XII AVERTISSEMENT
Parlons d'abord de l'auteur :
« Tout çst précieux dans M. Fleury, écrivait, en 1807, le « sage abbé Emery . Il est un petit nombre d'auteurs dont la « réputation se soutient et va même en croissant. Tel est « M. l'abbé Fleury et tels seront toujours les auteurs qui, « écrivant d'ailleurs avec pureté, font dominer le bon sens « dans leurs ouvrages, parce qu'on se lasse de tout, excepté « du bon sens, et que le bon sens, dit le même abbé Fleury, « dans son Traité des études, est le maître de la vie 4. »
Ce jugement du pieux directeur de Saint-Sulpice paraîtra trop favorable à quelques esprits outrés qui mettraient volontiers Bossuet et Fleury hors du catholicisme, pour les punir d'avoir été fidèles aux maximes de leurs pères; quant à moi, je suis convaincu que Fleury, à ne considérer en lui que l'écrivain religieux, retrouvera quelque jour l'estime qu'il mérite, et cela par la raison même qu'indique M. Emery, parce qu'on se lasse de tout, excepté du bon sens.
I. Toutefois, ce n'est pas de l'auteur religieux que je veux parler, mais du jurisconsulte; car Fleury a été l'un et l'autre. Pour ne parler que de son Institution au droit ecclésiastique, ouvrage de sa jeunesse, comme celui que nous publions, on sait que jusqu'à la Révolution ce livre faisait autorité dans les matières de droit canonique. C'est un travail excellent; le sujet a vieilli, l'ouvrage n'a plus qu'un intérêt historique ; mais quiconque a du goût pour cette ancienne législation trouvera dans Fleury le guide le plus sûr. Sous ce langage si simple et si clair, il y a des études consi-
* Préface aux Nouveaux opuscules, de M. l'abbé Fleury, Pari», 1807, 2* édition, 1818, p. 1, p. 79.