‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 48 sur 129 · REMARQUES · texte numérisé non relu

REMARQUES

446, — I. — On a coutume d'objecter contre le droit

de succession héréditaire les accidents qui peuvent en

(1) Yojez de Maistre, Comidération» 9ur la Fra/nee^ oK Vni.

faire sortir ua prince faible ei médiocre ; mais Téleclion est loia de mettre à Tabri de ce datiger, ei souvent eJle impose au pays, ce qui est bien pire, un ms^re malveillant qui a un intérêt tout autre que celui de la société, dont il n'espère pas léguer le gouverneinent à ses enfants. Garun prince viager, comme Tusufruitier d'une terre, ne songe qu'à jouir, sans s'inquiéter de l'avenir de la société qui lui est confiée ; tandis qu'une telle indifférence dans une famille liée à l'État par les droits héréditaires répugne aux instincts de la nature. D*ailleurs, la médiocrité et même l'imbécillité d'un prince sont ordinairement réparées par ses lieutenants et ses ministres. Enfin il ne s'agit pas ici d'éviter tous les inconvénients, ce que ne comporte pas la condition présente de l'humanité ; mais de les diminuer autant que possible; et c'est en quoi excelle le régime héréditaire, dont la nature nous. ofSte Tapplication dans presque toutes ses œuvres; grande présomption certes en sa faveur (l)»

447. — II. — Le drcrit de transmission héréditaife de la souveraineté et ses conditions sont ordinairement réglés par ceux qui Tont possédée les premiers dans l'État, et il faut régulièrement s'en tenir à'ce qu'ils ont établi. Le temps peut aussi y amener certaines modifications qui ne doivent se faire que du consentement

(1) Maury, Opiniçn sur la souveraineté dv. peupU^ p. 219, montrait très-bien en 1790 ce que le régime électif avait amassé de malheurs sur la malheureuse Pologne. Il a depuis consommé sa ruine, et ô'est une dure leçon offerte aux réflexions des peuples et des philosophes. '

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