‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 10 sur 335 · CV11J · texte numérisé non relu

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la mort éternelle. Les menaces monslrent la parfaite pureté qui est en Dieu : les Promesses, la grande amour qu'il a à justice, et une merveilleuse bénignité envers les hommes, liv. 2, chap. 8, sect. 4. De la Promesse que Dieu fait de continuer sa miséricorde en mille générations, liv. 2, chap. 8, sect. 21. Que les Promesses de la Loy, jà soit qu'elles soyent conditionnelles, n'ont pas toutesfois esté données en vain, liv. 2, chap. 7, sect. 4.

De la Providence de Dieu.

Que quand les Payens selon leur entendement naturel confessent que Dieu est créateur, c'est d'une autre sorte que nous, qui l'advouons tel par la foy. Car elle nous enseigne que luy-mesme aussi est le gouverneur de. toutes choses : et non pas d'un mouvement universel seulement, mais d'une Providence spéciale qui s'estend jusques aux petis oiselets, liv. 1, chap. 16, sect. \. Ceux qui attribuent quelque chose à fortune, ensevelissent la Providence de Dieu, par le conseil secret duquel tous événemens sont gouvernez, liv. 1, chap. 16, sect. 2. Que les choses qui n'ont point d'âme, combien que Dieu leur ait assigné à chacune sa propriété naturellement, ne peuvent toutesfois mettre en avant leur effect, sinon d'autant qu'elles sont présentement addressées par la main de Dieu : comme il est monstre par le soleil, avant lequel créer Dieu a voulu qu'il y eust clairlé au monde, et que la terre fust garnie de toutes sortes de biens, lequel aussi au commandement de Dieu s'est arresté en un degré l'espace de deux jours, et une autre fois s'est reculé de dix degrez, liv. 1, chap. 16, sect. 2. Item par les estoilles et signes du ciel, lesquels les infidèles craignent, liv. 4, chap. 16, sect. 3. Quand Dieu est dit Tout-puissant, c'est pour monstrer qu'il a une puissance qui besongne continuellement, tellement qu'elle conduit mesmes tous les mouvemens particuliers, et que rien n'advient, sinon ainsi qu'il a déterminé en son conseil ; ce que ceux qui ne recognoissent, despouillent Dieu de sa gloire,, et amoindrissent sa bonté. Nous

au contraire recueillons de là double fruit, liv. I, chap. 16, sect. 3. Il est prouvé que la Providence de Dieu ne contemple pas seulement les choses qui advienent, mais mesmes conduit tous les événemens. Dont est mis bas l'erreur de ceux qui imaginent en Dieu une prescience nue, ou une Providence seulement universelle : item l'erreur des Epicuriens, et de ceux qui n'attribuent à Dieu domination que sur le milieu- de l'air. Qu'on peut bien constituer une Providence universelle en Dieu, mais que ce pendant on n'obscurcisse point la spéciale, qui conduit tous actes particuliers, et non pas aucuns seulement, liv. 4, chap. 4 9, sect. 4, 5. Que Dieu ne gouverne pas seulement le principe du mouvement, il appert par la fertilité d'une année et la stérilité de l'autre : veu que le Seigneur nomme la première sa bénédiction, l'autre sa malédiction et vengence, liv. 1, chap. 16, sect. '5. Que la Providence de Dieu au gouvernement du monde doit estre principalement considérée à l'endroict du genre humain, et en la diversité des conditions qu'on voit entre les hommes, et en l'addresse des événemens divers, liv. l,chap. 16, sect. 6, 7. Contre ceux qui calomnient ceste doctrine de la Providence de Dieu, disans que c'est la fantasie des Stoïciens, que toutes choses advienent par nécessité, liv. 1, chap. 16, sect. 8. Asçavoirmon s'il advient quelque chose par cas fortuit ou d'adventure; et à ce propos la sentence de Basile, Que Fortune et Adventure sont mots de Payens. Item, que sainct Augustin se repent d'avoir usé du mot de Fortune. Item, que toutesfois on peut appeler choses fortuites, celles qui considérées en leur nature, ou estimées selon nostre cognoissance, semblent telles : jà soit qu'au conseil secret de Dieu elles soyent nécessaires. Item toutes choses à venir, entant qu'elles nous sont incertaines, liv. 1, chap. 16, sect. 8, 9. Quelles choses sont à considérer pour rapporter la doctrine de la Providence de Dieu à sa droicte tin, à ce que nous en recevions le fruit qu'il faut. Et que quand les causes des choses qui advienent ne'nous apparoissent point, il nous

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faut donner garde de penser que les affaires se démeinent par une impétuosité de fortune, ou de gronder contre Dieu, ains au contraire avoir en telle révérence ses jugemens secrets, que nous tenions sa volonté pour la cause trèsjuste de toutes choses, liv. 1, chap. 47, sect. \. A rencontre d'aucuns chiens qui abbayent aujourd'huy contre la doctrine de la Providence de Dieu, il est prouvé par l'Escrilure, que comme ainsi soit que Dieu ait tellement révélé sa volonté en la Loy et en l'Evangile, qu'il illumine de l'Esprit d'intelligence les entendemens des siens, pour comprendre les mystères qui sont là contenus, lesquels autrement sont incompréhensibles , la façon toutesfois qu'il tient à gouverner le monde, à bon droict est appelée un abysme profond, pource qu'il nous la faut adorer avec humilité quand les causes nous en sont cachées, liv. 4, chap. 17, sect. 2. Que telles gens profanes lempestent sans raison en alléguant que si ceste doctrine de la Providence de Dieu a lieu, les oraisons des lidèles quand ils demandent quelque chose à l'advenir, sont perverses : qu'il ne faut point prendre conseil des choses à venir : que ceux qui ont commis contre la Loy de Dieu n'ont point péché; lesquels dangers éviteront tous ceux qui viendront avec une vraye modestie considérer la Providence de Dieu, liv. 4, chap. 4 7, sect. 3, etc. Qu'en toutes choses desjà passées la volonté de Dieu est entrevenue: et que ceux qui ont commis quelques meschancetez, ne sont pas pourtant excusez, veu que leur propre conscience les rédargue, etqu'ils n'obéissent pas à la volonté de Dieu, mais à leur propre cupidité. Qu'il est bien vray qu'ils sontinstrumensde la Providence deDieu, mais en sorte qu'ils trouvent en eux tout le mal de l'œuvre, et en Dieu n'y a sinon un usage légitime de leur malice, liv. 4, chap. 17, sect. 2, et chap. 48, sect. 4. Où cela est monstre en l'élection du Roy Jéroboam quand les dix lignées se révoltèrent de la maison de David : Item en la desfaite des fils d'Achab, et en ce que le Fils de Dieu a esté livré à mort. Que quant aux choses à venir l'Escrilure accorde bien les délibérations des hommes

avec la Providence de Dieu : d'aulantque ses décrets éternels n'empescheïrt point que sous sa bonne volonté nous ne prouvoyions à nous, et mettions ordre à nos affaires, car l'industrie de prendre conseil et se garder a esté inspirée de Dieu aux hommes, afin que par icelle nous servions à sa Providence en conservant nostre vie, liv. 4, chap. 17, sect. 4. La manière de bien et sainctement méditer la Providence de Dieu selon la reigle de piété. Premièrement, qu'estans bien persuadez que rien n'advient par cas fortuit, nous regardions tousjoursà Dieu comme à la principale cause de tout ce qui se fait : en après, que nous ne doutions point que sa Providence veille d'un soin spécial pour nous, soit que nous ayons affaire aux hommes, tant bons que mauvais, soit aux autres créatures. Et à cest usage faut prendre les promesses deDieu qui nous en rendent tesmoignage, desquelles aucunes sont touchées, liv. 4, chap. 4 7, sect. 6. Il faut aussi adjouster les passages de l'Escrilure, qui enseignent que tous hommes sont en la puissance de Dieu, soit qu'il fale les encliner à nous aimer, ou réprimer leur malice; lequel dernier Dieu fait en diverses sortes, laquelle cognoissance en temps de prospérité nous incitera nécessairement à action de grâces, liv. 4, chap. 4 7, sect. 7. Et en adversité engendrera en nous patience et tranquillité d'esprit : soit que les hommes nous molestent (comme il est monstre par les exemples de Joseph affligé par ses frères, et de Job par les Chaldéens; item de David injurié par Séméi) soitque quelque autre affliction nous presse sans que les hommes s'en meslent, liv. 4, chap. 4 7, sect. 8. La contemplation de la Providence de Dieu n'empesche pas le fidèle de considérer aussi les causes inférieures: ainsi ayant receu plaisir de quelqu'un, il confessera et recognoistra de bon cœur estre tenu à luy : s'il a souffert dommage, ou porté à un autre par sa négligence ou imprudence, il s'imputera sa faute : et beaucoup moins excusera-il les actes meschans. Quant aux choses à venir, il aura esgard principalement aux causes inférieures, tellement toutesfois qu'en pre-

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liant conseil il ne suyvra pas son propre sens, ains se recommandera à la sagesse de Dieu : et ne s'appuyera pas tellement sur les moyens extérieurs, que sa fiance y repose quand il les a, ou qu'il perde courage quand ils défaudront, liv. 1, chap. 4 7, sect. 9. Une belle et ample description de la félicité inestimable du fidèle qui se repose en la Providence de Dieu : et de la misérable crainte, et destresse, de laquelle sans cela nous sommes enserrez, veu que l'infirmité de ce corps terrien nous rend sujets à tant de maladies : veu aussi que nostre vie et noslre salut est assiégé de tant de périls, en la maison, et dehors, sur mer et sur terre par les hommes et par les diables, liv. 4, chap. 17, sect. 10, 11. Que les passages de l'Escriture où il est dit que Dieu s'est repenty, ne répugnent point à la doctrine de la Providence de Dieu : veu que là comme aussi quand il est dit qu'il se courrouce l'Escriture s'abbaissant à nostre capacité, le descrit, non pas tel qu'il est en soy, mais tel que nous le sentons.

Item, ce qu'il a pardonné aux Ninivites lesquels il avoit menacez de destruire dedans quarante jours : et prolongé de plusieurs années la vie à Ezéchias, auquel il avoit dénoncé la mort présente : pource que telles menaces , combien qu'elles soyent simplement couchées, contienent toutesfois une condition tacite ; ce qui est monstre par un semblable exemple, quand Dieu menace le Roy Abimélech à cause de la femme d'Abraham, liv. 1 , chap. 1 7, sect. 12, 4 3, 4 4. Contre ceux qui voulans estre estimez modestes , attentent de maintenir la justice de Dieu par fausses excuses, alléguans que ce que Satan et tous les iniques font, advient seulement par la permission de Dieu, et n'est pas conduit par sa Providence et volonté. Et est monstre par l'affliction de Job, la tromperie faite à Achab, la mort deChrist, l'inceste dAbsalom, et autres plusieurs exemples, que les hommes ne font rien que Dieu n'ait desjà déterminé en soymesme, et qu'il ne conduise par une addresse secrette, liv. 4, chap. 48, sect. 4. Et que cela a lieu non-seulement quant aux actions externes, mais aussi quant aux affections etmouvemens secrets. Car

il est monstre par l'endurcissement de Pharaon, et autres tesmoignagesqueDieu œuvre es esprits et es cœurs des iniques mesmes. Et à cela n'est point contraire, ce que souvent l'opération du diable entrevient là : car Dieu ne laisse pas néantmoinsd'ybesongner, mais d'une manière qui luy est propre, asçavoir en exerçant sa juste vengence, liv. 4 , chap. 18, sect. 2. Et par ainsi que Dieu n'est point autheur des maléfices, liv. 1 , chap. 18, sect. L. Il est monstre que ceux qui, sous couleur de modestie, rejettent ceste doctrine, sont gens pleins d'un orgueil insupportable.

Et est réfutée une objection qu'ils font, que s'il n'advient rien que par le vouloir de Dieu, il y aura deux volontez contraires en luy, entant qu'il décerneroit en son conseil estroit les choses qu'il a manifestement défendues par sa Loy, où est monstre que Dieu ne répugne point à soymesme, que sa volonté n'est point muable, qu'il ne fait point semblant de vouloir ce qu'il ne veut pas : mais que sa volonté, laquelle est une et simple en soy nous semble diverse, pource que selon la déhilité de nostre sens nous ne comprenons pas comment il veut et ne veut point en diverses manières qu'une chose se face, finalement est touché après sainct Augustin, que l'homme veut quelquesfois d'une bonne volonté ce que Dieu ne veut pas, et qu'il veut d'une mauvaise volonté ce que Dieu veut d'une bonne, liv. 4, chap. 4 8, sect. 3. La considération de la puissance de Dieu au gouvernement du ciel et de la terre, et de chacune partie d'iceux, liv. 4, chap. 5, sect. 5. Que Dieu par sa Providence gouverne tellement la société humaine, qu'il se monstre libéral, miséricordieux, juste et sévère, liv. 4, chap. 5, sect. 6. Que ce qu'on estime estre cas fortuits en la vie humaine, sont autant de tesmoignages delà Providence céleste, liv. 4, chap. 5, sect. 7. Et nous doyvent resveiller à l'espérance de la vie à venir, liv. 4, chap. 5, sect. 9. Comment le Seigneur besongne es cœurs des siens, et Satan es cœurs des iniques, tellement toutesfois que cela ne les excuse pas, liv. 2, chap. 4, sect. 4. Que Dieu aussi besongne es iniques, voire en unemesme œuvre que Satan, et que toutesfois ce

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n'est pas à dire que Dieu soit autheur de péché, ou que Satan avec les iniques soit à excuser : mais qu'il faut distinguer l'un de l'autre tant en la tin qu'en la manière d'opérer, liv. 2, chap. 4, sect. 2, 5. Que les anciens docteurs quelquesfois ont rapporté (elles choses non pas à l'opération de Dieu, mais à sa prescience et permission, de peur que les malins ne prinssent de là occasion de parler irrévéremment des œuvres de Dieu. Que toutesfois l'Escriture en disant que Dieu endurcit, aveugle, etc., dénote hien quelque chose d'avantage qu'une permission, combien que Dieu besongne en deux sortes es malins, asçavoir en les abandonnant et retirant son Esprit d'eux :

item, en les livrant à Satan comme ministres de l'ire de Dieu, liv. 2, chap. 4, sect. 3, 4. Que le ministère de Satan entrevient à inciter les mauvais, quand Dieu par sa Providence les veut fleschir çà et là, liv. 2, chap. 4, sect. 5.

Du Purgatoire.

Qu'il ne faut pas se feindre de résister à la doctrine du Purgatoire, veu que c'est, une invention mortelle de Satan, pour anéantir la croix de Christ, liv. 3, chap. 5, sect. 6. L'exposition de certains passages de l'Escriture lesquels les Papistes destournent faussement potir confermer leur Purgatoire, liv. 3, chap. 5, sect. 7, 8, 9. Response à ce que les Papistes objectent, que c'a esté une observation bien ancienne en l'Eglise, de faire prières pour les trespassez : où il est monstre que les anciens l'ont fait par une imitation mal reiglée, craignans que les Chrestiens ne fussent estimez pires que Payens, s'ils ne faisoyent point de service aux trespassez. Et que ce pendant toutesfois il y a grande différence entre ceste cheute et faute qui est advenue aux anciens, et l'erreur des Papistes conjoinct avec opiniastreté et rébellion, liv. 3, .chap. 5, sect. 40.

De ta Raison qui est en Vhomme.

Que l'entendement de l'homme n'est pas tellement aveuglé, qu'il ne luy reste

aucune cognoissance en chose du monde : mais que c'est desjà une eslincelle de clairté, de ce qu'il a quelque désir de s'enquérir de la vérité. Et toutesfois que ce désir deschet incontinent en vanité : pource que l'esprit humain est si hébété et débilité, qu'il ne peut tenir le droict chemin à chercher la vérité : et puis le plus souvent il ne sçait discerner à quelle chose il se doit appliquer, et en chercher la vraye cognoissance, liv. 2, chap. 2, sect. 12. II est monstre par exemples, que l'esprit de l'homme a une vivacité quant aux choses terriennes comme quant à la police et administration des Républiques : item, quant à gouverner un mesnage particulier; car il n'y a celuy qui n'entende qu'il faut que les assemblées du genre humain soyent reiglées par quelques loix, et qui n'ait quelques principes d'icelles loix eu son entendement, liv. 2, chap. 2, sect. 13. Item, quant aux arts tant méehaniques que libéraux : pour lesquels apprendre, voire mesmes augmenter et polir, l'homme a quelque dextérité, combien que les uns y soyent plus propres que les autres. Et que toutesfois la lumière de Raison et intelligence est tellement un bien universel en tous hommes, qu'un chacun pour soy en son intelligence doit recognoistre une grâce spéciale de Dieu; ce que Dieu nous monstre en créant aucuns fols et stupides : item, en faisant que les uns sont plus subtils, les autres ont meilleur jugement, les autres ont l'esprit plus agile à inventer ou apprendre quelque art.

Item, en inspirant des mouvements singuliers à chacun non-seulement selon sa vocation, mais aussi selon que le temps, ou quelque affaire présent le requiert, liv. 2, chap. 2, sect. 14, 17. L'invention des arts, la manière de les enseigner par bon ordre, la cognoissance singulière et excellente d'iceux, qu'on voit reluire es anciens Jurisconsultes, Philosophes, et Médecins (qui estoyent povres Payens) nous admonestent que l'esprit de l'homme, quoy qu'il soit deseheut de son intégrité, ne laisse point toutesfois d'estre encores orné de dons de Dieu bien excellens, liv. 2, chap. 2, sect. 15. Que telles choses sont dons de l'Esprit de Dieu,

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lesquels il distribue à quibonluy semble (voire mesmes aux iniques) pour le bien commun du genre humain, et que pourtant il nous en faut user, encores que le Seigneur nous les communique par le moyen des infidèles, ausquels ils sont choses frivoles et de nulle importance, pource qu'ils n'ont point de ferme fondement de vérité, liv. 2, chap. 2, sect. 16. Que la Raison de l'homme ne peut rien veoir en ce qui concerne le Royaume de Dieu et es choses célestes : ce qui gist en trois points, asçavoir de cognoistre Dieu, sa faveur paternelle envers nous, et comment il nous faut reigler nostre vie selon la reigle de la Loy; cela est démonstré aux deux premiers points, liv. 2, chap. 2, sect. 18. Et à ce propos sont alléguez plusieurs tesmoignages de l'Escriture, liv. 2, chap. 2, sect. 19, 20, 21. Quant au troisième, il semble bien que l'esprit de l'homme a quelque subtilité d'avantage qu'aux deux premiers, veu que par la loy de nature l'homme est instruit à la droicte reigle de bien vivre : mais une telle cognoissance est imparfaite, et ne sert autre chose à l'endroict des incrédules, sinon de les rendre inexcusables, et ne peuvent par ceste lumière naturelle cognoistre la vérité en chacun point. L'exposition de ce qu'a dit Thémistius que l'entendement de l'homme ne s'abuse guères en considération générale, mais qu'il se trompe en considérant particulièrement ce qui concerne sa personne. Item, est monstre que le jugement universel que l'homme a à discerner le bien et le mal, n'est pas du tout sain et entier, car il ne cognoist nullement ce qui est le principal en la première Table, comme de mettre nostre fiance en Dieu, etc.; quant à la seconde Table, combien qu'il y ait un peu plus d'intelligence, encores y défaut-il bien aucunesfois comme quand il trouve absurde d'endurer une supériorité trop dure, et de ne se venger point, et quand en toute la Loy de Dieu il ne cognoist point le mal de concupiscence qu'il a en soy, liv. 2, chap. 2, sect. 22, 23, 24. Il est prouvé par l'Escriture, que toute la subtilité de nostre entendement est infirme pour nous conduire en toutes les parties

de nostre vie : et que la grâce d'illumination est nécessaire à nos entendemens non pas pour le commencement seulement, ou pour un jour, mais à chascune minute, liv. 2, chap. 2, sect. 25. Voyez le reste sous le mot de Franc arbitre.

Du Rédempteur qui est Christ.

Que ce nous seroit une chose inutile de cognoistre Dieu créateur si la foy n'estoit conjoincte pour nous le proposer Père et Rédempteur en Christ : et que ceste doctrine depuis le commencement du monde a eu lieu en tous aages entre les enfans de Dieu, liv. 2, chap. 9, sect. 1 . Il est prouvé par divers argumenset tesmoignages de l'Escriture, que la félicité que Dieu a promise de tous temps à son Eglise, a esté fondée en la personne de Jésus-Christ. Car la première adoption du peuple et la conservation de l'Eglise, et la délivrance d'icelle es dangers où elle a esté, et la restauration après qu'elle avoit esté dissipée, dépendoyent tousjours de la grâce du Médiateur, et l'espoir de tous les fidèles n'a jamais reposé ailleurs qu'en Jésus- Christ, liv. 2, chap. 6, sect. 2, 3, h. Qu'il faut diligemment considérer comment Christ s'est acquitté de l'office de Rédempteur, afin que nous trouvions enluy toutes les choses qui nous sont nécessaires, veu que (comme dit sainct Rernard) il nous est clairté, viande, huile, sel, etc., liv. 2, chap. 16, sect. 1. Il est déduit comment s'accorde de dire que Dieu nous a esté ennemy, jusques à ce qu'il nous ait esté réconcilié par Jésus- Christ, veu que de nous donner Christ, et nous prévenir par miséricorde, estoyent desjà signes d'une amour qu'il avoit envers nous; et est monstre que l'Escriture use de ceste manière de parler, et autres semblables, s'accomodant à nostre sens : et que toutesfois ce n'est pas autrement qu'en vérité qu'elle parle ainsi : le tout est prouvé par l'Escriture et par sainct Augustin, liv. 2, chap. 16, sect. 2,3.

De la Régénération.

Contre aucuns Anabaptistes qui, au lieu de la régénération spirituelle des fidèles,

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