CH. XXXVI. DES AIDES ET DES GROSSES FERMES
ne leur trouve point de faux sel. On appelle feux sel tout le sel qui n'a point été gabelle, c'est-à-dire, mis en dépôt aux greniers ; et, parce que le sel du roi ne se débiteroit pas s'il étoit permis user d'autre, qui est toujours à meilleur marché, il est défendu, sous des peines très-rigoureuses, de vendre, d'acheter, de consommer du faux sel, de permettre qu'on en trafique, de ne le pas empêcher, chacun selon son pouvoir ; et tous ceux qui donnent quelque secours aux faux sauniers, ou qui ne les dénoncent pas, passent pour complices. On a même défendu l'eau de la mer; on a défendu de profiter du sel qui se peut trouver dans les barils de poisson salé, ou dans les pots de beurre, si la salaison n'est faite en pays de gabelle. Entre les faux sauniers , ceux qui sont plus rigoureusement punis sont les facteurs et les voituriers des marchands adjudicataires, et officiers des gabelles. Il y a des provinces comme la Bretagne, la Lorraine, où la gabelle n'a point de cours, en sorte que les particuliers trafiquent librement de sel, en payant quelques droits au roi, pour le transport et pour le débit, comme des autres marchandises.