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Le dimanche 27 juin

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il prenait quelques jours de vacances au sein de sa famille, le 22 avril 1900.

Pour le remplacer, le recteur choisit dans le corps professoral et présenta à la nomination des évêques celui de ses collègues que désignait l’ opinion commune, M. l’abbé Joseph Bousquet, professeur de langue grecque. Brillant élève de l’Institut, reçu le premier à la licence ès lettres devant la Faculté de Paris, et dans l’un des premiers rangs à l’agrégation des lettres, M. Bousquet était apprécié, non seulement pour sa parfaite connaissance de la langue et de la littérature grecques, mais encore pour un ensemble de qualités morales qui le prédisposaient aux délicates fonctions qui lui étaient confiées. Aussi les évêques n’hésitèrent pas à le nommer vice-recteur.

Le personnel des administrateurs légaux se trouva aussi, vers cette époque, presque entièrement renouvelé. M. Ferdinand Riant, décédé en 1897, avait été remplacé par M. Paul de Raynal, docteur en droit, ancien substitut du procureur général près la Cour de Paris, chevalier de la Légion d’honneur. C’était un parfait homme de bien, éclairé et prudent, compétent dans les matières d’administration comme dans celles de jurisprudence, et par-dessus tout, profondément consciencieux et dévoué. La maladie le foudroya le 7 octobre 1903.

Il avait été précédé de quelques semaines dans la tombe par M. Antonin Pagès, qui administrait les intérêts de l’Institut depuis près de vingt-deux ans. Ce grand chrétien, qui n’avait pas hésité, non plus que M. de Raynal, à briser sa carrière de magistrat pour rester fidèle à ses convictions, était connu dans le monde entier en sa qualité de président général des Conférences de Saint- Vincent de Paul. Il avait fait profiter de son expérience et de sa science juridique presque toutes les associations

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de charité ; et il avait prouvé son attachement à l’œuvre du haut enseignement par un dévouement sans bornes à l’Institut catholique. Il mourut subitement dans son château de Mirabel, le 18 septembre 1903.

Pour remplacer ces deux administrateurs, les évêques firent choix, dans leur assemblée du 25 novembre sui- A ant, de M. Théophile Crépon des Yarennes, conseiller honoraire à la Cour de cassation, officier de la Légion d’honneur, et de M. Paul Thureau-Dangin, membre de l’Académie française, chevalier de la Légion d’honneur, dignes tous deux par leur intelligence et leur dévouement de continuer l’œuvre de leurs zélés devanciers.

Après les premiers moments d’incertitude et de crainte qui avaient suivi la mort de Mgr d’Hulst, la confiance rentra peu à peu dans les cœurs qui avaient paru chanceler. Toutes les bonnes volontés s’unirent avec plus d’énergie que jamais dans la poursuite du même but, et, de leur union, sortirent des résultats inespérés, dont bénéficia l’œuvre commune, et dans lesquels il convient d’attribuer à chacun sa part de mérite.

Déjà la plupart de ces heureux résultats ont été indiqués, chemin faisant, suivant les diverses catégories de faits auxquels ils appartiennent. Si nous croyons devoir en rappeler ici le simple souvenir dans un rapide aperçu, c’est que, de leur ensemble, se dégage nettement la preuve de la vitalité et des progrès incessants de l’Institut.

Ce fut vers le côté matériel que se portèrent les premiers efforts. Dès le mois de janvier 1897, parut un nouvel organe de F Œuvre des Souscriptions : le Bulletin du Denier de V Institut catholique , dont le titre était plus suggestif que celui du précédent. Par un tirage bimensuel, porté bientôt à 12.000 exemplaires, que des mains intelligentes répandirent aux quatre coins de la circonscription universitaire, il propagea partout la connais-

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sance de l’Institut. L ' Œuvre du Denier fut officiellement organisée à Paris, et devint une œuvre diocésaine, au même titre que celles de la Propagation de la Foi et de Saint-François de Sales (1).

Quelques diocèses imitèrent celui de Paris; d’autres autorisèrent au moins l’administration de l’Institut à implanter l’œuvre chez eux. Cette propagande, conduite avec méthode et persévérance, commença à relever peu à peu les ressources financières de l’établissement.

Les droits d’inscriptions, rétablis en 1887, n’étaient payés que par les étudiants laïques : le recteur obtint des évêques que les étudiants ecclésiastiques y seraient pareillement assujettis, et la situation matérielle s’améliora d’autant.

Une économie rigoureuse introduite dans les détails de tous les services fit disparaître toute dépense superflue ou non indispensable.

En même temps, le dôme de l’église, avarié par l’âge, fut remis à neuf; d’année en année, l’intérieur de l’édifice religieux reprit une nouvelle jeunesse, grâce au zèle des directeurs du séminaire, et de belles orgues, dues à l’initiative du supérieur, M. l’abbé Guibert, remplacèrent, en 1903, les jeux anciens devenus discordants.

Le comble du premier bâtiment élevé sur la rue d’Àssas fut achevé. Bientôt une nouvelle tranche, beaucoup plus considérable, était construite, pour la somme de 300.000 francs.

La bibliothèque, dont la plus grande partie y fut transportée, s’augmenta rapidement de plus de 30.000 nouveaux Aœlumes.

Les trois Facultés canoniques furent organisées conformément aux prescriptions de Rome.

1. Lettres de S. Ém. le cardinal Richard, du 18 janvier et du 1er mars 1898.

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La théologie s’accrut d’un cours de morale fondamentale, d’un cours de patrologie, d’un cours d’assyrien et d’un cours d’éthiopien ; et la philosophie scolastique, d’un cours d’éthique naturelle. Presque tous les grands séminaires de la circonscription s’affilièrent à l’Institut pour la collation du baccalauréat. Le jeune clergé parisien obtint des arrangements qui lui facilitèrent la fréquentation des cours. Enfin, les étudiants laïques trouvèrent, dans l’organisation de l’enseignement supérieur de la religion, le secours religieux dont ils avaient besoin.

La Faculté de droit s’enrichit d’un cours de législation et d’économie rurales et agricoles, d’un cours pratique de notariat, de conférences d’enregistrement, et d’une double série annuelle de conférences hivernales sur la science sociale et sur l’agriculture . Elle noua des relations avec les autres Facultés libres de France, en vue d’établir des réunions périodiques entre les professeurs, et posa les bases d’un concours annuel entre les étudiants de ces diverses Facultés.

L’École des lettres ajouta à son enseignement une chaire de langue anglaise et une de langue allemande, pour la préparation à la licence de ces langues vivantes ; elle établit un concours annuel entre les élèves des établissements libres situés dans la circonscription de l’Institut, et elle institua un diplôme de grammaire en faveur des professeurs auxquels les circonstances ne permettent pas de prendre la licence.

L’École des sciences donna les mains, de son côté, aux concours entre établissements libres, augmenta notablement ses collections de géologie, de minéralogie, de zoologie, de conchyliologie et de botanique, renouvela une partie de son matériel de physique; elle eut surtout l’honneur d’inaugurer, par l’enseignement de la géogra-

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phie physique, une science nouvelle, et de donner au monde la merveilleuse découverte de la radioconduction, principe de la télégraphie et de la télémécanique sans fil.

L’enseignement extérieur, destiné au grand public, prit, en quelques années, un brillant essor et forma tout un réseau autour de l’Institut : cours d’enseignement supérieur pour les jeunes filles, conférences du mercredi pendant toute l’année, cours de religion, de philosophie, d’apologétique, d’études sociales, de législation agricole, de chant grégorien, attirèrent à l’Institut des foules qui, jusque-là, n’en connaissaient pas le chemin.

L’Institut vit, pendant la même période, l’éclosion de plusieurs nouvelles publications importantes, rédigées ou dirigées par ses maîtres : la France chrétienne , Un Siècle , la collection des Grands Philosophes, la Revue de Philosophie , X Index philosophique, la Bibliothèque de philosophie expérimentale , la Bibliothèque de théologie historique, la Revue pratique d’ apologétique, la Collection des Textes pour l3 Etude historique du Christianisme, qui témoignent de la puissante vitalité de son corps professoral.

Il ouvrit aussi ses portes à plusieurs œuvres chrétiennes, heureuses d’y trouver asile et protection, telles que la Fête corporative des Industries du Livre, X Association des Pères de famille chrétiens , les Journées des Patronages, la section de charité de la Milice du Christ, les Marmitons et divers Congrès.

Le souci de l’assistance mutuelle, qui préoccupe si vivement la société contemporaine, s’y affirma puissamment par l’admission des employés subalternes au bénéfice de la caisse de retraite, qui n’avait été créée, à l’origine, qu’au profit des professeurs et des membres de l’administration.

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Le besoin d’union y trouva une autre expression non moins éloquente dans la réforme et l’extension de l’Association des anciens élèves et dans la création d’une Association amicale entre les élèves en cours d’études.

En 1901, il donnait naissance au Syndicat de /’ Enseignement libre supérieur et secondaire. Ce syndicat créé sur son initiative, auquel il servit pendant deux ans de siège social, dont plusieurs de ses professeurs font partie du conseil, et dont l’un, M. de Lapparent, occupe la présidence, vit ses membres arriver rapidement au chiffre de douze cents ; il constitue aujourd’hui une sérieuse ressource matérielle et une véritable force morale pour les maîtres de l’enseignement libre.

Enfin, les nombreuses distinctions honorifiques accordées dans ces dernières années, par le Pape et par les évêques, aux maîtres ecclésiastiques et aux maîtres laïques, attestent surabondamment en quelle estime l’Église tient leurs travaux et leur dévouement.

Parmi les accroissements de l’Institut, le plus considérable et le plus visiblement providentiel, fut l’ouverture d’un nouveau séminaire. Depuis quelques années, le nombre des élèves ecclésiastiques s’augmentaitpeu à peu ; le séminaire des Carmes, établi dans l’intérieur des batiments de l’Institut, ne suffisait plus à recevoir tous ceux qui se présentaient, et plusieurs étaient dans la nécessité de se loger a l’hôtel. Avertis de cet état de choses, les évêques déclarèrent qu’ils ne le pouvaient tolérer qu’à titre provisoire, et confièrent au recteur le soin de préparer l’ouverture d’une seconde maison ecclésiastique. A l’heure où, après bien des recherches infructueuses, il désespérait presque d’aboutir, la Providence dénoua elle-même la situation. Le vénérable supérieur général de la Congrégation des Prêtres de la Mission, M. Fiat, consentit, dans un sentiment de dévouement au clergé

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et de parfaite bienveillance pour l’Institut, à ouvrir un second séminaire pour recevoir les élèves ecclésiastiques. Il le créa dans les mêmes conditions, vis-à-vis des évêques et de l’Institut catholique, que le séminaire des Carmes, c’est-à-dire avec la même règle intérieure, les mêmes subsides et la . même obligation de n’y recevoir que des élèves de l’Université catholique.

Établi, au moins provisoirement, au n° 88 de la rue du Cherche-Midi, et placé sous la direction de M. Portai, ancien supérieur du grand séminaire de Nice, assisté de M. Vidal, le nouvel établissement prit le nom de Séminaire de Saint-Vincent de Paul (1).

Il s’ouvrit pour la rentrée du mois d’octobre 1899, et deux ans à peine s’étaient écoulés qu’il comptait déjà trente-cinq pensionnaires. Trop à l’étroit dans ses murs, il n’attend qu’une occasion propice pour prendre de plus amples développements.

Enfin l’Exposition universelle de 1900 avait été l’occasion de grands honneurs pour l’Institut catholique. Le recteur fut nommé membre des diverses commissions préparatoires et du Jury de l’enseignement supérieur ; et les professeurs reçurent, comme nous l’avons dit en son lieu, les plus flatteuses récompenses pour leurs travaux et leurs découvertes.

Tandis que ces améliorations se réalisaient, insensiblement et sans éclat, comme les accroissements d’un arbre qui enfonce ses racines toujours plus profondément dans le sol nourricier, l’Institut catholique atteignit ses vingt-cinq ans d’existence.

Convenait-il de laisser passer cette date inaperçue? Les difficultés de la situation, l’incertitude du lendemain au milieu d’une atmosphère politique de plus en plus

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