‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 61 sur 129 · CONCOURS · texte numérisé non relu

CONCOURS

Le fruit de ce système est de rendre tout le monde mécontent de son sort, de susciter une foule d'appétits qu'il est impossible de satisfaire, et qui conspirent per fas et nefas à bouleverser la société, pour se faire sur ses ruines une place qu'ils ne trouvent point dans l'édifice (1). Les mœurs de la société n'en souffrent pas moins que sa stabilité, car l'ambition étant ainsi surexcitée cbez tout le monde, tous les moyens deviennent bons à ceux qui sont dans une condition inférieure pour s'élever à une plus baute. Le désir de l'avancement devient la préoccupation constante et universelle : il remplace tous les sentiments d'bonneur, de désintéressement, de fidélité et de dévouement au bien public, qui font l'ornement, comme la force, d'une société bien réglée. La dernière conséquence de cet état de cboses est le déclassement universel, prélude d'une ruine inévitable pour la société ; car il n'attaque pas moins la famille que l'ordre politique, en ruinant l'esprit de tradition qui la conserve. L'amour du foyer disparaît , avec celui dé la profession paternelle, et l'on devient cosmopolite pour augmenter son salaire ou ses appointements de quelques écus. C'est ainsi que la société se trouve arrachée de ses bases, et semble seulement campée sur le sol dans lequel elle avait jadis poi|ssé des

(1) Ed. Barke a sur ce point des remarques très-sages. C'est un auteur que doivent lire tous ceux qui prennent intérêt anz questions socialeB. — Voyez aussi sur les vices nombreux dn régime des tfonoourê t InititvtUnu tTingtruetion publique en France, par M. Cournot, inspecteur-général de TUniversité, chapitre des eooamens.

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