‹ Institution de la religion chrestienne (volume 2)Chapitre 19 sur 346 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Que nous sommes régénérez -par foxj : où il est trailté de la pénitence.

1 Combien que j'ay desjà enseigné en partie comment la foy possède Christ, et comment par icelle nous jouissons de ses biens, toutesfois cela seroit encores obscur, si nous n'adjoustions l'explication des fruits et effects que les fidèles en sentent en eux. Ce n'est pas sans cause que la somme de l'Evangile est réduite en pénitence et rémission des péchez. Parquoy en laissant ces deux articles, tout ce qu'on pourra prescher ou disputer de la foy, sera bien maigre et desbitie, voire du tout inutile. Or puis que Jésus-Christ nous donne l'un et l'autre, et que nous obtenons l'un et l'autre par foy : asçavoir nouveauté de vie, et réconciliation gratuite, la raison et ordre requièrent que je commence à traitter ici des deux. Nous

1) Phi!. I, 20.

2) Gdl.Y. 5.

viendrons doncques en premier lieu delà foy à pénitence : pource qu'ayans droictement cognu ce point, nous pourrons aisément appercevoir comment l'homme est justifié par seule et pure acceptation et pardon de ses péchez : et toutesfois que la saincteté réale de vie, comme on dit, n'est point séparée de telle imputation gratuite de justice : c'est-à-dire, que cela s'accorde bien , que nous ne soyons pas sans bonnes œuvres, et toutesfois que nous soyons réputez justes sans bonnes œuvres. Or que la pénitence non-seulement suyve pas à pas la foy, mais qu'elle en soit produite, nous n'en devons faire nulle doute. Car puis(jue la rémission des péchez est offerte par l'Evangile, afin que le pécheur estant délivré de la tyrannie

1) MallU. IX, 29.

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