‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 29 sur 129 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

et un bonheui* temporel plus grands cfue ne peut les donner la société domestiqué toute seule.' Elfe atteint ce but en multi'pHant lés commodités de la vie, et ea fai^t respecter rhonhêteté des mœurs, extérieurement- du moins;* car elle n'atteint qu'indirectement là pratique intérieure ae la vertu, en tarit que l*brdre public serait' impossible / si celle-ci feisaît entièrement défaut; mais enfin celte vertu ne tûi/éèt pas étrangère. Telle est la fin prochaine et spéciale dans le sens le plus strict de là société civile. — Vais si Ton coiîsidèrë cette fin d'une manière adéquate, Yhèihe dans l*ordre pureitient naturel, eïlè est pour la cité, ainsi que* pour la société domestique, le bppb<çur de rhoœme Dommâ être raisonBable, Qr oe bonheur est snrtouï intérieur, et consiste principalement dans la conformité des aifitions de Vhomme aux lôiis de la religion et de la justice. Le bien-être matériel et la tranquillité de la vie ne viennent qu'au second . rang , comme tm moyen \d'atteindre la félieité intérieui^e qui natt de la vertu. Voilà ce que les politiques oublient trop souvent de nos jours, en sacrifiant tout aux jouissances matérielles, comme si elles étaient le but unique d^ la société .(l)v Dans l'hypothèse de l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel, la société civile (comme la société domestique et tout le reste) tend en dernier

(1) Aristote était mieux inspiré lorsqu'il disait : « Comme » c'est surtout à la vertu et à la corruption politiques que 8*ati> tachent ceux qui regardent à de bonnes loix, il est clair que 9 la vertu doit être le premier soin d'un État qui mérite vrai- » ment ce titre et^i;! n'est pas un ^tat seulement é^ npm. » J'çHti^,, L. m, ch! V.

DE LA SOdlSTé CIVILE. 601

lieu par une relation eKtiinsèquë à la béatitude' sur r naturelle, comme un moyen d'y painrenir ^ et ellâ est subordonnée à la religion révélée*

Ce point de vue, le'&eul complètement vrai, et qui était le principe fondanâental des Étais chrétiens, est méconnu aujourd'hui par la politique qiii caractérise ce 'que l'on: appelle la s&méié moderne* Gelle^^ci tend à organiaeiD kf cité sans aucun égard à la religion; je diriiis prës^tie, à Tordre moral : tendance aussi fUneste que Jausse^^tl qui constitue l'essence: intime delà iS^tWMft^b I

La société civile favotisév l'aiM]uisUion de la félicité, en développant les moyens qui y conduisent et:ed prdr. tégv^ant les droits de chacun. Cdr^ comme on ite {)enli attendre des hommes livrés entièrement k leur liberté . qu'ilsrèglent toujours l'usage. de. leur fbrc0 sur leurs* devoirs, il a fallu les soumettre à une autorité com*mune qui remédiât à la diN^ergence. de leurs opîniot:is et de leurs désirs, et les forçât de respecter ledrcfit' d'auU*ui» Ainsi tout ce qui appartient aux. devoirs, s<Ht' parfaits,' soit imparf^ts; «de l'homme envers les autres^ rentre en quelque manière d^s l'c^jet de |)a: société, civile ; et Réciproquement, ce que chaque citoyen ne peut se proposer. pour fin^ no saurait ètre.ee]le:de eett^,8ociébé.: C'est pourquoi ceux qui s'unissent pour se livrer & des; violeiices et à de^ rapines i^et forment pc^ntiune citè^: mais une cpnspir^qn ; et quoiqu'ils soient organisés en, corps et soumis à une sorte de gouvernement,, on ne peut les regarder çomm^ un peuple : ril^m'en ont p^s les droits;. mais ilsiïe sont qu'une jtroupe de brigaads.

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