‹ Institution de la religion chrestienne (volume 2)Chapitre 3 sur 346 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la foy : où la définition d'icelle et les choses qui luy sont propres sont expliquées.

1 Mais toutes ces choses seront faciles à entendre, quand nous aurons mis une plus claire définition de la foy, pour bien monstrer aux lecteurs quelle est sa force et nature. Or il convient réduire en méj' moire ce que nous avons enseigné par ci-devant : c'est que Dieu en nous ordonnant parla Loy ce qui est de faire, si nous choppons le moins du monde, nous menace du jugement de la mort 'éternelle, et nous tient là enserrez, comme s'il devoit foudroyer sur nos testes. Derechef il est à noter, pource que nonseulement ce nous est chose difficile, mais surmontant toutes nos forces, et hors de nostre faculté, d'accomplir la Loy comme il est requis : si nous ne regardons qu'à nous et ne réputons que ce

i) Ephcs. 1,13.

3) 1 Jcaa ni, 24 ; IV, IS.

2) 2 The?s. II, lî.

4) Jean XIV, 17.

que nous avons mérité, et de quelle condition nous sommes dignes, qu'il ne nous reste une seule goutte d'espérance :

mais comme povres gens rejet tez de Dieu, sommes accablez en damnation.

Tiercement, nous avons déclairé qu'il n'y a qu'un seul moyen de nous délivrer d'une calamité si misérable, et nous en faire sortir : asçavoir quand Jésus-Christ apparoist Rédempteur, par- la main duquel le Père céleste ayant pitié de nous, selon sa miséricorde infinie nous a voulu secourir, voire si nous embrassons d'une ferme foy ceste miséricorde, et reposons en icelle d'une constance d'espoir pour y persévérer. Maintenant il reste de bien considérer quelle doit estre ceste foy, par laquelle tous ceux qui sont adoptez de

1) 2 Cor. 111,6-8.

2) Luc III, 16.

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