AGRICULTURE ET GOMMERCE
observation juste, qae les parceUes cadastrées il y a 10, 20 ou 30 ans, ont probablement doublé de nombre. La population qui, en 1790, était de 28 millions, s*est élevée, en 1840, à 35 millions, faisant à peu près 7 millions de familles; mais, en 1790, sar 100 fiimiiles, il y en avait 60 de paysans, et en 1810, il y en avait 75, c'est-à-dire que, sur 7 millions de familles, il y en a 5,500,000 de paysans, dont la moitié possède, Tun dans Fantre, moins de deux jochs. Voyons le résultat : en 50 ans, la populalioa s'élève de 5,500,000 famiUes à 7,000,000; c'est dooc 1,500,000 familles de plus, et cependant il y a 2,000,000 de familles de paysans de pins, ce qui vent dire qne non seulement tout raccroissement de la population a été en famiUes de paysans, mais que 500,000 famiUes de petits bourgeois qui possédaient de 30 à 70 jochs de t^res sont tombées à l'état de paysans par suite des partages ; et en* oore, élevés dans cette idée moderne que la terre doit appartenir à celui qui la travaille, ils regardent les riches propriétaires comme des usurpateurs, et croient que tout agriculteur doit être un paysan. En effet, tout le continent de l'Europe marche plus ou moins vers oe système ; c'est là du moins la tendance la plus prononcée.
» Il a paru nécessaire de faire précéder nos remarques sar les fabriques de laine par ce rapport sur l'état actuel des propriétés. Aujourd'hui les bons esprits reconnaissent que le mouton est un des dons les plus précieux que la Providence ait faits à l'homme, mais en même temps ils prétendent que les plus petits propriétaires peuvent l'élever. En effet, cet animal se nourrit sur les bords des routes» des fossés, des bois, des buissons, des marais, et même sur les rochers qui paraissent les plus arides. Mais malheureusement l'expérience ne confirme pas cet espoir. Cet animal est sujet à tant de maladies et d'épidémies, il exige tant de