CHAPITRE XX
D'oraison : laquelle est le principal exercice de foy, et par laquelle nous recevons iournellement les bénéfices de Dieu.
\ De ce qui a esté traitté par ci-devant, nous voyons clairement combien l'homme est desnué et despourveu de tout bien , et comment tout ce qui appartient à son salut luy défaut. Parquoy s'il veut avoir de quoy se subvenir en sa nécessité , il faut qu'il sorte hors de soy, et qu'il cherche ailleurs son secours. D'avantage il nous a esté expliqué, que nostre Seigneur se présente libéralement à nous en son Fils Jésus-Christ, nous offrant par luy au lieu de nostre misère toute féli-
i) 1 Tim.I, S.
Act. XXIV, 16.
cité : au lieu de nostre povreté , toute abondance : et nous ouvrant on luy tous ses thrésors et richesses célestes, afin que toute nostre foy regarde ce Fils bienaimé, toute nostre attente soit de luy, et toute nostre espérance se repose en luy. C'est bien une secrette philosophie et cachée que ceste-ci, laquelle ne se peut entendre par syllogismes : mais ceux-là la comprenent ausquels nostre Seigneur a ouvert les yeux pour veoir clair en sa lumière. Puis que nous sommes ensei-
1) 1 Cor. X, 28, 29.