SOCIÉTÉ DE SERVICE
haute anUquiié composée non seulement de personnes unies par le sang; mais encore de plusieurs autres soumises au chef de différentes manières, pour l'aider dans ses entreprises et ses travaux domestiques. Ces personnes, que l'on appelait autrefois esclaves, portent, dépuis les changements introduits dans leur .condition, le nom de serviteurs. Cette sorte de sujétion se partage donc eaa. deux classes principales : la servitude et la domeeiicité. Prise dans sa généralité, elle appartient certainement à l'état naturel de l'humanité déchue, comme une conséquence nécessaire de Tinégalilé des fortunes et des autres qualités qui obligent un grand nombre d'hommes à louer leurs travaux à de plus riches qu'eux, afin de pourvw à leur subsistance. Mais quand on vient à considérer les choses dans le détail, c'est une question fort controversée de savoir si le degré de cette sujétion, qui constitue proprement la servitude, est contraire au droit de la nature. Tous les anciens philosophes soutenaient la négative, et plusieurs, avec Aristote, regardaient cet état comme naturel à certains hommes. Les écrivains modernes, que la faveur de la liberté emporte souvent au-delà des bornes, l'affirment communément. Dans la réalité, la question ne peut se résoudre que par une distinction fondée sur l'analyse exacte des différents degrés de l'assujettissement des serviteurs.
La servitude proprement dite ou parfaite, constituant l'homme esclave (mancipium), est cet état qui le rend la chose de son maître, non seulement quant aux tra-* vaux, mais quant à la personne même au point de vue