie austère qu’ils devaient y mener, et les intentions des fondateurs avaient été fidèlement exécutées (1). »

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