PS. CV
2) 2 Cor. IV, 6.
proufitant ils observent l'ordre estably de Dieu ^ Et c'a esté la principale lin, comme j'ay dit, que Dieu a regardé : commandant jadis aux fidèles sous la Loy de s'assembler au sanctuaire. Lequel aussi pour caste cause Moyse appelle le Lieu du nom de Dieu, pource qu'il avoit voulu que sa mémoire y fust célébrée ^. En quoy il enseigne ouvertement, que l'usage en estoit nul sans la doctrine de vérité. Il n'y a doute que David à ce regard ne se complaigne avec si grande angoisse et amertume d'esprit, que l'accès du tabernacle luy est forclos par la tyrannie et cruauté de ses ennemis ^. Plusieurs trouvent ceste lamentation puérile : pource que ce ne luy estoit pas grande perte, et qu'il n'estoit pas privé de grand plaisir, de ne pouvoir approcher du parvis du temple moyennant qu'il jouist de ses commoditez et délices. Or tant y a qu'il déplore que ceste tristesse et douleur le brusle et le tormente, voire le consumé du tout, qu'il n'ose approcher du lieu sainct : asçavoir pource que les fidèles ne prisent rien plus que ce moyen par lequel Dieu eslève les siens en haut, comme de degré en degré. Et faut bien noter que Dieu s'est tellement monstre anciennement aux Pères au miroir de sa doctrine, qu'il a tousjours voulu estre cognu spirituellement; dont le temple non-seulement est appelé Sa face : mais aussi son marchepied *, afin d'éviter toute superstition. Et c'est l'heureuse rencontre dont parle sainct Paul, que nous apporte la perfection en unité de foy, quand tous depuis le plus grand jusques aux plus petit aspirent au Chef. Quant aux temples que les Payens ont édifiez à Dieu à autre fin ou intention, ils n'ont servy qu'à profaner son service. Auquel vice les Juifs sont aussi bien tombez, encores que ce ne fust pas du tout si lourdement : mais si est-ce qu'ils n'ont pas laissé d'estre coulpables, comme sainct Estiene leur reproche par la bouche d'Isaïe : c'est que Dieu n'habite point en bastiraent fait de main d'hommes ^ : mais
1) Ephés.lV, 12. 2) Ex. XX, 2i.
3) Ps. LXXXIV, 2-4.
4) Ps.CXXXIl,7;XGIX, 5; 1 Cliron. XXVUI, ;
5) Act. VII, 48.
luy seul se dédie par sa Parole et sanctifie des temples en usage légitime. Et si tost que nous attentons inconsidérément ceci ou cela, sans qu'il le nous ait commandé, incontinent un mal ensuyt l'autre:
c'est d'adjoUster beaucoup de resveries au principe qui est desjà mauvais de soy, en sorte que la corruption se multiplie sans mesure. Toutesfois Xerxès Roy de Perse procéda follement et à l'estourdie, en bruslant par le conseil des Philosophes de son pays tous les temples de Grèce, sous ombre que les dieux qui ont toute liberté, ne doyvent point estre enclos en murailles et sous des tuilles ; comme s'il n'estoit point en la puissance de Dieu de descendre aucunement à nous, afin de se monstrer plus prochain : néantmoins sans bouger ne changer de lieu, et aussi sans nous attacher à nuls moyens terrestres, mais plustost nous faire monter en haut à sa gloire céleste, laquelle remplit tout de sa grandeur infinie, mesmes surmonte les cieux en sa hautesse K
6 Or pource qu'il y a eu de nostre temps de grans combats touchant l'efficace du ministère : c'est qu'aucuns voulans amplifier la dignité d'iceluy, ont excédé mesure : les autres ont maintenu que c'estoit tout pervertir, de transporter à l'homme mortel, ce qui est propre au sainct Esprit, en disant que les ministres et Docteurs entrent jusques aux entendemens et aux cœurs, pour corriger tant l'aveuglement que la dureté qui y est : nous avons à décider ces disputes. Ce qu'ils allèguent d'un costé et d'autre» sera facile à transiger, en observant distinctement les passages ausquels Dieu, selon qu'il est autheur de la prédication, conjoignant son Esprit avec icelle, promet qu'elle ne passera pas sans fruit : ou bien d'autre part, en se séparant de toutes aides externes, s'attrikie à luy seul tant le commencement de la foy que l'accomplissement. L'office du second Elias, tesmoin le Prophète Malachie, a esté d'illuminer les esprits, convertir les cœurs des pères aux enfans, et les incrédules à la sagesse des justes K Jésus-Christ prononce qu'il envoyé ses Apostres, à ce
1) Jér. XXm,î
2) Mal. IV, G; Luc I, 17.