Singulorum autem hominum multismodisresfiunt
quarumdam enim rerum dominium nanciscimur jure naturali quod, sicut diximus , appeilatur jus gentium; quarumdam, jure civili. Commodius est itaque a vetustiore jure incipere : palam est autem vetustius esse jus naturale, quod cum ipso génère humano rerum natura pi'odidii ; civilia enim jura tune esse cœperunt, cum et civitates condi et magistratus creari et leges scribi cœperunt.
12. Ferae igitur bestiee et volucres et pisces, id est, omnia animalia (piae mari, cœlo et terra nascuntur, simul atque ab aliquo capta fuerint, jure gentium staiim illius esse incipiunt : quod enim ante nuUiusest, id naturali ratione -occupanii conceditur ; nec interest,feiasbestias et volucres uiium in suo fundo quisque ( apiat, an in alieno. Plane qui in alienum fundum ingreditur venandi autauciq)an(ii gratia, potest a domino, si is providerit, prohiberi ne ingrediatiu", Quidquid autem eoruni
UVRR ÎI, TrTRK î.
cepens , eousque iiuim esse iijtelli^jitur, donec tua custodia coercetur ; eu m veio evaserit custodiaiu tuauic^ et in naturalem libertateiii se receperit, tuum esse desinit, et rursus occupantis fat. Naluraleuî autem libertatem recipere intelligitur, cum vel oeulos luos effugerit, vel ita sit in conspectU'tuo, ut difHcilis sit ejus persecuiio.
13. lliud quaesitum est an, si fera bestia ita valnerata sit ut capi possit, statim tua esse intelligatur. Quibnsdani placuit statim esse tuam, et eousque tuani videri donec eam persequaris; qnod si desieris persequi, desinere tuam esse, et rursus lieri occupantis. Alii non aliter pu lave ru ut tuam esse, quam si eam ceperis.
Sed posteriorem sententiam nos confirmanius , quia mulla accidere possant ut eam non capias.
14. Apium quotjue natura fera est. Itaque qute in arbore tua consederint, autecjuam a te alveo includantur, non niafjis tuœ ii!teiH(juntur esse, quam volucres quae in arbore tua nidum fecerint : ideoque si alius eas incluserit, is earumdominuserit Favos quoque si quos eflecerint, quilibet eximere potest. Plane intégra re, si provideris ingre
dire l'entrée. Tout animal pris par vous continue de vous appartenir tant que vous le tenez en voire pouvoir; mais, s'il vous écbappe et rentre dans sa liberté naturelle, il cesse de vous appartenir, pour être de nouveau acquis au pre* mier occupant. Il est censé recouvrer sa liberté naturelle lorsque vous cessez de l'apercevoir, ou lorsque vous l'apercevez encore, mais placé de manière à-étre difficilement poursuivi.
13. Ou a mis en question si la béte sauvage, blessée de manière à pouvoir être prise, sera dès lors à vous. Plusieurs ont adopté l'affirmative, et ont pensé que la bêle continue de vous appartenir tant que vous la poursuivez; que si vous cessez de la poursuivre, elle cesse de vous appartenir, pour être de nouveau acquise au premier occupant. D'autres, au contraire, ont pensé que, pour l'acquérir, il faut 1 avoir prise.
C'est ce dernier avis que nous confirmons, parce que mille circonstances peu yent empêcher de prendre l'animal.
14. Les abeilles sont naturellement sauvages. Ainsi, tant que vous n'aurez pas recueilli dans une ruche l'essaim qui s'abat sur votre arbre, il ne vous ;ippariiendra pas i)lus que les oiseaux qui feraient leur nid sur ce même arbre. Si donc un autre recueille l'essaim, il en sera propriétaire.
Chacun peut aussi enlever les rayons que les abeil'es auraient fabriqués: toutefois, et tant que
mSTITUTES DE JUSTINIEN.
rien ne sera dérangé, si vous voyez quelqu'un entrer sur votre fonds, vous avez droit de Fen empêcher. L'essaim qui s'envole de votre ruche est aussi considéré comme vôtre, tant que vous l'apercevez et que la poursuite n'en est pas difficile ; dans le cas contraire, il devient la propriété du premier occupant.
15. Les paons et les pigeons sont naturellement sauvages, et peu importe l'hahitude qu'ils ont de s'envoler et de revenir; car il en est de même des abeilles dont la nature est incontestablement sauvage. Quelques personnes ont aussi des cerfs apprivoisés qui ont l'habitude d'aller dans la forêt, pour revenir ensuite, et personne ne niera qu ils ne soient naturellement sauvages. Relativement à ces animaux qui ont l'habitude d'aller et venir, hi règle adoptée est qu'ils sont considérés comme vôtres, tant qu'ils ont l'esprit de retour, mais lorsqu'ils l'ont perdu, ils cessent de vous appartenir, et deviennent la propriété du premier occupant. [Is sont présumés perdre l'esprit de retour, lorsqu'ils en ont quitté Thabitude.
16. Les poules et les oies ne sont pas naturellement sauvages ; ce qui le prouve, c'est qu'il y a d'autres poules et d'autres oies qu'on appelle sauvages. Si donc vos poules ou vos oies s'effarouchent et s'envolent même hors de votre vue , elles sont toujours
dienlem fundum tuum, poteris eu m jure prohibere ne ingrediatur. Examen quoque quod ex alveo tuo evolavérit, eousque intelligitur esse tuum, donecin conspectu tuo est, nec difficilis ejus est persecutio : alioquin occupantis fit.
15. Pavonum et columbarum fera natura est : nec ad rem pertinet, quod ex consuetudine avolare et revolare soient; nam et apes idem faciunt, quarum constat feram essenaturam. Cervos quoque i ta quidam mansuetos habent, ut in silvas ire et redire soleant, quorum et ipsorum feram esse naturam nemo negat. in iis autem animalibus quœ ex consuetudine abire et redire soient , talis régula comprobata est, ut eousque tua esse intelligantur, donec aniraum rcverteudi habeant; nam si revertendi animum habere desierint , etiam tua esse desinunt, et fiunt occupantium. Revertendi autem animum videntur desinere habere, eu m revertendi consuetudinem deseruerint.