PROTECTION
529. — Ici revient le droit de censure prévenlive que le souverain peut et doit régulièrement exercer, pour empêcher que l'on n'attaque par des discours ou des écrits, les mœurs publiques, l'honnêteté, la reli-' gion et le respect dû à l'autorité. C'est un point que le bon sens antique n'aurait jamais mis en doute, mais sur lequel les impies, et même certains catholiques
chimigicales beaucoup plus périlleuses et plus meortrièies en France qu*en Angleterre. Cette condition, c'est le long régime de la conscription, qui sans relAche enlève depuis quatre-Tingts ans la partie vigoureuse de la population, pour la moissonner dans des guerres meurtrières ou la rendre affaiblie et cor^ rompue par les excès de la vie militaire. L'influence de la conscription sur la vigueur de notre race est un effrayant problème à étudier. Il commence à frapper bien des esprits, et il fout s^attendre à le voir s'imposer de plus en plus aux préoccupations sérieuses des économistes. H faudra décider si nous sommes en état de supporter indéfiniment des levéeç annuelles de 100,000 hommes, sans avoir à redouter TafEaiblissement progressif de la race. Les signes de dégénérescence de l'espèce se font jour partout dans nos conseils de révision, et cependant le bien-être général augmente d'une manière incontestable. B y a dans ce contraste des indices alarmants et qui donnent matière à de tristes réflexions. Notre conscription, si propre & foire une bonne armée, ne serait-elle pas, par une douloureuse compensation, destinée à afEaiblir la population foncière du pays; et ne deviendrons-nous pas, sous son influence, une nation étiolée, soufEreteuse, ardente toujours, mais d'une ardeur qui épuise celui qu'elle anime ? La race anglo-saxonne, qui n'a pas de conscription, ne présente pas, que nous sachions, ces signes d'afEaiblissement qui marquent visiblement la nôtre. » — i>tf VAuûtance h^fspitalière, par le docteur ChaufEard. — Corret' pondant, T. 60, p. 116.