DE CE QUI PEUT FAIRE RESOUDRE LA VBNTK
Mais il arrive quelquefois qu'une vente qui a subsisté d'abord est résolue dans la suite pour de justes causes. On ne parlera point ici de la résolution qui est commune à tous les contrats, savoir la rescision, ou restitution en entier, car il en faudra traiter ailleurs, mais seulement de ce qui est particulier à la vente.
1# Le vice de la chose vendue qui n'étoit pas apparent, et que l'acheteur ne pouvoit connoître, fait résoudre certaines sortes de ventes, comme de bestiaux, particulièrement de chevaux, que le vendeur doit garantir de morve, pousse et courbature, ou de tous vices, s'ils les a vendus sains et nets ; autrement, rendant la bête dans huit jours, ou dans un autre temps, selon les coutumes, il est obligé de rendre l'argent. Pour ce qui est de la plupart des autres choses, principalement des immeubles, les défauts qu'on y reconnoît depuis ne font pas résoudre la vente, mais seulement donnent sujet à une action de dommages et intérêts.
2° Le défaut du prix fait aussi résoudre la vente, quand le vendeur fait voir qu'il a donné la chose pour moins de la moitié qu'elle ne valoit, ce qui s'appelle : lésion d'outre moitié de juste prix. Il faut observer néanmoins qu'il n'y a que la vente des immeubles qui puisse être résolue par ce moyen, selon la plupart des coutumes, et que quand il ne s'agit que de meubles, on n'y a point d'égard, s'il n'étoit question d'une universalité de meubles, ou de meubles très-précieux. De plus, il n'y a que le vendeur qui puisse alléguer cette lésion, parce qu'on présume toujours de l'indulgence de la part de celui qui les achète.
3° Le consentement produit aussi la résolution de la vente, quand les parties, changeant entièrement de volonté, conviennent que les choses demeurent ou soient remises au même état que s'il n'y avoit point eu de vente. Cette manière de résoudre les contrats par le seul consentement est commune à tous ceux qui se font par le seul consentement (excepté aux mariages