‹ Institution de la religion chrestienne (volume 2)Chapitre 333 sur 346 · LIVRE IV, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XX

charnel est Sacrement : duquel il n'estolt licite forclorre un Clireslien, s'ils ne veulent (lire (]ue les sacremens des Chrestiens convienent si mal, qu'ils ne puissent consister ensemble. H y a encores un autre inconvénient en leur (loctrine. Car ils . ;ilTcrinenl qu'au Sacrement est conférée la grâce du salnct Esprit : et ils confessent l'acte charnel fstre Sacrement, auquel toutestois ils nient que le salnct llsprit assiste'.

37 Et pour ne point tromper l'Eglise en une chose seulement, quelle multitude d'erreurs, de mensonges, de déceptions, de meschancelez ont-ils conjoincts à cest erreur? Tellement qu'on pourroit dire qu'en faisant du mariage un Sacrement, ils n'oiil fait autre chose que chercher une cacheite de toutes abominations.

Car quand ils ont eu une fois gaigné ce point, ils ont tiré par-devers eux la cognoissance des causes matrimoniales, d'autant que c'estoit chose sacrée, à laquelle ne devoyent loucher les juges laies. D'avantage, ils ont ordonné loix pour confermer leur tyrannie : mais lesquelles sont en partie meschantes contre Dieu, en partie injustes contre les hommes: comme sont celles qui s'ensuyvent, Que les mariages faits entre les jeunes personnes, qui sont sous la puissance de

leurs parens, sans le consentement de leurs dits parens, demeurent fermes et immuables. Qu'il ne soit licite de contracter mariages entre cousins et cousines, jusques au septième degré (car ce qui leur est le ([uatrlènie, selon la vraye intelligence du droict, est le seplit^-nie) et que ceux (|ui auront esté contractez, soyent cassez et rompus. Derechef, Ils forgent des degrez à leur poste, contre les loix de toutes nations, et l'ordonnance mesme de Moyse^ Qu'il ne soit pas licite à un homme qui aura répudié sa femme adultère, d'en prendre une autre. Que les parens spirituels, comme compères et commères, ne puissent contracter mariage ensemble. Qu'on ne célèbre nulles nopces depuis la Septuagésime jusques aux octavts de Pasques:

ne trois sepmaines devant la nativité de salnct Jehan (pour lesquelles mainienant ils prenent celles de la Pentecoste, et les deux précédentes) ne drpuis l'Advent jusques aux Rois : et autres semblables inhnies , lesquelles il seroit long df raconter. En somme , il faut escliapper de leur boue, en laquelle nous avons plus longuement arreslé que je ne voudroye : toutesfois je pense avoir proutiié quelque chose en descouvrant en partie la bestise de ces asnes.

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