S£LON PLATON
» bonnes on belles choses que nous avons dans ce monde » a été d'abord conçue par la solitude et la réflexion d^un
• seal homme ; elles se sont ensuite perfectionnées par » l'expérience d'un nombrechoisi et borné d'autres hommes. » Il y aurait moins d'erreurs commises sur la chose » publique si les hommes voulaient y apporter le môme > ju^ment, y appliquer le même principe qu'ils font dans <» lenrs affaires particulières. 8i tout homme qui a fait une » acquisition» ou obtenuune jouissance mentale, cherchait » à découvrir à qui il la doit, il trouverait que c'est À ses » réflexions dans la solitude ou à la conversation d'une so- » ciété bornée à 8 ou 10 personnes. Lord Ghesterfield^qui » dit qu'une bonne société est au moins du nombre des » grâces et au plus de celui des Muses, n'a raison que dans » ce dernier cas. Mais augmentez le nombre de iO, vous » détruisez la proportion nécessaire des écouteurs ; il se » troQve plusieurs parleurs, la conversation, perdant son » unité, perd son intérêt. Plus de cérémonie ou plus de >• licence s'introduisent ; la liberté et la raison s'éloignent^ » et cela dans la proportion que vous ajugmentez ce » nombre. Faites-le arriver à 20 personnes, votre so-
* ciété sera plus froide qu'un congrès d'Allemagne, ou » bien elle dégénérera en orgie; mais qu'on ne parle ja- » mais de plusieurs centaines de personnes s'assemblaut » pour donner à leur raison un exercice plus vigoureux. » Que les Princes de l'Europe s'assemblent : ou bien ils
• auront choisi d'avance un chef aux opinions duquel ils a entendent se soumettre, ou bien, par la discussion » comme par la décision, on verra qu'Us n'ont formé » entre eux, moralement parlant, qu'une aggrégation de
* populace. Dans une assemblée de 8 à 10 personnes, » celui qui mènei:a la bande sera celui que chacun préfé« » rerait comme parent^ voisin ou supérieur, ce sera au