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M. Vidai fut remplacé en 1905 par M. Aroud

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troublée pouvaient le conseiller. N’était-il pas, au contraire, préférable de souligner cette date, en reportant un instant ses regards vers le passé, pour mesurer la distance parcourue, les difficultés vaincues, les progrès réalisés ; pour rendre grâce à la Providence dont l’action protectrice avait été si sensible ; pour remercier les bienfaiteurs et les amis de l’œuvre de leur sympathie et de leur concours : et enfin pour fortifier les cœurs en vue des efforts et des combats de l’avenir? Ce fut le sentiment général de l’administration et du corps professoral.

Donc le 6 février 1901, l’Institut célébra ses Noces d’argent. Il le fit sans bruit ni ostentation, avec le sentiment de modestie qui lui convenait, mais aussi avec la conscience vraie de sa force. Par la dignité dont il entoura cette fête familiale, il se fit honneur à lui-même, réjouit le cœur de ses amis et s’imposa au respect de tous.

La première partie de la fête consista dans une soirée intime offerte la veille par l’Association des Étudiants aux professeurs et à leurs familles.

Le lendemain fut célébrée une messe solennelle d’actions de grâces. S. Ém. le cardinal Richard présidait la cérémonie; Mgr Dizien, évêque d’Amiens, officiait; Mgr de Pélacot, évêque de Troyes, assistait. Les Universités catholiques de Lille, Toulouse et Angers étaient représentées par Mgr Baunard, Mgr Batiffol et M. l’abbé Delahaye. L’église était remplie par les administrateurs, les professeurs, les curés des paroisses de Paris, lessupérieurs de congrégations et de collèges, les amis et les bienfaiteurs de l’Institut.

Les membres survivants de l’Assemblée nationale de 1875, qui avaient voté la loi de liberté, M. Wallon, M. le vicomte de Meaux, M. Relier, M. Besson, M. Merveilleux du Vignaux y occupaient une place d’honneur.

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Du haut de la chaire, le recteur retraça à grands traits le passé de l’Institut, fit ressortir l’importance des services qu’il rend dans le présent, et exposa les motifs d’espérer dans l’avenir.

Le soir un joyeux banquet de deux cent quarante couverts groupa l’élite des amis de l’Institut. S. Ém. le cardinal daigna encore le présider. Les toasts furent chaleureusement applaudis. Le recteur en ouvrit la série au nom de l’ administration, M.Keller prit la parole au nom des survivants de l’Assemblée nationale, M. Dauvillier parla au nom de l’Association amicale des anciens élèves, et M. de Lapparent remercia au nom du corps professoral.

En quelques mots pleins de bonté, le cardinal exprima sa gratitude et sa confiance, et pour mettre le sceau à cette belle journée, il remit à MM. Lescœur, Alix et Guyot, professeurs de droit, le brevet de commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le- Grand que leur accordait le Souverain Pontife, et il nomma M. l’abbé Rousselot chanoine honoraire de sa cathédrale.

Le lendemain, tout le monde était à son poste, reprenant la tâche commune avec une nouvelle ardeur.

Depuis lors, la vie intellectuelle et morale a continué à couler dans l’Institut catholique et, par lui, au dehors, comme coule un fleuve tranquille et fécond, qui croît à mesure qu’il avance, et qui répand la fécondité dans les campagnes qu’il arrose.

Chacune de ses Facultés ou Écoles a poursuivi sa marche, ajoutant chaque année aux fruits anciens quelques fruits nouveaux, comme nous l’avons indiqué en parlant en particulier de chacune d’elles.

Nous aurons donc tout dit, quand nous aurons encore signalé les quelques faits suivants qui sont d’ordre général et intéressent également toutes les branches de l’Institut.

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Tout d’abord on put craindre un instant que la loi du 1er juillet 1901 sur les associations n’eut un contre-coup fatal sur le personnel enseignant de l’Institut.

Cette loi de parti, qui accorde aux laïques le droit de s’associer dans un but quelconque, refuse le même droit aux membres des congrégations religieuses; elle leur interdit la vie en commun, et menace de fermeture tout établissement d’instruction qui les emploierait à titre de directeurs ou de professeurs.

Or il ,se trouvait qu’à ce moment l’Institut comptait au nombre de ses professeurs onze congréganistes : un dominicain, deux oratoriens, deux maristes, quatre jésuites et deux sulpiciens. Leur départ simultané eût creusé dans l’établissement un vide difficile à combler. Aussi, l’administration, qui tenait à leur présence et qui leur devait de la reconnaissance pour les services rendus, les invita à rester à leur poste. Toutefois, pour ne pas exposer l’Institut aux rigueurs de la loi, elle les engagea à se séculariser et à se faire agréer par l’évêque de leur diocèse respectif . Ils se soumirent sans difficulté à ces conditions. Accueillis avec empressement par les évêques auxquels ils s’adressèrent, ils en obtinrent l’acte d’agrégation nécessaire, suivi bientôt d’un congé qui leur permit de continuer à se livrer aux travaux de l’enseignement à l’Institut catholique de Paris.

La précaution n’était pas vaine. Six mois ne s’étaient pas écoulés que la plupart d’entre eux étaient cités au cabinet du juge d’instruction pour infraction à la loi du 1er juillet. Ils se défendirent pièces en mains. Puis l’affaire traîna en longueur, et, au bout de deux ans, le 11 décembre 1903, ils furent l’objet d’une ordonnance de non-lieu.

Le malaise général de la société amena les administrateurs de l’Institut à prendre une grave mesure de sécurité au sujet de la caisse de prévoyance.

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Ils avaient, depuis la fondation, géré en pères de famille la caisse de prévoyance établie en faveur des fonctionnaires, professeurs et employés de l’Institut. En 1 904, en face des graves événements que traversait le pays, et de l’insécurité que les nouvelles lois créent à tous les établissements qui ont quelque caractère religieux, ils estimèrent qu’il n’était pas sans inconvénient, ni même sans péril, de conserver, au nom et sous la responsabilité de l’Institut, une aussi importante gestion. Il leur paraissait bien préférable et bien plus sûr, que, tout en conservant cette caisse, avec les dispositions essentielles de son règlement, un compte particulier fût ouvert, sous des garanties sérieuses, dans une société d’assurances, au nom de chacun des intéressés. Ils soumirent leur plan à l’appréciation de la commission de permanence réunie au mois de mars ; la commission le trouva juste et lui donna son approbation. Immédiatement, la transformation s’accomplit, avec le consentement de tous, et à la satisfaction générale. L’Institut continua donc à pourvoir, comme par le passé, à l’avenir de ses membres, sans endosser la lourde responsabilité de la gestion d’une caisse que son importance même rendait fort embarrassante (1).

Le 8 décembre de la même année ramenait le cinquantième anniversaire du jour où Pie IX, entouré d’une imposante assemblée de cardinaux et d’évêques, proclama solennellement le dogme de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, mère de Dieu. Cet anniversaire réveilla les échos de l’allégresse universelle qui avait accueilli la décision pontificale, et de partout s’élevèrent des voix nombreuses pour célébrer la gloire de la Vierge Immaculée.

1. Compte rendu de l’Assemblée générale des évêques, du 23 novembre 1904, p. 25.

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L’Institut catholique eut à cœur de faire entendre sa note dans cet immense concert. N’avait-il pas pour le faire des titres particuliers? Placé sous le patronage direct de l’immaculée Conception de Marie, il ne pouvait oublier qu’il possède, dans sa Faculté de théologie, l’héritière, bien modeste encore, mais pleine d’espérance, de l’ancienne et glorieuse Sorbonne, si célèbre jadis dans toute la chrétienté par son zèle extraordinaire à défendre et à promouvoir la croyance à ce glorieux privilège de Marie.

L’Institut fit donc de cet anniversaire un jour de solennité exceptionnelle. Tous les cours furent suspendus. Les offices furent présidés par Mgr de Pélacot, évêque de Troyes; un professeur de théologie, le R. P. Auriault, célébra la grandeur du dogme de l’immaculée Conception; puis, dans une brillante séance académique, M. Rousselot, professeur à l’École des Lettres, exposa le rôle brillant de Marie dans la littérature française et le recteur retraça les efforts et les luttes de l’ancienne Université de Paris en faveur de cette croyance. Chacun s’applaudit de voir ainsi relier le présent au passé.

Comme il l’avait fait à l’Exposition de Paris en 1900, l’Institut prit part, en 1905, à l’Exposition universelle de Saint-Louis, dans les Etats-Unis d’Amérique, à cette différence près que cette nouvelle participation eut un caractère collectif. Cette terre classique de la liberté sut apprécier l’effort tenté par les catholiques français et l’importance des résultats déjà obtenus ; le jury décerna à l’Institut une médaille d’or, au titre de l’enseignement supérieur.

L’activité des professeurs continua à se dépenser, en dehors de leur enseignement professionnel, non seulement dans la composition d’un grand nombre d’ouvrages intéressants et dans la rédaction des Revues que nous

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avons précédemment indiquées, mais encore dans la participation active aux multiples congrès et aux réunions saArantes qui ne cessent de se tenir chaque année en France et à l’étranger : M. de Lapparent, à Berlin et à Londres; M. de Lamarzelle et M. Taudière, dans le congrès des jurisconsultes chrétiens; M. Lepelletier, au congrès des Unions de la Paix sociale ; M. Peillaube, au congrès de psychologie à Rome; M. Nau, au congrès [des Orientalistes à Alger; M. Bertrin, au congrès marial de Rome ; M. Sertillanges à l’Université d’Oxford.

L’Institut catholique ouvrit lui-même ses portes, en 1904 et 1905, aux Congrès Jecinne-d’ Arc, préparés par les directrices du mouvement féministe chrétien, et tenus sous la présidence du recteur. Chaque fois, l’affluence des dames fut considérable, et l’étude des diverses œuvres qui se proposent à l’activité des femmes religieuses, donna lieu à des exposés et à des échanges de vues du plus haut intérêt. Ce fut dans le second de ces congrès que s’accomplit la fédération des vingt-cinq groupes importants qui représentent les principales œuvres de charité et de zèle dirigées par les femmes françaises.

Pendant ce temps, la crise aiguë dans laquelle est engagée l’Eglise de France semblant devenir menaçante pour l’avenir de l’Institut, le péril même suggéra à ses amis l’idée de créer un organisme nouveau qui pût lui offrir une plus large base et assurer son existence. Comme les lourdes charges qui pèsent sur les épaules des évêques, ses protecteurs-nés, leur rendent plus difficile le versement intégral des subsides auxquels ils s’étaient engagés à l’origine, un groupe de personnes dévouées constitua, au mois d’avril 1905, une Association des Amis de V Institut catholique de Paris , entièrement distincte de l’Institut lui-même et de son administration, qui

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s’assigna comme but de soutenir l’Institut par des allocations pécuniaires et de le développer en provoquant la fondation de bourses, la création de chaires, ou en favorisant les recherches scientifiques. Elle demanda à ses membres des cotisations de 25, 100 et 500 francs, selon que chacun d’eux voudrait prendre le titre d’adhérent, de titulaire ou de fondateur ; et, pour faciliter le recrutement de ses membres, elle s’adjoignit un comité de Dames patronnesses.

Gomme elle répondait visiblement au besoin de groupement qui est un des caractères de notre époque, cette association parut tout de suite prendre le vent dans ses voiles, car, en moins d’un an, elle comptait cinq cents membres. Tout indique qu’elle porte en elle des éléments de succès et de durée et qu’elle sera pour T Institut le solide point d’appui qu’il cherche depuis sa fondation. Il semble même qu’elle soit prédestinée à le sauver et à l’affermir, en le tirant de l’état précaire où il vit par rapport aux bâtiments qui l’abritent. Car, théoriquement, rien ne s’oppose à ce qu’elle devienne propriétaire de ces bâtiments, pour les mettre ensuite à la disposition de l’Institut ; et pratiquement elle peut en trouver facilement les moyens. G’est l’espoir qu’a toujours nourri le recteur qui l’a fondée.

L’orage qui s’amoncelait depuis longtemps sur la France catholique avait fini par éclater.

Déjà la question des inventaires des églises avait provoqué partout, en février et en mars 1906, des scènes tumultueuses et sanglantes ; l’échéance fatale du 11 décembre déchaîna la Révolution, et la France revécut les jours sombres d’une nouvelle Terreur.

L’Institut catholique avait échappé à l’opération de l’inventaire. L’agent des domaines s’étant rendu à l’archevêché pour y inventorier les biens de la mense archi-

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épiscopale, avait simplement constaté, parmi les dossiers renfermés dans le coffre-fort, que l’immeuble des Carmes, où est installé l’Institut, appartenait au Bureau des Séminaires, et que l’Institut en jouissait en vertu d’un bail régulier, dûment enregistré, et y était dans ses meubles. Heureux de cette constatation, qui le sauvait de la nécessité de se transporter sur les lieux et d’y instrumenter, il s’en était tenu là fort prudemment, et avait ainsi épargné à l’Institut des scènes AÛolentes.

Quand arriva l’époque de l’application de la loi, le conflit fut soudain porté à l’état aigu. En face de la prétention du gouvernement d’imposer aux réunions du culte l’obligation de la déclaration prévue par la loi de 1881 sur les réunions publiques, le Pape invita les évêques à faire continuer le culte purement et simplement ; de là une collision violente, qui fut le signal du déchaînement de toutes les rigueurs policières.

L’administration de l’Institut, soucieuse avant tout de sauvegarder les intérêts de renseignement, écarta toute cause de conflit sur ce point, en se plaçant sous le régime du Culte privé. A partir du 13 décembre, nul ne fut plus admis à assister aux offices de la chapelle, sans être muni d’une carte d’invitation personnelle.

Tandis que le recteur était tout entier à ce travail d’organisation, auquel il avait consacré sa vie sans retour, une décision du Souverain Pontife du 22 décembre 1906, vint le surprendre et l’appeler au gouvernement du diocèse de Soissons.

On était à l’anniversaire du vote de la loi de séparation de l’Église et de l’État, c’était partout la mainmise du pouvoir civil sur les biens ecclésiastiques, l’expulsion des évêques de leurs évêchés, des curés de leurs presbytères, des jeunes clercs de leurs séminaires; c’était la privation de tout traitement, la nécessité de tendre la main pour

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faire vivre le clergé, c’était l’incertitude la plus poignante sur la possibilité d’exercer le culte et de faire vivre les écoles et les œuvres chrétiennes. Dans cette lamentable situation, le Pape appelait, non à l’honneur, mais à la souffrance et au sacrifice ; le recteur ne pouvait hésiter un instant. Il obéit, les yeux fermés, et remit aux soins de la Providence l’avenir de l’œuvre qu’il avait aimée par-dessus tout. Il fut sacré dans l’église de l’Institut, le 31 janvier 1907 et se rendit aussitôt dans son diocèse.

Quelques semaines plus tard, le 18 janvier 1907, les évêques protecteurs de l’Institut réunis à Paris à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Episcopat français, lui donnèrent pour successeur M. l’abbé Alfred Baudrillart, depuis longtemps déjà professeur d’histoire dans cet Institut, docteur ès lettres et en théologie, agrégé de l’Université et plusieurs fois lauréat de l’Académie française. Sa nomination, soumise à la ratification du Souverain Pontife, conformément aux statuts, ne tarda pas à être revêtue de sa haute sanction. M. Baudrillart entra en fonctions quelques semaines après, et fut presque aussitôt nommé Prélat de la Maison du Pape.

Il est temps de conclure. Peut-être le lecteur, en parcourant ces pages parfois arides, s’est-il demandé si l’Institut, créé sur les instances des catholiques français, a vraiment répondu, durant ces trente-deux premières années de son existence, à la mission qui lui était confiée.

Maintenant qu’il a sous les yeux toutes les pièces du dossier, il nous semble que, pour lui, la question doit être résolue, et qu’il peut dire, s’il est un juge impartial : Oui, l’Institut a dignement répondu à sa mission.

Pour peu que l’on rapproche en effet les ressources dont il a disposé et les résultats auxquels il est parvenu,

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on conviendra sans peine que non seulement l’Institut catholique n’a point failli à sa tâche, mais qu’il a vaillamment conquis sa place devant le monde savant, qu’il s’est signalé sur plus d’un terrain, qu’il a même rendu d’importants services à la science, et qu’il a fait honneur à l’Église de France.

L’Institut catholique a tenu haut et ferme le drapeau de la liberté, ce qui n’est pas sans quelque mérite en un temps où le principe même de la liberté est l’objet de tant d’injustes attaques ; et, en usant fièrement de cette liberté, il a su donner, dans ses rapports avec la puissance publique, l’exemple du respect et de la modération.

Au moment où la théologie catholique cessait d’être officiellement enseignée dans les Facultés de l’État, l’Institut a relevé cet enseignement essentiel, arôme et couronnement nécessaire des connaissances humaines ; il a obtenu du Siège Apostolique en sa faveur les sanctions canoniques, et il a tracé pour le clergé français les cadres d’une culture intellectuelle supérieure, que Rome salue déjà avec les plus grandes espérances.

L’enseignement secondaire libre lui doit la formation dans l’ordre scientifique et dans l’ordre littéraire d’une légion de maîtres, qui ont imprimé aux études une puissante impulsion, qui sont en état de faire face désormais aux exigences, quelles qu’elles soient, de la législation, et sans lesquels il ne pourrait plus lui-même subsister aujourd’hui.

De ses amphithéâtres et de ses laboratoires sont sorties des initiatives et des découvertes sur la science géographique, sur la phonétique et sur l’électricité, qui suffiraient à elles seules à faire la gloire d’une Université.

Les sciences juridiques y ont trouvé non seulement de fidèles interprètes, mais de hardis initiateurs. Sous

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leur action persistante, un sens plus moral et plus chrétien a été infusé à l’économie politique, les droits publics du citoyen, les libertés d’association et d’enseignement ont été hautement revendiqués, les églises et les congrégations religieuses défendues, et, par l’enseignement de l’histoire du droit et du droit international, les professeurs ont contribué au maintien et à la propagation, en France et à l’étranger, des saines doctrines sociales.

La plume de ses maîtres a déjà produit toute une bibliothèque, où se donnent rendez-Amus, dans une parfaite harmonie avec la foi chrétienne, presque tous les genres des connaissances humaines. L’autorité de leur savoir a été consacrée par l’Église, qui est venue prendre dans leurs rangs un nonce apostolique et un évêque ; par le gouvernement de la République, qui y a fait choix d’un directeur pour son École française de Rome ; et par l’Institut de France, qui en a couronné beaucoup et en a appelé plusieurs à siéger dans son sein.

Enfin la jeunesse formée sous sa direction est, à l’heure présente, répandue dans toute la France; elle occupe grand nombre de positions honorables, elle s’impose à la considération générale par sa science et sa foi, elle forme le noyau et l’élite des associations de jeunes gens sur lesquelles repose l’espoir de l’avenir, elle soutient courageusement les principes sociaux qui sont la base nécessaire d’une société civilisée, et elle a fréquemment donné la mesure de ses principes religieux, de sa A^aleur morale et de son patriotisme dans les luttes amères suscitées au sein de la patrie par les ennemis de l’idée religieuse.

Et pourtant ce que l’Institut catholique a fait jusqu’ici n’est qu’un essai et un début. Nul doute qu’il n’eût fait beaucoup mieux encore s’il eût été mieux armé.

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Il est prêt à continuer courageusement sou œuvre de régénération sociale. Les maîtres qui le composent no reculeront devant aucun labeur pour donner à la France des générations de savants, de chrétiens et de patriotes qui puissent faire revivre son antique prestige. Son sort est aux mains des catholiques français : à eux de décider s’ils veulent l’abandonner ou le faire fleurir.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

SEGRETARIA

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