Si l'on considère la fin de la société civile
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et le développement qui conduit les sociétés moindres jusqu'à cette institution, on reconnaîtra que le bien publie ne peut être séparé du bien-^re et de la sécurité des cKoyéns^ofo du moins de là plus grande partie d^entre eu x . Lee théories qui détruisent cette técurité ne sauraient donc étrilles principes légitîmesdu droit public. Ici, pour parvenir à des détérinmnntîdns plus exactes, certains piA|)icistesâistlngue)it dans ladite trois sortes de biens : leèien coinmtin, le bien public et le bien privé.
Le bien commun^ qu'ils appellent cttnt, parce qu'il répond suirlout à la liberté! cii^le- dont il dépend, est celui de tous les individus résultant pour chacun de l^isage libre et sûr qu'il peut Mve de ses droits. Ce bien regarde les particuliers^ mais il les regarde tous; tandis que le biefn qu*on appelle privé ne iooncerne qu*un" petit nombre de personnes.
•Le bien public ou politique est celui du corps social ]fii*méme, pris comme une personne morale qui se perpétue par l'accession dé nouveaux membres à mesure qu'elle perd les anciens. Gè bien concerné plus ou moins ide personnes dans les difiTérentes formes de gbuviememënt, sel<>n le nombre de ceux qui participent à là souveraineté, dont le bieri importe :si fort au bonheût* dé tous. Dans la idémoei*àtîe, il coiicërtie la plus grandepartie des citoyens ; dans raristocratie, le^ familles nobles, dont les chefs gouvernent FEtat ; .dans là' monarchie, il regarde surtout la famille régnante et Celles qui ont aVéc 'elle des rapports plus étroits (i), ^ ' «
On voit par là coinment se justifie cette parole at-
' (1)' VoyeSB Bolimariî, MMc., t II, p. 86. ' '
BE Là. SOGIÊrÉ CIVILE. 73
tribuéeàungtand prinoe : UÉiaic^esÉ linôi^ çpieil'o|i a voulu rendre odiéijuie en la détouniaiB& dans un sens égoïste qui n'était paâ le sien. la sociélé tout entière, en efièl} se saurait être, {trospèire lorsque k-souve^ rainelé eft edui qsi Tex^ce paie:dont {Htsieùx-inèmeis dand des coiiditions favoiiables, :puiscpfilS'i;ésaqient en eux tous Im intérêts d&lai47àd|été qu^s riepiiésôntent et qu'ils dirigent.' C'est pour: cela que rtaioonfbnd «rdi* nairement le hien.qommv^n^}^ ^ii^n puhliCj à cause du rapport étroit qui les rend inséparables.
Le bien èommun est Ja ûà propre eti^6cliaiiie de la société eivile^\9$ihii{{i'ell«>a pour b<jit(^de..i)rotég^;les droits des associés de manière à eQ:iisi$iirei; içtociyua rexioreice le plu? lilm et le plus GQOip)et>possible. .Gela ne veut /pas dire t9utefipfî$ qpte çbacufr doixe en. retii'ér un fruit égal, a^ les d^oit^ queiès homines' apportent en enifapi; dws Ui société civile étant inégaux, lesfrMits qu'ils iproduisent doivent rétoe^auSsirOticeiprincipe suffit pour réfuter l'ulopie 4es <^mtn$xi|i^tea qui veutentsub^t) r tuer uae églJitè absolue- à c^tte^égialiJié proportionnée.
ûn.doita«i^fiii visteriaiu jbien politique, en le. t^inmi serrir auibi^n.odwuiln'Ou ôvil 4mt .^ est le xnoyeàaJfs (dus eSÙwae* Il nlest.dwe pastpeipoiisv.isouif'pjrét^xie du lûenfpàblio^ d'U^uirper le droit des partieuliecs, Bans une' juste eotnp^n^tioii) .aitit»iilqn'eUe> est t»08*sible : J ce qui indntjse i'iniquité decett^ ]m de Lf curgue qui, pour pxHiburarile Men de.la répviblique eti la isemrposant de citoymAs.i^ustes^ i^rdotinait le meurtre dieb en£ants d'une faible constitution. •
Eo&n on doit avoir égard aussi au bien privée en
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permettant à chacun des citoyens qui sMt dans des conditions semblables de parvenir aux mêmes avan* tages, et exduànt ainsi l'injuste acception ^des personnes ou rinégalité condamnable. Par ce moyen le bieo privé retombe en quelcpie sorte dans le bien commun, puisque chacun peut à Foccasion en profiter à son tour. Du reste lé bien privé dmt être subordonné au bieft commun et au bien publie* ■
CH4PITRE n.
î . D89 PBOPBlÉris DE LA SOOIBTi CIV2LB.
379.-^ Les propriétés de la«ôcâétédlvile se déduisent aisément de sa fin.
L — La dté est une personne' morale/ capable d'imputation et de responsabilité ; parce que Tautorité commune qui y préside réunit les opinions, tes volontés et les forces des citoyens en une seule volonté, fomiant .un être mcoral auquel on peut attribuer des droits, des devoirs et des "actes. De là plusieurs cités sont entre elles comme autant de personnes morales dans un état d'égalité, de liberté et d'indépendance, et elles jouissent respedtivement des droits naturels de conservation, de défense, etc., comme des particuliers qui vivraient^ dans l'état dUsolement. Lés lois de; la société civije déduites.dé sa- fin sont natursltes et universelles, ou. cominuneS' à toutes les ciléSw Elles sont donc ^ussi nécessaires^ étemelles et immuables tant que la' société subsiste j Les unes sont intérieures et règlent les rapports mutuels des citoyens eibtre eux et avec la cité; les autres sont ^ctérieures et concernent
les relations de chaque cité avec les autres ou avec les personnes qui lui sont étrangères.
380. — n. — La société civile est stable et perpétuelle par succession de nouveaux citoyens qui remplacent les mourants ;' ce qui a fait dire que TÉtat ne meurt point. Ce n'est pas qu'une cité particulière ne puisse périr ; mais alors elle est remplacée par une autre, de sorte que le genre humain n'est jamais dépourvu de ce genre d'association.
381. — ni. — La société civile e^ inégale et essentiellement gouvernée ; car, même dans la démocratie complète, quoique la souveraineté soit supposée appartenir à tout le peuple, chaque citoyen est cependant soumis à la totalité considérée comme un seul corps.
382. — IV. — La société civile est complète en deux sens : !<> en tant qu'elle est indépendante, tandis que les autres sociétés de l'ordre naturel lui sont subordonnées et sont renfermées dans son sein ; 2o en tant qu'elle embrasse toute l'activité humaine et qu'elle a pour objet toute la félicité au moins extérieure de cette vie, et non pas seulement tel et tel bien particulier, comme les sociétés d'industrie et de commerce.
384. — V. — Elle est la plus parfaite des sociétés naturelles, qui se rapportent à elle comme des parties au tout ; tandis qu'elle n'a cette sorte de dépendance à regard d'aucune autre, et parce qu'elle se suffit à ellemême pour obtenir sa fin, le bien-être des hommes. Or c'est ce qui n'a pas lieu pour la société domestique, qui leur procure bien la vie, mais non avec cette commodité et cette sécurité qu'elle a été obligée de cher-