NATURE
selon cette parole de Platon : Expcttribuêfamilicupat^ latim factos reges. Car la multiplication des enfants et petits-enfants qu'une seule maison ne peut plus contenir, la difficulté d'y nourrir tant de personnes, les mariages contractés dans d'autres familles, souvent même des dissensions domestiques, sont autant de causes qui obligent lés enfants adultes de quitter la maison paternelle et d'en fonder d'autres auprès d'elle. Ainsi se forme le viUage, réunion d'hommes plus nombreuse que la famille restreinte à une ou deux générations, telle que peut la contenir une seule maisàn. Mais chacun des pères dé fomille^ maîtres de ces niaisons nouvelles, ne peut ni cultiver tous les arts, ni produire toutes les choses nécessaires à la vie, ni se défendre contre les violences et les rapines qui se multiplient avec les hommes. Il faut donc qu'il recoure à l'asâstance des autres et qu'il leur prête la sienne à son tour ; ce qui ne peut se £aire avec ordre et constance, sans un prindpe dirigeant les efforts de chacun vers le but coBomun ; c'est-à-dire sans une autorité. De là naît une nouvelle association, la cité ou Y État (respublica) (1), qui tient le milieu entre la société universelle du genre humain et la société domestique.
Malgré la distinction qui existe entre cette société et la famille, le passage de l'une à l'autre s'opère d'une
(1) CUé^ État^ HépuhUque, sont trois mots qui désignent également une réunion d'hommes soumis à une autorité politique indépendante, quelle que soit la forme de celle-ci. Le mot république est cependant plus spécialement affecté aujonr* d'hoi à la forme pol jaichique.
manlëreiiiséiiBÎlile,. oonmie Tindiquô très-bien. Platon, de sorte qu'il est difficile d'assigpaer le < moment où- la âté naissante cesse d'être mêlée au Fégime patriarcfaai. Les politiques û&ôdernes se sotàt àÉic bien trompés en présentant la fondation de. la' cité; oomnie une œuTiro conçue àpri(»*i'et.oréée. dans .mii' moment indivisible. Antres sont les œuvres de la nature, autres les conceptions des faiseurs de théories* L'une des sources les plus fécondes de pernicieuses erreurs^ c'est la manie de vouloir ramener toutes les ckoses mcnralès et sociales à ces formes symétriques, dont les hommes spéculatifs e1 oublieux des conditions pratiques sont si fort épris (1).
374. — La cité est donc une réunion . d'hommes BuUzesd'eoxHnémes {suijuriè), sous uùe autorité commune^ pour la sécurité et ht commodité de la vie temporelle. Les pères de famille sui juri$ en sont la matière ou les éléments directs ; car ceux qui sont soumis à leurs parents ou à des maîtres ne sont pas membres im. médiats de la dté, qui est proprement une assodation de familles; ils ne lui appartiennent que par l'intermédiaire des chefs de ces familles, auxquels seuls convient, à la rigueur, le titre de citoyen. Aussi les femmes ^ les mineurs et les esclaves n'ont-ils jamais été admis i exercer les droits politiques qui, dans certains États, sont accordés à tous les citoyens, quoique ces personnes aient part cependant à la vie civile sôus un autre rapport, celui des droits et des devoirs privés. Quant
(1> Voyes gar oe point TapsreUi, JhçU Oriit^i rappreientatiti^ tome I, p. 169À 166.
!02 NASDa£
mx simides sertitei^rs, l'usage avarié- selon les tanps
. et les lieux (1):
.' Ceux qm poesèdent l'autorité souveraine fidsaiit partie de laioitë, de même que la tète est la partie prindpale du oorpà^ on doit diviser les dtoyeos en skipérieuTs et^ .«u}6ls; et, oomme les membres du
(1) Le sens dn mol citoyen n*est pas le même chez tons les
sntetiw. Selon iiristdte' 'fJRotttt^/^, L'. ni, 0. I), on ne doit
lïoinEier ce titre qa^à ééini qtd pëat être sppelé «me foaeliaiiB
paisliqaes. -^ Voûn çpuaaemb le carfliaal (a«rdil evpUqoe latttoie :
« Entre 1m sajets de viiBX lâlt-il, on dûtingoe les dtQ7«):iB ^t
,les simples habitants. X^es premiers sont ceux qui jouissent des
privilèges de rassociation ; je dirais ceux qui participent aux
droits que la constitution accorde à ceux qui sont proprement
tûgeadéi eonâne mèiâbres de TÉtat. La qualité de citoyen • a plus
.^M^.m^i^ û'é^nàne, ralTant.les difféteiitea lonaw de gooiror-
.^e^ienjU Dans k d^ipocratie,«uiTaiit la.4é$uit)on d.*AnBtote, ]ie
citoyen est (^elui qui a droit de suffrage. Le commentateur Burla-
maqui dit qu'une société bien réglée ne doit pas admettre &
ce rang une Tilè pôpulaCô, c'est-à-dire que dans un gouveme- . io eut niétoe démdcraieîque bien constitué, il y a tm peuple qui ètimaaatfàe et na peu^ .c|ai est- asbojetti à raatqritè'de' TMotare puçti^i mn^ y avMr aucune pfort Cela psonye bien qu'il &> a ^ucun gouyernement où l'autorité, souveraine soit le. résultat
d'un pacte aptuel de tous ceux qui composent la société ; sans quoi la vile populace devrait aussi entrer dans <Se pacte, d'où les lois et le gouvertiemént së^ent céntés tirer tobte Dsur autorité. Pans raiistôcnatie, la qualité âe^ simple' ciilk>y«& Q*a d'antre éteigne que. 46 iaxhi^ des dxQita que la coiisti^tliDn accorde ^ux membres dc}. l'état, DansMiaonarchie, toijs les sujets peuvent parvenir par leur mérite et leurs services à toi^s les emplois de l'Etat, ce qui tait que la qualité de citoyen y e^ accompagnée de pi^érogfttf^B plàd'éaUiiè&téd qoo. danà ^aiistocratie* a Bu Souverain, p. 90.
DE LA. SOdtrÉ CIVILE. 69
corps humain^ Os se subdmsent encore- en diveirses classes, lorsque la société est bien ordonnée^ c'esi^à^' dire organisée hiérarchiquement.
375. -^ La forme su&stan^teUe'db^ toute cité esLis-* tante consiste dans la «OMvetnaJntfté' considérée d'une, masièfre concrète en U personne qui la possède, que celle^ soit une ou multiple. ^^ Lsif^ïÈiedceideiiieUe de chaque cité, qui détermine so» tticide d'existence propre, consiste dans des > conphinaisons diverses - des droits et des obligations naissant de Fassoôiation civile. - — La souveraineté, lien de la république, iselon Sénèque, est donc ce que plusieurs appellent la cemBê formelle de la cité. Le possesseur de la souveraineté est ou une personne physique, comme dans la Inonarchieyou une personne morale ; et cdle^ci se composé ou de quelques grands, comme dans Taristoci^tie; ou du plius grand nombre, et même de l'universalité dés citoyens (autant que cela est possible), commié dans k démocratie. Dans ce dernier cas, la multitude, prise collectivement, est considérée .comme une personne disâncte des dtoyens pris à part, et ayant à Fé^rd de chacun d*enx des devoirs propres, comme ils en ont de corré-' latifs envers elle. L'être qui possède Tautorité souve-' raine est appelé prince bu èouvéraiHy > qù^l soit une personne physique ou morale*
976. — Puffendorf, suivi en cela par beaucoup d*autres, assigne pour origine ou cause efficiente k\B. cité un pacte exprès ou tacite qu'il décompose en trois autres pactes. Ce sont : 1^ le pcxte «l'union^ par lequel lea hommes, jouissant de la liberté naturelle et maîtres