‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 31 sur 129 · PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS

cher danfi la cité, comme dans son complément (i).

384. — YI. — La cité domine toutes les autres sociétés naturelles, tant par la force des armes qui est entre ses mains, que par la puissance morale qu'elle exerce sur les sujets. L'État, toutefois, doit exercer son influence sur les sodèiés inférieures, et particulièrement sur la AuniUe, de telle aorte qu'il laisse intactes leurs fins par* ticulières et les moyens nécessaires pour y parvenir, selon les lois de Tassoeiation hypotattique (334). Il ne dmi donc pas attirer tout à lui, ni usurper, si Ton peut s'expuûner ainsi, jusqu'aux détails du ménage de chaque maison par une oentralisation excessive qui détruirait toute activité lé^tnne dans les sociétés subordonnées.

88B. -«• YII. — - La société civile est naturelle au genre humain multiplié, car l'homme est naturellement un animal pôHUque, dit Aristote, que S. Thomas suit en ce point. Nous avons expliqué plus haut le sens de cette assertion (!2).

886. — VIII. — La société civile est moralement nécessaire au genre humain, au moins dans sa condi-

(1) « Qvia haminis domus^ dit Saint AxigaaUn^inUiumHvôparn ticula débet esse civitatis; <ymne u^tem initium ad aliq%iem » suigeneris fifiem, et omnis pars ad universi, oujuspars esty » imtegritatem refertur ; satis apparet, esse consequens, ttt ad » paoem eivilem paa domettioa refera^tir ; id est^vt ordinata 9 impertmdi ^iedim^dique eoncordia eohaMtamtium r^eratur ]) ad ordinaéam impera»di, obediendiquê e^mcordiam cMwm, » Ita fit, ut ew lege civitaMs prœeepta svmerepatrem famUias » operteatf quibus domnm snam sic regat, nt sit paci aecom- » modata civitatis, » (Lib. XIX, C, 16, de oivitate Dei.)

(2) Voife» à Vappendioe la note Xm.

lion présente. Cette nécessité pourrait se prouver par ce seul fait que, partout où les hommes ont été nombreux, on trouve cette société établie à quelque degré, et qu'aussitôt que le lien de l'association civile vient à se relâcher, des calamités de tout genre fondent sur les peuples. De plus, elle peut se cUmonlrer directement par rinclinatîon puissante qui y porte les hommes et par le besoin qu'ils en ont pour mener une vie tranquille, pour développer leurs facultés et pour favoriser l'honnêteté des mœurs, qui tire de grands avantages d'une société bien organisée et de l'influence d'une sage autorité. Cest ce que montre l'état misérable des nations barbares, chez lesquelles l'organisation de la société civile est restée à l'état rudimentaire, quoiqu'elles n'en soient point entièrement dépourvues. Enfin cette nécessité résulte de ce que l'institution de la cité est naturelle, car ce qu'inspire la nature doit, ordinairement du moins, recevoir son accomplissement. D est donc faux que , dans l'origine , la crainte et la ^•îolence aient seules porté les hommes à s'associer amsi (1).

Page 1