‹ Institution au droit françois;Chapitre 39 sur 239 · DES INTÉRÊTS · texte numérisé non relu

DES INTÉRÊTS

En action personnelle, ce que le demandeur ajoute plus ordinairement à ses conclusions principales, c'est la demande des intérêts de la somme qui lui est due.

On appelle : intérêt de l'argent l'estimation que l'argent eût pu produire à celui à qui il étoit dû, s'il l'eût reçu à temps. Car encore que l'argent ne produise rien de lui-même, et qu'il ne soit pas même permis d'en tirer des fruits civils, puisque l'usure est défendue, néanmoins, comme c'est le prix de toutes choses, il peut apporter beaucoup de profit, étant employé en acquisitions d'héritages, ou en constitutions de rentes, ou en quelque négociation, et il n'est pas juste que le créancier perde tous ces profits qu'il pouvoit faire légitimement, par le fait du débiteur. Mais comme il seroit difficile d'estimer au juste cette perte en chaque affaire particulière, on a supposé que le plus grand profit de l'argent étoit celui qui se retire par le moyen

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