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SOCIÉTÉ RELIGIEUSE

ici, et quand même les cérémonies du culte extérieur nQ se fussent pas étendues au-delà des limites de la famille ou de la cité, elle aurait eu néanmoins une unité générale du côté de la fin et des moyens essentiels, parce que la vérité et la justice qui la déterminent sont universelles.

557. — Mais c'est assez parler de cet ordre purement nature], qui de fait n'a jamais existé, puisque Dieu a établi dès l'origine une religion surnaturelle à laquelle, par conséquent, la société religieuse appartient. Il résulte de laque la société civile, quoique purement naturelle en soi, se trouve maintenant nécessairement liée à la société religieuse surnaturelle, et que ces deux ordres, le naturel et le surnaturel, bien que distincts, ne peuvent pas plus être séparés en poli- •iique qu'en philosophie sans les inconvénients les plus graves et sans que cette division produise un état violent. Aussi les nations païennes qui, ayant perdu la religion surnaturelle, n'avaient plus même que des tratces à demi effacées de la religion naturelle, qui aurait pu être établie, ne purent-elles jamais atteindre celte perfection et cette douceur du gouvernement politique dont jouissent les sociétés chrétiennes. Elles étaient, il est vrai^ constituées comme cités, mais elles manquaient de cet élément concomitant, la vraie religion, qui aurait perfectionné leurs membres, et conséquemment la société elle-même : élément qui, étant nécessaire à chacun, doit pénétrer toute association liumaine, sans quoi il manque toujours quelque chose à celle-ci.

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558. — Quoique la religion surnaturelle ait toujours été une et universelle de droit, sa forme sociale fut d'abord peu développée, et le culte extérieur ne franchissait guère les limites du foyer domestique. Toutefois Tunité de la fin et des moyens essentiels pour y parvenir, suffisait pour établir l'universalité de la société religieuse. La révélation mosaïque développa davantage la forme sociale chez les Hébreux, mais l'institution de l'Eglise lui a donné sa dernière perfection. Maintenant la société religieuse embrasse tout l'univers dans un organisme aussi complet en son genre que celui des Etats les plus parfaits. Son unité ne consiste plus seulement dans celle de la fin et des moyens nécessaires; elle résulte encore d'une hiérarchie parfaite, munie des pouvoirs et des moyens les plus efficaces pour exercer une grande influence sur chacun des membres ie cette société. Or il est aisé de comprendre à quel point la condition des Etats doit être modifiée sous mille rapports par la présence d'une société de ce genre qui existe au milieu d'eux, les pénètre et exerce une action aussi énergique sur les citoyens, car la coexistence de deux êtres sur un même point entraîne toujours des relations qui restreignent leur liberté ou du moins celle de l'un d'eux , mais qui peuvent compenser cet inconvénient par de bien plus grands avantages, comme cela arrive pour chaque homme dans la constitution même de la cité. Nous avons à exposer ici la nature de celte société religieuse et ses relations fondamentales avec l'Etat.

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