‹ Institution au droit françoisChapitre 8 sur 270 · AVERTISSEMENT. XIII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XIII

dérables; il n'est pas un mot que l'auteur n'ait pesé et qui n'ait un sens exact et profond.

On sait que Fleury s'était destiné à la jurisprudence et qu'il lui consacra les plus belles années de sa jeunesse. Né à Paris, le 6 décembre 1640, fils d'un avocat au Conseil originaire de Rouen, il était destiné au barreau. Son goût pour la jurisprudence était si vif et ses progrès si rapides qu'il fut reçu avocat au Parlement ayant d'avoir accompli sa dixhuitième année.

Pendant neuf années, il suivit cette noble carrière et resta fidèle à ses anciennes études, alors même que l'amitié et l'autorité de Bossue t l'eurent décidé à entrer dans les ordres et à se consacrer tout à Dieu.

Dans un charmant opuscule, la lettre sur M. de Gaumont1, Fleury, en nous traçant le portrait le plus aimable et le plus vrai de ces vieux conseillers clercs du Parlement de Paris qui, avec une fortune considérable, vivaient comme des anachorètes dans la solitude de leur cabinet, partageant tout leur temps entre l'Evangile et les Pandectes, Fleury nous raconte comment furent dirigées ses premières études de droit.

« Le père Gossart;, jésuite », me procura la connois- « sance de M. de Gaumont, et je lui fus présenté par mon « père qui avoit l'honneur d'en être connu. Je venois d'être « reçu avocat à la Saint-Martin 1658. Je le consultai sur « mes études, et il me conseilla de m attacher au droit « romain, comme étant le fond de la science du palais. « Il m'exhorta, en général, à lire toujours les textes et « les livres originaux; et, pour la conduite particulière

1 Nouveaux opuscules, p. 354.

* II avait été le professeur de Fleury au collège de Clermont (aujourd'hui Louis-le -Grand).

Wi ÀVEfcTISSEMEKT.

% 4e mottQtude du droit, il pie renvoya à M. Vantier, avo- « cat, qui l'avoit étudié à Caen, sous un habile professeur f noipraé B[a(lé.

a De l3avis de M. Vantier, je résolus d'étudier Gujas, parce « que ses commentaires ne sont composés que des textes du « droit rapportés l'un à l'autre, pour mettre par ordre les a principes et les conséquences, et s?il y ajoute quelque « chose, ce sont des passages d'orateurs et d'historiens, pour « éclaircir le langage des jurisconsultes. Je commençai par « extraire le commentaire de Gujas sur Fapinien, et le ré- « duire en défi pi lions et en règles.

« le demandai une fois à M. de Gaumont comment il étoit « permis de lire Dumoulin, si sévèrement défendu à Rome : « il me dit qu'il étoit impossible à un homme du palais de « s'en passer, et m?expliquace que c?étoit que ces défenses, a et quel égard on devoit y avoir en France 4. »

Dans une pièce de vers latins qui a pour sujet : la Bibliothèque du collège de Clermont, Bibliotheca filaromontana, Fleury ou plutôt Claudius Florus, c'est ainsi qu?il se nomme, nous parle de ses études de droit, en décrivant la section de la bibliothèque où sont les jurisconsultes, yoici ces vers qui sont plus fidèles qu'élégants; Fleupy était trop exact pour être poëte: Cosçart Jfii-même, }e bibliothécaire de Clerpaont, le gfaq4 fiossart, pommp rappelle un élève

* «Nous ne reconnoissans pas la juridiction... de la congrégation de i?Ind}ce, dep fjyres. 4£^ndus.., ffoig honorons, |e$ décrets fie cette congrégaljon, comme de$ ; consultations de docteurs graves; mais npus n'y reconnoissons aucune autorité sur la France. Ainsi, nous lisons sans scrupule tous les livres qui ne sont point d'auteurs manifestement nolés comme des hérétiques, ou nommément défendus pas Itarêque diocésain. » (Flewry, Discours sur les libertés de l'Église gallicane. Nouveaux opuscules, p. 142.)

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