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DES PLACES, DBS VILLES, DES GOUVERNEMENTS

L'autre partie des forces du royaume consiste aux places qui sont les forteresses et les villes. Il ne devroit y avoir des forteresses que sur les frontières ; mais il y en avoit autrefois une si prodigieuse quantité par toute la France, qu'il ne faut pas s'étonner qu'il en soit encore resté quelques-unes1. On y peut considérer deux choses : 1° les fortifications qui se font selon le besoin ou la commodité des affaires du roi, suivant les devis des ingénieurs et l'ordre des capitaines et des gouverneurs. Les intendants des fortifications, assistés de leurs contrôleurs, font les marchés des ouvrages et les adjugent publiquement, et les trésoriers les payent. On ne doit entreprendre qu'à proportion du fonds qui est destiné par le roi ; 2° les hommes pour les défendre,

i Conférence des Ordonnances, liv. XII, tit. X, § 7.

qui sont ordinairement quelques compagnies d'un régiment» ou le régiment entier, selon la grandeur de la place : c'est ce qu'on appelle la garnison. Il y a, outre cela, une compagnie de gardes du gouverneur dans les places considérables, et plusieurs soldats entretenus qui ne sont d'aucun régiment, et.qui n'ont point d'autre capitaine que le gouverneur ; on les appelle mortespayes, et ils demeurent perpétuellement dans la place, au lieu que la garnison change de temps en temps. Et il y a de plus, dans toutes les places frontières, des habitants du pays qui sont obligés d'y venir faire le guet, ou de payer une taxe modique. Il n'y a que les chefs de famille qui y soient tenus, et non les orphelins qui n'ont pas dix-huit ans, ou leurs mères.

Quelques seigneurs exercent encore sur leurs vassaux ce droit de guet et garde, comme il sera dit; et c'est presque le seul vestige qui leur reste du maniement des armes.

Pour les villes, on y considère plus la conservation de ceux qui les habitent que la sûreté générale de l'Etat; et c'est par cette raison que les deniers qu'on destine à leurs fortifications se lèvent sur tous les habitants, excepté les ecclésiastiques, qui sont exempts de cette contribution, comme de toutes les autres *. Et, pour la même raison, les fortifications ne se font que par délibération des échevins et des principaux magistrats de la ville, toujours néanmoins avec la permission du roi. Aussi, pour la défense des villes, il n'y a point d'autres hommes que les habitants, si ce n'est

1 Ordonnance de Blois, art. 36.

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