LIVRE IV, CIIAHTIIE XVll
fans en leurs jeux et badinagcs sera vallable. Mais je le renvoyé à Dieu pour plaider contre luy, veu qu'il a ordonné que la Circoncision fusl commune tant aux grans qu'aux pelis, sans attendre que les enfans veinssent en aage d'homme. Puis que tel a esté le commandement de Dieu, malheur sur celuy qui sous telle couleur voudra renverser l'institution saincte et immuable de Dieu. Mais il ne se faut point esbaliir si ces esprits réprouvez, comme estans transportez de phrénésie , desgorgent des absurditez tant énormes pour maintenir leurs erreurs, veu que Dieu punit justement par telle forcenerie leur orgueil et obstination. Certes je pense avoir assez évidemment monstre combien les raisons de Servet sont débiles, pour aider ses confrères en cest endroict.
32 Ce que nous avons dit est assez suffisant , comme on peut veoir, pour monstrer comment sans raison ne propos ceux-là troublent l'Eglise du Seigneur lesquels esmeuvent questions et débats, afin de réprouver l'observation saincte qui depuis les Apostres a esté gardée diligemment des fidèles, puis que nous avons évidemment prouvé qu'elle a certain et asseuré fondement sur la saincte Escriture : et au contraire, avons abondamment réfuté toutes les objections, lesquelles ont accoustumé de se faire à rencontre. Tellement que nous ne doutons point que tous bons serviteurs de Dieu, après avoir leu ce traité, ne soyent plenement satisfaits , et n'apperçoyvent à l'œil que tous les assauts qui se font pour renverser et abolir ceste saincte ordonnance, ne soyent cauteleuses machinations du diable, afin de diminuer le fruict singulier de fiance et consolation que le Seigneur nous a voulu donner par
sa promesse , et obscurcir d'autant la gloire de son nom : laquelle est d'autant plus exaltée, que les largesses de sa miséricorde sont amplement espandues sur les hommes. Car (juand le Père céleste visiblement nous testifie par le signe du Baptesme, que pour l'amour de nous il veut avoir esgard à nostre postérité , et estre Dieu de nos enfans, n'avons-nous point bonne matière de nous resjouir, à l'exemple de David, réputans que Dieu prend envers nous la personne d'un bon père de famille, estendant non-seulement sur nous sa providence, mais sur les nostres après nostre mort. En laquelle resjouissance Dieu est singulièrement glorifié. Voylà pourquoy Satan s'etforce de priver nos enfans de la communication du Baptesme : c'est afin que ceste testilication que le Seigneur a ordonnée pour nous confermer les grâces qu'il leur veut faire, estant effacée de devant nos yeux, petit à petit nous oubliions pareillement la promesse qu'il nous a donnée pour eux. Dont s'ensuyvroit non-seulement une ingratitude et mescognoissance de la miséricorde de Dieu envers nous, mais une négligence d'instruire nos enfans en crainte et discipline de sa Loy, et en la cognoissance de son Evangile. Car ce n'est pas petit aiguillon pour nous inciter à les nourrir en vraye piété et obéissance de Dieu, quand nous entendons que dés leur nativité le Seigneur les a receus entre son peuple , pour membres de son Eglise. Parquoy ne rejettans point la grande bénignité de nostre Seigneur, présentons-luy hardiment nos enfans, ausquels il a donné par sa promesse entrée en la compagnie de ceux qu'il advoue pour ses familiers et domestiques de sa maison, quiestl'Eelise chrestienne.