‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 188 sur 270 · CH. XXVII. DES DEGRÉS DE PARENTE · texte numérisé non relu

CH. XXVII. DES DEGRÉS DE PARENTE

delà : mais cela n'empêche pas que la parenté ne se puisse étendre plus loin, car en ligne directe elle va à l'infini, tant en descendant qu'en montant.

Les lignes collatérales sont en grand nombre, puisqu'il en sort une de chacun des degrés de la directe ascendante. La première est donc celle qui commence aux frères et aux sœurs; ils sont joints ou par le double lien du père et de la mère, ce qui s'appelle germains; ou d'un côté seulement, c'est-à-dire consanguins ou utérins. Le second degré de cette ligne contient les six neveux et les six nièces, c'est-à-dire les enfants des trois sortes de frères et les enfants des trois sortes de sœurs. Au troisième degré sont douze petits-neveux, six enfants des neveux, six enfants des nièces; au quatrième, les arrière-petits-neveux de vingt-quatre sortes; on peut feindre des degrés encore au delà, mais nous n'avons point de noms pour les marquer. La seconde ligne collatérale commence aux oncles et aux tantes, qui sont de six sortes : trois sortes de frères ou de sœurs du père et autant de la mère. Au deuxième degré de cette ligne sont les cousins germains et les cousines germaines, de douze sortes : six enfants d'oncles, six enfants de tantes. Au troisième, sont vingt-quatre personnes, enfants des douze cousins. On les appelle en Bretagne neveux et nièces, ailleurs simplement cousins ; au quatrième, les quarante-huit enfants des précédents, et ainsi du reste. La troisième ligne collatérale commence aux douze sortes de grands-oncles et de grandes-tantes; elle a, au deuxième degré, qui est, comme nous dirons, le troisième ou le cinquième de parenté, vingt-quatre cou-

sins et cousines, leurs enfants, que l'on appelleroit oncles et tantes en Bretagne. Au troisième degré sont quarante-huit cousins remués ou issus de germain, et autant de cousines ; au quatrième, sont quatre-vingtseize personnes, enfants des précédents, et ainsi du reste. La quatrième ligne collatérale commence aux vingt-quatre frères et sœurs des bisaïeuls et bisaïeules, et continue comme les autres lignes collatérales, avec leurs degrés, s'il est nécessaire.

Or, tous ceux qui sont en pareil degré dans les différentes lignes , étant considérés ensemble, peuvent composer une ligne que nous appelons transversale, comme la plus opposée à la directe, et c'est principalement de cette ligne que nous nous servons , pour compter les degrés de parenté, quand il s'agit de mariage ; car il y a deux manières de les compter : l'une de droit romain, qui est de remonter toujours à la source commune; par exemple, pour savoir en quel degré mon cousin germain m'est parent, je remonterai de mon père à mon aïeul, d'où je descendrai à mon oncle, et de là à mon cousin, que je trouverai, par conséquent, au quatrième degré; c'est ainsi que nous les comptons dans les successions. L'autre manière est du droit canon, qui ne remonte point quand il s'agit d'un parent qui est sur la même ligne transversale, c'est-àdire en pareil degré ; et, suivant ce droit, ma cousine germaine est ma parente au second degré, parce qu'il n'y a que ma sœur entre elle et moi. Que si c'est un parent qui soit en degré inégal, on remonte ou on descend à celui qui lui est égal, puis l'on suit la transversale ; ainsi, mon grand-oncle et mon petit-neveu sont,

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