‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 121 sur 129 · SUR LA DIVISION DES TERRES ET LE COMMERCE · texte numérisé non relu

SUR LA DIVISION DES TERRES ET LE COMMERCE

a II est nombre d'Etats en Europe où le gouvernement se flatte de pouvoir allier et conserver à la fois de grands et de petits propriétaires. L'expérience doit leur démontrer rimpossibilité d'un pareil système. On a vu qu'en France les petits propriétaires devenus puissants par leur nombre ont englouti les grandes propriétés, et qu'en Angleterre les grands propriétaires puissants parleur fortune ont englouti les petites. C'est pour développer les effets de ces deux systèmes que l'extrait de ces enquêtes a été fait; car la vie ou la mort d'un Etat dépendent de la tenure des terres.

» En disant que les grandes propriétés ont été englouties, nous n'avons pas entendu appliquer oela aux grands propriétaires. U en reste encore en France à peu près 20,000 qui possèdent au moins la superficie nécessaire pour constituer une ferme de 200 jochs (100 hectares), et ceux-là pourraient former le noyau d'un nouveau système; mais, d'après les causes d^àdéduites, leurs propriétés se trou vent divisées en une si grande multitude de parcelles, éloignées les unes des autres , qu'elles n'offrent guère plus de ressources au pays que celles des familles de paysans qui ne possèdent pas même un joch.

» On peut parler sciemment de cette destruction. Le cadastre qui se continue depuis quarante ans, et qui coûte cinquante millions de francs, ne laisse rien à désirer sur les détails. La France, sur quatre-vingt-quinze millions de jocbs, en a vingt-cinq en forêts, routes, rivières, bâtiments, etc., etc. Les soixante-dix millions restants sont dévolus à l'agriculture, et le cadastre nous les représente comme divisés en 120 millions de parcelles, avec cette

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