Quelques-uns des droits parfaits que nous
DROIT d'indépendance. 489
n'avons fait qu'ênumérer plus haut demandent à être expliqués plus amplement, et c'est l'objet de cet article.
En premier lieu vient le droit d'indépendance, qui emporte pour chaque État la liberté de son action propre, surtout dans ses affaires intérieures. Il serait violé si lin autre peuple prétendait s'immiscer dans son gouvernement, empêcher ou régler ses relations avec les autres, ou trancher de sa propte autorité les différends qu'il aurait avec eux. loi se présente la question si fameuse de nos jours du droit d'intervention dans une société troublée par les discordes civiles, question dont la solution dépend entièrement des cir* constances. Car si une telle intervention a pour objet d*exciter le feu de la sédition et de renverser l'autorité légitime, elle est manifestement contraire au droit naturel. Si, au contraire, elle tend à appuyer cette même autorité, surtout lorsque celle-ci la réclame, ou si les voisins sont forcés d'intervenir pour étouffer une rébellion qui les mettrait eux-mêmes en péril, il est manifeste qu'une telle intervention est parfaitement légir time, et souvent même indii^pensable. Il n'y a que les fauteurs de révolutions qui puissent la proscrire au nom du principe de non intervention imaginé par eux pour favoriser leurs sinistres desseins, et dont l'adoption par des gouvernements réguliers est une des marques les moins équivoques qu'ils aient données dans ce siècle, de leur aveuglement sur leurs plus grands intérêts.
Voyez contre le prétendu principe de non intervention l'allocution consistoriale de Pie IX, du 28 septembre 1860.