LIVRE
aujourd'hui dans le Codex repetitœ 'prœlectionis, le seul qui nous soit parvenu.
54. En promulguant ce dernier Code, Justinien avait promis de réunir, dans une autre collection, les constitutions, qu'il aurait encore occasion de rendre. Il en publia effectivement un certain nombre, mais sans les mettre en ordre. Ces dernières constitutions portent le nom de Novelles. On en trouve cent soixante-huit dans les éditions; mais cette collection , qui ne contient pas toutes les Novelles de Justinien, renferme plusieurs édits de Justin II et de Tibère H, ses successeurs.
Les Novelles sont pour la plupart écrites en grec. La langue latine n'était rien moins que populaire en Orient : aussi les textes latins des ïnstitutes, du Digeste et du Code ne tardèrentils pas à être traduits ou paraphrasés en grec, et ces différentes versions firent négliger les originaux. Justinien lui-même , cédant à l'influence qu'exercent toujours la langue et les usages du pays, fit rédiger en grec les constitutions qu'il voulait mettre à la portée de tous ses sujets (*) , et le petit nombre des Novelles qu'il a publiées en latin prouve assez que cette langue n'était pour le législateur même qu'une langue d'exception.
55. Cependant, malgré le peu de faveur dont jouissaient le Digeste, le Code et les ïnstitutes, malgré les modifications successives que leur avaient fait subir Justinien et ses successeurs, ces compilations ont eu force de loi générale jusqu'à la fin du neuvième siècle, époque où la législation a été complètement refondue dans un corps de lois grecques (A'vaxaOacci; tôv t.ol- >.aicov vofxcov) connu sous le nom de Basiliques, sans doute à cause de Basile le Macédonien , premier auteur de cette révision. Les Basiliques, publiées d'abord en quarante livres par l'empereur Basile, et ensuite en soixante livres par son fils et son successeur Léon, sont restées en vigueur dans l'empire grec, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II, en l/i53.
En Occident, le droit de Justinien put à peine s'établir dans quelquels provinces qui n'étaient point ou qui n'étaient plus occupées parles Barbares; bientôt il ne fut plus observé que dans les territoires de Rome et de Ravenne. Enfin il était tombé dans un oubli total ou presque total , lorsque , au douzième siècle ,
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l'enseignement des glossateiirs, dans l'école de Bologne fondée par Imerius (Garnier ou Warnier), lui donna tout à coup une faveur et un éclat inattendus. Adoptée par un grand nombre de tribunaux , la législation justinienne obtint force de loi dans toute l'Italie et dans plusieurs pays qui n'ont jamais appartenu à l'empire de Justinien;elle devint en quelque sorte le droit commun de l'Europe.
56. Les glossateurs (on appelle ainsi les jurisconsultes italiens des douzième et treizième siècles) ne se sont occupés ni de toutes les Novelles trouvées dans les manuscrits, ni du texte grec d'aucune d'elles. Leurs notes ou gloses mirent en crédit 97 Novelles, d'après une ancienne traduction latine qu'on appelle authentique parce qu'elle a été , dit-on , approuvée par Justinien ou par son successeur. Quoi qu il en soit, l'usage en avait si bien établi l'autorité, qu'au seizième siècle elle était encore exclusive. En 1531, on commença à publier d'autres Novelles récemment découvertes. On s'occupa du texte grec, dont la plus grande partie fut retrouvée et mise au jour ; on fit de nouvelles traductions ; mais ces travaux, malgré leur utilité, ne furent pas adoptés dans la pratique (a). Les tribunaux n'ont jamais admis d'autres Novelles que celles du douzième siècle , ni d'autre traduction de leur texte que la version dite authentique, et appelée depuis Ancienne ou Vulgate , par opposition aux traductions plus récentes.
Les 168 Novelles, réunies dans le Corpus juris (6), ont été divisées en neuf collations, dont chacune contient autant de titres que de Novelles. Cette distribution, conservée par tous les éditeurs, est abandonnée dans l'usage. On distingue et l'on cite les Novelles par le rang qu'elles occupent dans le Corpus juris, quoiqu'il n'y ait entre elles aucun ordre ni méthodique ni chronologique. Ainsi la Novelle 115, par exemple, est postérieure à la Novelle 118.
57. Le style des Novelles est trop diffus pour qu'on n'ait pas de tout temps cherché à en faire disparaître les longueurs.
(a) Voyez la préface de Leconte {Conlius) , imprimée en tête 'des Novelles par plusieurs éditeurs. »< >
(6) C'est le nom que porte, depuis la fin du xvi" Siècle, ci notamment depuis Pédition publiée en 1583 par Denis Godofroy, la législation de Justinien divisée en quatre parties, savoir : 1rs Instilutes, le Digeste ou les Pandectes , le (iode et les Novelles.