LIVRE IV, CHAPITRE III
sent esh'us par les homnn's? Pourtant Dieu ne pouvoit approuver ci'st ordre par un exemple plus notable et évident, que quand après avoir prononcé (|u'il avoit constitué Paul Apostre des Gentils, il veut toutesfois qu'il soit ordonné par l'Eglise. La mesme chose se peut aussi appercevoiren l'élection de Matthias'. Carpource que l'office d'Apostre esloit si digne, que l'Eglise n'y osoil pas constituer un certain homme de son jugement , elle en choisit deux pour les présenter au sort. Et ainsi la police de l'Eglise avoit lieu en ceste élection, et néantmoins on remettoit à Dieu de sçavoir lequel il avoit esleu des deux.
15 La question est maintenant, asçavoir, si un Ministre doit estre esleu ou par toute l'Eglise, ou par les autres ministres et gouverneurs : ou bien s'il doit estre constiliié par un homme seul. Ceux qui veulent mettre cela en la puissance d'un seul homme, allèguent ce que dit sainct Paul à Tite : Je l'ay laissé en Crète alin que tu constitues des Prestres en chacune ville ^. Item à Timothée, N'impose pas subitement les mains à aucun ^ .Mais s'ils pensent que Timothée ait exercé une domination royale en Ephèse, pour disposer du tout à son plaisir, ou que Tite ait fait le semblable en Crète, ils s'abusent grandement. Car tous les deux ont présidé sur les élections, ahn de conduire le peuple par bon conseil, ei non pas pour en faire et tailler ce que bon leur sembloit en excluant les autres. El alin qu'il ne semble que je forge cela de ma teste, je démonslreray qu'ainsi est par un semblable exemple. Car sainct Luc récite que Paul et Harnabàs ont créé des Prestres par les Eglises*: mais en disant cela, il note quant et quant la façon : c'est qu'ils les ont créez par suffrages, ou par les voix du peuple, comme porte le mot grec. Ils les créoyent doncciues eux deux : mais le peuple selon la façon du pays, ainsi que les histoires tesmoignent, levoit les mains pour déclairer lequel il vouloit avoir. Et c'est une forme commune de parler : comme les historiens disent qu'un Consul créoit des officiers, quand il rece-
1) Act. I, 23.
3) 1 Tim. V, 2