‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 187 sur 270 · DES DEGRÉS DE PARENTÉ · texte numérisé non relu

DES DEGRÉS DE PARENTÉ

Nous avons expliqué les manières d'acquérir quelque chose en particulier, suivant notre droit françois. Il est temps de parler des acquisitions universelles. Il n'y en a que deux : la succession et la communauté.

On peut ici définir la succession un droit qui nous acquiert les biens d'un défunt, à cause de la parenté qui étoit entre lui et nous ; car, comme il étoit nécessaire d'attribuer à quelqu'un ce qu'un autre venoit de laisser en mourant, ceux qui ont fait les lois ont jugé qu'il falloit préférer sis enfants et ses parents les plus proches à tous les autres, et cette règle a semblé si raisonnable, que l'on a appelé ce droit de succéder un droit de nature, quoiqu'à proprement parler, tout ce qui s'appelle droit soit de l'institution des hommes. Mais il faut avant toutes choses expliquer la parenté, puisqu'elle est parmi nous le fondement de toutes les successions.

Pour mieux concevoir les différentes liaisons qui se rencontrent entre les personnes qui viennent d'une même origine, et jusques à quel point on doit les appeler parents, on s'est fait des images corporelles de la parenté, et on se l'est représentée tantôt sous la forme de plusieurs degrés dont la suite compose différenles lignes, tantôt sous la ligure de plusieurs branches, qui

viennent toutes d'une même souche, et se partagent encore en plusieurs rameaux. Il étoit sans doute indifférent de se servir de l'une ou de l'autre de ces métaphores ; mais il semble qu'il eût été assez à propos de ne les pas confondre, comme l'on a fait : estoc et ligne, dont le premier signifie une branche, et le second une suite de de2;rés.

Les lignes, sur lesquelles on se figure que les degrés de parenté sont posés, sont : la principale, c'est-à-dire celle où l'on place celui auquel on rapporte la parenté et que l'on appelle directe, et les autres que l'on place à ses côtés et que l'on appelle collatérales. Pour cette raison, nous mettons au milieu de la directe celui dont il s'agit, et par conséquent nous la divisons à son égard en ascendante et descendante ; au premier degré des ascendants sont le père et la mère ; au deuxième, les deux aïeuls, le paternel et le maternel, et les deux aïeules; au troisième, les quatre bisaïeuls et les quatre bisaïeules ; au delà, nous n'avons plus de noms de parenté de ce côté-là ; aussi n'arrive-t-il presque jamais qu'un homme soit vivant avec le père de son trisaïeul; et cependant c'est une maxime indubitable , que Ja parenté est réciproque, et que nous ne pouvons être parents de celui qui n'est plus au monde ou qui n'y est pas encore.

Les descendants en ligne directe sont les enfants, savoir : au premier degré, le fils et la fille ; au deux, les deux sortes de petits-fils et de petites-filles, c'està-dire les enfants du fils et les enfants de la fille ; au trois, les arrière-petits-fils et les arrière-petiteslilles, de quatre sortes. Nous n'avons plus de noms au

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