ARBITRAGE
faeilement à Toppression des innocents ; mais si l'on considère la chose en général et historiquement, il n'en est pas ainsi ; et l'on trouve à proportion plus d'innocents condamnés sur une preuve légale que sur une preuve morale. Gela peut venir de la corruption fréquente des témoins dont la déposition, quoique feusse, enchaîne le juge malgré lui. Â tout prendre, dans une société corrompue, où les témoins doivent être fréquemment suspects, si l'on suppose le juge honnête et prudent, le système delà preuve morale semble préférable et plus philosophique.
521. — Disons quelque chose en terminant de la juridiction des arbitres en matière civile, qu'un gouvernement sage doit favoriser de tout son pouvoir. Elle oiSreles avantages du jury sans avoir ses inconvénients, substituant au hasard aveugle le choix,, éclairé par l'intérêt, que les parties font naturellement des hommes les plus probes et les plus capables pour remettre leur cause à leur décision. Ainsi se trouvent terminées une foule de contestations sans frais, et sajas ces procès qui sèment partout des haines éternelles, et qui causent la ruine de tant de familles. Au point de vue politique, la fréquence des arbitrages tend à diminuer le nombre et la puissance des hommes de loi, classe qui, lorsqu'elle est trop multipliée, devient extrêmeiyent dangereuse pour la société. La France en a fait Texpérience à ses dépens : l'influence des légistes y a peu à peu détruit la noblesse, ruiné la propriété foncière et livré les affaires publiques à Tinfluence de la parole, d'une pajt, et de l'autre, à celle des théories dangereuses du droit
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Césarien. Si la constitution anglaise a pu, malgré les vices nombreux qu'elle renferme, subsister si longtemps, elle le doit surtout à Tabsence presque totale de cette classe remuante et ambitieuse. Le jury en matière civile, si défectueux sous tant de rapports, l'a du moins préservée de ce péril (1) ; ce que les arbitrages auraient pu faire d'une manière bien plus avantageuse.