LIVRE IV, CHAPITRE XIII
allégueront l'Eglise ancienne, nous répliquerons au contraire, qu'ils démonstrent en leurs Presires une telle chasteté qn'estoit celle des Prestres anciens :
qu'ils osient tous paillars et adultères qu'ils ne permettent point (pie ceux lesquels ils ne peuvent souffrir iiabiter avec une femme en mariage, s'abandonnent à toute vilenie, qu'ils remettent au-dessus la discipline ancienne, laciuelle est abolie entre eux, pour réprimer la déshonnesteté qui se commet entre eux : et qu'ils délivrent l'Eglise de ceste honte et turpitude, par laquelle elle a esté jà long temps desfigurée. Quand ils nous auront ottroyé tout cela, nous aurons encores une autre réplique à leur faire , qu'ils n'imposent point nécessité en une chose laquelle de soy-mesme est libre, et se doit accomoder à l'unité de l'Eglise. Je ne di pas ces choses pour accorder qu'on doyve aucunement donner lieu aux Ca-
nons qui ont astreint les gens d'Eglise à restât de continence : mais alin que toutes gens de bon esprit cognoissent quelle impudence c'est à nos adversaires, de (ant dilfamer le sainct mariage sous couleur de l'Eglise ancienne. Quant est des Pères desquels nous avons les livres, exeeplé Hiérosme, ils n'ont point détracté si fort, de l'honnesleté du mariage, mesmes quand ils déclairent privément ce qu'ils en pensoyent. Nous serons contens d'un tesmoignage de sainct Chrysostome, veu qu'il n'est point suspect d'avoir trop favorisé au mariage, mais au contraire a Irop encline ù priser et magnifier la virginité. Or il parle en ceste manière : Le premier degré de chasteté est virginité immaculée : le second est mariage loyalement gardé. C'est doncques une seconde espèce de virginité, que l'amour du mari et de la femme, quand , ils vivent bien en mariage ^