CH. XXVI. DBS PLACES
aux villes frontières, où il y a garnison. Les bourgeois sont divisés par compagnies, suivant les quartiers, et peuvent aussi composer des régiments, si la ville est assez grande, et c'est la seule milice réglée qu'il y ait dans les villes, excepté quelques compagnies d'archers de ville et d'archers du guet ; mais il y a dans chaque ville un gouverneur pour le roi, qui a une compagnie de gardes, et qui a droit de commander aux maires et échevins, et par conséquent à toute la milice bourgeoise, qui dépend d'eux. De plus, s'il y a dans la même ville un château considérable, ou aux environs , le roi y met un autre capitaine, ou permet au gouverneur d'y en mettre un, et ce gouverneur et ce capitaine ont encore leurs lieutenants.
Le gouverneur d'une ville capitale de province a commandement par toute la province, et s'appelle lieutenant du roi; il a le même pouvoir en son gouvernement que le général dans son armée ! . Il n'y en a que depuis que les baillis et sénéchaux ont tout à fait été considérés comme juges, et ont rendu leurs charges offices perpétuels. Encore, du commencement n'y en avoit-il que dans les provinces frontières, qui faisoient les douze anciens gouvernements. Depuis cent ans, il s'en est établi partout, à l'occasion des guerres civiles. Ces gouverneurs s'ajtribuoient , du commencement, le pouvoir de donner des privilèges et des grâces, de rendre la justice en leur nom, et de faire des levées de deniers ; ce qui a bien été per-
1 Conférence des Ordonnances, liv. I, tit. XXV; V. Dutillet, Recueil des rois de France, p. 425; et Loiseau, Des Offices, liv. IV, chap. îv, d. 20, etc.