‹ Institution au droit françoisChapitre 15 sur 270 · AVERTISSEMENT. XXIII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XXIII

Qtae nous reste-il, en effet, de cette époque? Quel nom marque dans notre jurisprudence entre les derniers grands hommes du seizième siècle, et ceux qui, comme d'Agues» seau et Pothier, appartiennent au dix-huitième? Je ne vois qu'un grand nom, c'est Domat ; eu lui Port-Royal a sou ju* risconsulte, comme eu Pascal elle a son philosophe. Mais Domat est eu dehors de la pratique. C'est la justice absolue qu'il cherche dans les lois romaines ou, pour mieux dire, il plie le Digeste à la morale de l'Évangile. Domat a souvent inspiré et guidé Pothier dans ses recherches sur les obligations du for intérieur, mais la place de l'ami de Pascal est plus près des philosophes que des jurisconsultes, ce n'est pas dans son beau livre qu'on apprendra le droit français.

Si nous écartons Domat, et si bous laissons dans leurs provinces quelques bons commentateurs de coutumes, Hé vin, Basnage, Brodeau, La Thaumassière, que pouvons-nous comparer à l'Institution au droit françoù de Guy Coquille, aux ImHtute* couUtmières de Loisel, à Y Interprétation de* InstiiuUs de JustiniêHàu vénérable Pasquter? Rien. Le dixseptième siècle, si riehe en littérateurs, est pauvre en jurisconsultes. Il n'a plus ces agitations politiques qui font remuer toutes les questions et mûrir tous les esprits. Le fameux jurisconsulte de l'époque, c'est Claude Golombet* pour qui Fleury avait une estime toute particulière, et qu'il considérait comme le plus savant conseiller du Parlement, après M. de Gaumont1 ; mais Y Abrégé de la jurisprudence romaine avec son rapport à ee qui est de Mire usage 2 est un livre peu lisible; et plus rempli de droit romain que de droit français. Les deux ouvrages de ce temps qu'on peut recommander aux amateurs de notre ancienne jurisprudence, ce

1 Nouveaux opuscules, p. 34S et 354.

* Paris, 1663, 1671, in-4°.

Page 1