DETTE PUBLIQUE
tif du 8ol. Lorsque les choses arrivent à ce point, il devient indispensable de supprimer ou du moins de réduire Tintérèt promis aux créanciers, qui sont même souvent firuslrés du capital. Ainsi ce système flotte continuellement entre l'injustice qui résulte de la violation des promesses et une autre, pire encore dans ses conséquences, la confiscation de presque toute la fortune des classes qui devraient nourrir la société par Tagriculture.
Ce n'est pas là le seul danger de ce système de crédit public; il entraine, sous le nom i^ agiotage y une foule d'opérations frauduleuses relatives aux rentes, et dirige vera les afïaires d'argent tous les capitaux qui devraient être appliqués aux besoins de l'agriculture, ce qui amène une diminution des véritables richesses et cause de grands dommages à la société. Quant à l'ordre politique, le système du crédit y concentre toute l'influence entre les mains des banquiers qui deviennent les véritables souverains; et il sacrifie tous les intérêts sociaux à celui de leurs caisses. Ce n'est plus des mœurs ni de l'honnêteté des lois qu'il est question dans un tel régime ; il ne s'agit que de faire de l'argent par toute sorte de moyens. Nous laissons à de plus habiles dans la matière le soin d'assigner les règles de ce système économique. Nous n'avons qu'une chose à en dire, c'est qu'un État entré dans cette voie périlleuse doit s'efforcer de retarder autant que possible, par une grande prudence et une stricte économie, la ruine qui le menace. Disons aussi que lorsque le fardeau imposé aux propriétaires devient
trop pesant, il est juste que les créaBciers le partagent en subissant une réduction de leurs rentes. L'équité ne permet pas de faire peser toutes les charges de FÉtat sur les seuls propriétaires, en épargnant des classes souvent beaucoup plus riches.