DE LA CHAMBRE DES COMPTES ET DE LA COUR DES AIDES
La Chambre des comptes est d'une origine très-ancienne *. Dès le temps que le Parlement étoit ambulatoire, il y avoit aussi à la suite du roi une Chambre où se rendoient les comptes des revenus de son domaine et de ses autres revenus, en présence de quelques prélats et de quelques barons, et c'est sans doute la qualité de ces personnes, plutôt que la dignité de la fonction qu'ils faisoient en ces rencontres, qui est cause des grandes prérogatives qui ont été attribuées aux gens des comptes par quelques anciennes ordonnances. La Chambre des comptes fut établie à Paris par Philippe le Bel, comme on croit, en même temps que le Parlement, et n'étoit lors composée que de huit officiers*. Depuis on a augmenté le nombre et des officiers, et des bureaux et des Chambres ; de sorte qu'à présent il y en a six, sans compter celle de Paris 8 : la Chambre des comptes de Bretagne, établie en [1552] ; celle de Dijon, en [1477]; celle de Montpellier, en [1522]; celle deDauphiné, en [1628]; celle de Provence, en [1481];
1 Pasquier, Recherches sur la France, Iiv. II, chap. v; le Mémoire de Jean de Saint-Just, en la Conférence des orç^m^mces^ Iiv. XJ, lit. I. * Ordonnance de Louis XII, Blois (1511). 3 Ordonnance de Blois (1579), art. 225, ?â$, etc.