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Conseil rectoral, séance du 3 mai

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ses trois jubilés sacerdotal, épiscopal et pontifical, trois fois l’ Université de Paris se retrouva à ses pieds dans la personne de ses délégués, pour lui redire son amour et son inaltérable fidélité.

Lors de son jubilé sacerdotal, en 1888, la délégation de l’Institut lui offrit la collection complète de ses Annales et celle des ouvrages de ses professeurs. Cette dernière comprenait déjà à cette époque plus de soixante volumes, qui étaient magnifiquement reliés aux armes du Saint- Père et de l’ Institut, et renfermés dans deux riches écrins.

Léon XIII combla des témoignages de sa bonté la délégation, qui se retira pénétrée de sentiments de reconnaissance et de confiance.

« J’ai eu la joie, disait au retour le recteur, de voir le Pape prendre en ses mains ces beaux volumes, féliciter leurs auteurs, bénir leurs personnes et leurs familles, leurs efforts et leurs travaux. J’ai senti comme eux la main de ce Père sur ma tête, j’ai vu la douceur de son sourire, j’ai entendu les paroles qui nous commandaient l’espérance et nous rendaient pour jamais la défaillance impossible (1). »

Loin de se relâcher, ces liens de soumission et d’affectueux respect n’ont fait que se resserrer sous le pontificat de Sa Sainteté Pie X, glorieusement régnant.

Dès qu’il se fut assis sur la chaire de Pierre, tous les

1. Mgr d’Hulst. Discours à la séance de rentrée, 18 novembre 1888. La délégation de 1888 se composait de Mgr d’Hulst, recteur, et de MM. Gabriel Alix, Albert de Lapparent et l’abbé Pisani ;

Celle de 1893, de Mgr d’Hulst, de M. l’abbé Paguelle de Follenay, vice-recteur; du R. P. Baudrillart, de M. le baron Domet de Vorges, de M. le baron Carra de Vaux, et d’un groupe d’étudiants comprenant MM. Delvincourt, de Guenyveau, André Lavaurs, Festugière, Fichau, René et Jules Dupuis, de Veauxcelles, Le Guay et de La Tour du Pin;

Celle de 1902, de M. l’abbé Bousquet, vice-recteur; de M. Lescœur e de Mgr Graffm. L’Association amicale des étudiants s’était fait représenter par son président, M. Robert Jamet, et l’Association des anciens Elèves, par M. Pierre Claudio Jannet.

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membres de F Université, maîtres et élèves, n’eurent rien de plus pressé que de lui témoigner, dans une adresse collective, les sentiments qui les animaient envers sa personne et envers son autorité suprême.

Quelque temps après, le recteur s’étant rendu à Rome, dans les premiers jours de janvier 1905, non seulement Pie X l’accueillit avec une tendresse toute paternelle, mais pour donner à -F Université un témoignage sensible de son affection et de sa confiance, il lui fit don de son portrait,, en pied, de grandeur presque naturelle, œuvre d’un artiste distingué, Enrico Tardelli.

Ce portrait fut inauguré avec éclat, et il décore aujourd’hui la salle des conférences publiques.

Non content de cette faveur déjà extraordinaire, Pie X fit adresser peu de temps après au recteur une lettre latine vraiment admirable, dans laquelle il se plaisait à mettre en relief les services déjà rendus par l’Université et lui traçait d’une main ferme la voie dans laquelle elle devait marcher (1).

Durant les premières années de l’Université catholique , la question s’était posée de créer une Revue spéciale, ou au moins un Bulletin , qui permettrait à ses professeurs d’entrer en contact direct avec le dehors, et qui, en fournissant au public des renseignements intéressants sur sa vie intime, serait de nature à lui concilier des sympathies et à lui attirer d’utiles concours.

Depuis quelques années déjà, les Facultés libres de Lyon, de Lille et de Toulouse avaient leurs recueils périodiques. L’Institut catholique de Paris était resté en arrière sur ce terrain. Le recteur, Mgr d’Hulst, se montrait peu favorable à cette idée. « L’heure est aux Bulletins pério-

1. Voir aux pièces justificatives, n° 2, cette lettre de Pie X à Mgr Péchenard.

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cliques, disait-il, non sans une certaine pointe de malice. Où est l’œuvre qui n’ait pas le sien? C’est à se demander qui se chargera de lire ces feuilles, puisque tout le monde est occupé à les écrire? Vous l’avouerai-je? Le sentiment de lassitude que me cause ce débordement de papier noirci m’a rendu longtemps réfractaire à l’idée d’un Bulletin propre à l’Institut catholique do Paris....

« On m’en faisait un reproche, et moi, tout en m’inclinant sous le reproche, au dedans de moi-même (ô raffinement de l’orgueil!), j’en tirais vanité; je me disais : au moins sous cette forme nous évitons de persécuter notre prochain (1) . »

Cependant sa résistance céda devant les instances et le dévouement de ceux qui l’entouraient et qui consentirent à assumer sur eux le surcroît de travail inévitable.

M. Joseph Chobert, nommé depuis peu secrétaire général, et M. l’abbé Pisani se chargèrent de commencer l’entreprise, et le premier numéro du Bulletin parut en janvier 1890. La plupart des professeurs y apportèrent de savantes contributions, et la plume alerte et spirituelle d’un ancien élève, M. Charles Dauvillier, tint le publie au courant des incidents quotidiens de la vie universitaire.

Après six ans de vie, le Bulletin commença à prendre conscience de sa valeur, il eut des ambitions, et, se dépouillant de sa première enveloppe, il reparut, avec le mois de janvier 1896, sous le titre de Revue de l'Institut catholique. Peut-être que, changeant de titre, il ne changea pas assez de ton. Ses habitudes de modestie faillirent lui être funestes et, en 1900, le corps professoral, trouvant la Revue un peu grêle pour son âge, et

1. Mgr d’Hulst. Discours à la séance solennelle de rentrée du 19 novembre 1890.

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craignant quelle ne fût pas Arable, posa la question de vie ou de mort. Le recteur tint bon, ne voulant rien laisser tomber de ce qu’il avait trouvé debout. Le sentiment paternel prévalut, on soumit la malade à un régime fortifiant, et depuis lors, elle fait honneur par sa bonne mine et l’étendue de ses connaissances, au corps savant qu’elle représente devant le public.

Le peu d’inclination que Mgr d’Hulst aA^ait d’abord montré pour la création d’un Bulletin, et qui paraît, de prime abord, si peu conforme à sa haute intelligence et à son amour de l?œuvre à laquelle il avait consacré sa Arie, ne s’expliquerait-il point par l’état de lassitude où commençait à le réduire la multiplicité toujours croissante de ses occupations?

Vicaire général de Paris, supérieur de plusieurs communautés religieuses, après avoir pris une largf part dans les traA^aux de fondation de l’Université catholique, il en était devenu recteur au départ de M. l’abbé Gonil, et, depuis lors, il en supportait seul tout le poids.

Nommé prédicateur du carême à Notre-Dame en 1891, amené en outre à accepter, par obéissance plus que par inclination, le siège de député au Parlement laissé Agaçant par la mort de Mgr Freppel, il sentit que ses forces ne suffisaient plus à tant d’obligations, et, au mois de mars 1892, il se fit autoriser à se décharger d’une partie des fonctions rectorales sur un collaborateur.

La présence d’un vice-recteur avait d’ailleurs été prévue par les évêques dans la rédaction des premiers statuts. Seules, les difficultés qui suivirent la fondation de l’Université en aA7aient fait retarder la nomination; mais le besoin s’en faisait de plus en plus sentir, et désormais le progrès intérieur de l’œuvre était à cette condition. L’accroissement du nombre des élèves,

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surtout des élèves laïques, le besoin d’exercer sur eux une surveillance paternelle et une influence morale de tous les jours, la constatation de leur assiduité aux cours, le contrôle de leurs études, la direction de leurs œuvres de charité et de zèle, l’organisation de leurs réunions, la correspondance avec les évêchés et les familles, la propagande dans les diocèses, l’inspection dans les séminaires et les collèges, le soin des collectes financières, exigeaient plus de temps, plus d’activité, plus de forces qu’on en pouvait attendre cl’un seul homme, quelque bien doué qu’il fût, si l’on ne voulait le réduire à l’impossibilité de faire face aux multiples relations inhérentes à sa charge et de se rendre compte du mouvement intellectuel qu’il avait mission de connaître et de diriger.

Au mois de mars 1892,1e cardinal archevêque de Paris jeta les yeux pour cette fonction sur M. l’abbé Paguelle de Follenay, aumônier de la maison-mère des Frères, ancien supérieur du séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, et l’assemblée des évêques n’hésita pas à ratifier son choix.

Jeune encore et déjà mûr, homme de foi et de zèle, versé dans la connaissance des sciences naturelles et familier avec les études bibliques, mais par-dessus tout ami dévoué de la jeunesse, le nouveau vice-recteur fit bientôt ressentir à l’Institut les effets de sa bienfaisante activité.

On peut dire qu’avec son entrée en fonctions commença une féconde période d’organisation intérieure qui ne s’arrêta plus.

Ce fut tout d’abord sur ses pressantes instances et en se reposant sur sa sollicitude, que Mgr d’Hulst consentit, après l’acquisition de l’hôtel d’Hinnisdal, à y ouvrir, en faveur des étudiants, la maison de famille dont nous

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avons parlé précédemment. Il lui en confia la haute direction, et le vice-recteur, pour en mieux assurer le succès, alla fixer sa résidence au milieu meme des élèves, dans un appartement indépendant.

M. Paguelle de Follenay ne fut pas non plus étranger au rétablissement du conseil rectoral, dont l’influence est si importante sur la vie de l’Institut, ni à la rédaction des règlements particuliers des Ecoles des lettres et des sciences, dont nous avons déjà parlé. Il prit, par suite d’un accord avec le recteur et les professeurs, une part importante dans la surveillance des travaux écrits des élèves de lettres; il fonda, en 1894, l 'Œuvre de Saint- Louis de Gonzague , dans laquelle de jeunes élèves se réunissaient, du collège Stanislas, du séminaire de Notre- Dame des Champs, du collège de Yaugirard, et étudiaient en commun les questions religieuses, en vue de devenir un jour catéchistes volontaires ; il contribua au rétablissement de la Conférence de Saint-Vincentde Paul et à l’ extension de l’apostolat des étudiants dans les patronages de Paris.

Chaque fois qu’il en trouvait le temps, parcourant les nombreux diocèses de la circonscription universitaire, il visitait les évêchés, les séminaires et les collèges et ramenait l’attention du clergé et des fidèles sur la grande œuvre de renseignement supérieur chrétien, soit en vue du recrutement des élèves, soit en vue du relèvement des ressources financières.

Ce dernier point était d’une importance extrême ; car, depuis longtemps, l’Institut catholique passait par une crise matérielle qui tendait à s’aggraver, et qui était devenue, en se prolongeant, l’un des plus cuisants soucis du recteur.

La longue série des lois persécutrices qui, depuis 1880, ne cessaient d’atteindre la religion dans ses ministres.

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ses institutions et ses œuvres, avaient fini par avoir une répercussion douloureuse sur l’enseignement supérieur libre.

Une grande partie des libéralités qui lui eussent été attribuées par les catholiques s’étaient détournées de leur but. Il avait fallu, en effet, construire partout et soutenir à grands frais des écoles primaires libres, pour remplacer les écoles primaires publiques, d’où une loi impie avait banni tout enseignement religieux.

La gratuité des inscriptions, rendue nécessaire par la loi du 18 mars 1880, et qui ne fut supprimée qu’au bout de sept ans, avait aussi causé aux Facultés libres un préjudice sensible.

Enfin les passions étaient entrées en lice, et en essayant, par des campagnes de presse, d’ébranler la confiance des familles dans la valeur scientifique et dans la durée des établissements libres, elles avaient contribué à diminuer leurs ressources et à retarder leur plein épanouissement (1).

Au milieu des légitimes préoccupations de ceux qui avaient assumé la charge de l'entreprise, le cardinal Guibert n’avait cessé de tenir d’une main ferme le drapeau de la confiance. Après avoir déploré, devant ses vénérables collègues, réunis en assemblée générale, la faute que l’on avait commise en créant à la fois trop de centres universitaires, il leur disait sur le ton de la plus profonde conviction : « S’il est un établissement qui ne doive pas périr, c’est le nôtre, placé qu’il est au cœur de la France, et appuyé sur 31 diocèses, embrassant 33 départements, plus du tiers de la France (2) ! »

1. Correspondance Saint-Chéron , 8 décembre 1884, réponse au Figaro.

2. Assemblée générale des évêques, 30 janvier 1884. — Il faudrait dire aujourd’hui 32 dioeèses.

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Sur la demande de M. Antonin Pagès, l’un des trois administrateurs légaux de l’Institut, les évêques avaient décidé la formation d’une commission de propagande, qui plaiderait la cause de l’enseignement supérieur à Paris et dans les provinces.

Constituée seulement en 1888, cette commission envoya dans les collèges plusieurs de ses membres qui s’occupèrent surtout du recrutement du personnel des étudiants (1).

L’année suivante, une réunion extraordinaire, tenue le 12 mars, à l’archevêché, sous la présidence de S. Em. le cardinal Richard, vota la création de comités paroissiaux dans le centre de Paris, pour aider à la quête annuelle et pour recueillir les souscriptions. Ce fut seulement trois ans plus tard que. l’assemblée générale des évêques, sur une nouvelle proposition de M. Antonin Pagès, décida qu’il serait institué, dans le même but, des correspondants diocésains (2).

En janvier 1894, un comité parisien, formé d’hommes éminents, disposés à soutenir de toute leur influence la cause de l’enseignement supérieur chrétien, fit appel à la générosité publique, et ouvrit, pour une période de trois ans, une souscription annuelle de cent francs. Ce ne pouvait être qu’un expédient sans portée.

A un appel aussi timide et aussi étroit, le public répondit sans entrain, et la souscription fut impuissante à assurer l’avenir (3) .

Réunis au mois de novembre 1895, les évêques résolurent d’imiter le mode de souscription qui se pratique à Lyon avec grand succès, et qui est calqué sur l’organisa-

1. Assemblée générale des évêques, 14 novembre 1888. Rapport du recteur.

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