DES EFFETS DE LA VENTE
Les effets de la vente sont différents à l'égard de Tune et de l'autre des parties.
Le vendeur a l'action personnelle pour demander le prix et les intérêts du jour qu'il a livré ou offert la chose ; si la vente est d'un immeuble ou autre chose considérable, l'acheteur sera condamné, s'il ne rapporte quittance ; au contraire , s'il ne s'agit que de meubles, on présumera qu'ils ont été payés lors de la délivrance, à moins que le vendeur ne justifie le contraire. Il y a des marchandises si privilégiées, comme le blé, le vin et autres vivres, que quelques coutumes permettent de contraindre par corps à en payer le prix, après une simple ordonnance du juge1. De plus, il est déchargé du péril de la chose, quoiqu'elle soit encore entre ses mains ; parce qu'outre que, selon nos mœurs, tous les contrats passés en forme authentique emportent une tradition feinte, et par conséquent transfèrent la propriété, il est certain, de plus, que l'acheteur semble être en demeure de prendre la chose, en payant le prix, sitôt que la vente est parfaite ; car, si la condition
1 Nivemois, Berry, Bourbonnois.