CH. XXIX. DU DOMAINE DR LA COURONNE
cruelle et l'accord bien plus difficile; et pour ce qui est des sauvages de l'Amérique et des autres nouveaux pays, ce n'est pas tant une guerre qu'une chasse, et on ne les considère presque que comme des bêtes qu'on est obligé de tuer pour n'en être point offensé, et dont on se sert quand on peut les apprivoiser. Aussi on traite comme esclaves tous les barbares qu'on prend. Ce n'est pas non plus une véritable guerre que celle qu'un prince fait à ses sujets rebelles pour les châtier; c'est plutôt une assemblée de gens pour prendre des criminels et prêter main-forte à la justice, et c'est pourquoi ces désordres ne finissent point par une paix, mais par la punition des coupables, et même des villes et des provinces, par le moyen des dégâts, des garnisons, des citadelles, des privilèges ôtés, des murs abattus, etc., ou bien par les grâces, les pardons et les amnisties, qui sont absolument nécessaires pour mettre en sûreté ceux qui se trouvent enveloppés dans ces mouvements ; et ceci suffise pour la seconde partie du droit public, qui est de la guerre.