DROITS ET DEVOIRS INTERNATIONAUX
qu'il appartient de juger de leur obligation et de leur opportunité, puisqu'elle seule connaît les limites de ses facultés, et les ménagements qu'elle doit garder dans son propre intérêt. Celui qui réclame quelque office de ce genre ne peut donc jamais montrer avec évidence que son droit a été violé, comme il le peut pour les devoirs parfaits, ou la justice est manifeste par la nature même des choses, et n'attend plus que l'exécution.
606. — Les devoirs, tant parfaits qu'imparfaits, n'existent pas seulement entre les nations entières, mais encore entre un peuple et les particuliers appartenant à un autre, et de même entre les individus de nations diverses. Ainsi l'injure faite par la nation anglaise, par exemple, à un Français, est censée faite à la France elle-même, à cause du droit de chaque citoyen d'être protégé par son gouvernement. Et réciproquement, si un Français fait tort à un Anglais, le souverain de la France, quoiqu'innocent de cet acte, doit en procurer la punition et la réparation ; autrement il serait censé l'adopter par sa connivence. Mais ce n'est point aux particuliers à se faire justice à eux-mêmes, car tous ces droits et ces devoirs doivent régulièrement être réclamés ou exercés par les personnes publiques qui représentent chaque société, c'est-à-dire par leur souverain.
ARTICLE IL
DE QUELQUES-UNS DES DROITS ET DES DEVOIRS DES NATIONS CONSIDÉRÉES EN PARTICULIER,
SECTION I
Du droit d'indépendance.