‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 12 sur 335 · CX1V · texte numérisé non relu

CX1V

sacrez et dédiez à Dieu. Et que pourtant il nous convient renoncer à nous-mesœes, et à nostre raison (laquelle seule les Philosophes veulent que nous suyvions) afin d'estre gouvernez par la Parole de Dieu et son sainct Esprit, liv. 3, chap. 7, sect. 1. Item, qu'il ne nous faut pas chercher les choses qui nous agréent, ains celles qui sont plaisantes à Dieu, et servent à exalter sa gloire. Et c'est ce que nous nommons le Renoncement de nous-mesmes : qui est un point sans lequel il y a un monde de vices caché en l'âme de l'homme: et s'il y a quelque apparence de vertu , elle est corrompue par une meschante cupidité de gloire , liv. 3, chap. 7, sect. 2. Le Renoncement de nous-mesmes, ou la mortification regarde en partie les hommes, en partie (et principalement) Dieu. L'Escriture, pour nous enseigner de nostre devoir envers nos prochains , nous commande deux choses : asçavoir que nous leur portions honneur, et que nous nous employions sans feintise à procurer leur prouflt; quant au premier, il est monstre comment nous nous en pourrons acquitter, liv. 3, chap. 7, sect. 4. Du second aussi il est déclairé comment l'Escriture nous y meine comme par la main, sect. 5. Voyez aussi à ce propos, livre 3, chap. 20, sect. 43.

De la Résurrection de Christ.

Que tout ce que nous croyons de la croix, mort et sépulture de Christ, seroit imparfait sans sa Résurrection : que nous en recevons proulit en trois sortes : c'est qu'elle nous a acquis justice devant Dieu , et nous est un gage de la Résurrection à venir, et que par icelle nous sommes dés maintenant régénérez en nouveauté de vie , liv. 2 , chap. 1 6 , sect. 13. Exposition de l'histoire de la Résurrection de Christ, liv. 3, chap. 25, sect. 3.

De la Résurrection dernière.

Que les fidèles ont sur tout besoin d'espérance et patience, afin de ne perdre courage en la course de leur vocation, et que pourtant cestuy-là à bon escient proufite en l'Evangile, qui s'est accoustumé à méditer continuellement la

résurrection bien-heureuse, liv. 3, chap„ 25, sect. 1 , 2. L'article de la Résurrection dernière contient une doctrine de grand poids, et difficile à croire. Et afin que la foy puisse surmonter la difficulté qui y est, l'Escriture nous donne deux aides : l'une est en la similitude de Jésus- Christ, l'autre en la puissance infinie de Dieu, liv. 3, chàp. 25, sect. 3, 4. Réfutation de l'erreur des Saduciens qui nioyent la Résurrection, et des Chiliastes qui restreignoyent au terme de mille ans la durée du règne de Christ, liv. 3, chap. 25, sect. 5. Item, de ceux qifi imaginent que les âmes au dernier jour ne reprendront pas les mesmes corps desquels elles sont maintenant reveslues, mais en auront d'autres, liv. 3, chap. 25, sect. 7, 8. De la manière comment se fera la Résurrection dernière, liv. 3, chap. 25, sect. 8. A quel tiltre la Résurrection dernière, qui est un singulier bénéfice de Jésus-Christ, est commune aux iniques qui sont maudits de Dieu, liv. 3, chap. 25, sect. 9.

Du Sabbath, ou jour du repos.

L'exposition du quatrième commandement, la fin d'iceluy et les trois causes qu'il contient, liv. 2, chap. 8 , sect. 28. Il est prouvé par divers passages de l'Escriture, que la première cause, c'est asçavoir la figure du repos spirituel (c'est-à-dire de nostre sanctification) a eu le principal lieu en ce commandement, liv. 2, chap. 8, sect. 26. Pourquoy c'est que le Seigneur y a assigné le septième jour, liv. 2, chap. 8, sect. 30, 31. Et que ceste partie d'autant qu'elle estoit cérémoniale a esté abolie par la venue de Christ, au mesme lieu. Les deux autres causes convienent également à tous siècles : c'est asçavoir qu'il y a certains jours assignez pour faire les assemblées ecclésiastiques, et qu'on donne quelque relasche aux serviteurs, liv. 2, chap. 8, sect. 32. Des jours pour faire les assemblées ecclésiastiques à ouyr la Parole de Dieu , et faire les prières publiques où aussi il est parlé de l'observation du jour de Dimanche, liv. 2,

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cbap. 8, secl. 32, 33. Et qu'il se faut donner garde de superstition en cesl endroiet, liv. 2, chap. 8, sect. 34.

Des Sacremens.

Que c'est que Sacrement, liv. 4, chap.

4 4, sect. 4. Pour quelle raison les anciens ont usé de ce mot en telle signification, liv. 4, chap. 14, sect. 2,13. Qu'il n'y a jamais de Sacrement sans quelque promesse précédente , laquelle le Seigneur seelle par ce moyen , remédiant à nostre ignorance et tardiveté, et puis aussi à nostre infirmité, liv. 4, chap. 14, sect. 3, 5, 6, 12. Que le Sacrement consiste en la parole et au signe extérieur: mais qu'il faut autrement prendre ce mot , Paroles sacramentales : que ne font les Papistes, liv. 4, chap. 14, sect. 4. Que les Sacremens ne laissent point d'estre tesmoignages de la grâce de Dieu, pour tant que les mauvais aussi les reçoyvent, qui en acquièrent tousjours plus griefve condamnation, liv. 4, chap. 14, sect. 7. Que les Sacremens servent tellement à confermer nostre foy , que toutesfois cela procède de l'efficace intérieure du sainct Esprit, liv. 4, chap. 14, sect. 9, 10, 11. Et qu'on ne met point la vertu es créatures, liv. 4, chap. 14, sect. 42. Réiutalion de la doctrine diabolique des escholes de Sorbonne, Que les Sacremens de la nouvelle Loy justifient et confèrent grâce, si nous n'y mettons empeschementde péché mortel, liv. 4, chap. 14, sect. 14. La bonne distinction que sainct Augustin fait entre Sacrement et la chose du sacrement : par laquelle distinction il est monstre que combien que Dieu es sacremens présente vrayement Christ, les iniques toutesfois ne reçoyvent rien que le sacrement, c'est-à-dire le signe externe, liv. 4, chap. 14, sect. 15, 16. Qu'il ne faut pas penser qu'il y ait quelque vertu secrète annexée et attachée aux Sacremens, tellement qu'ils nous confèrent d'eux-mesmes les grâces du sainct Esprit, liv. 4, chap. 14, sect. 17. Le Seigneur anciennement a présenté aux siens des Sacremens aucunesfois en miracles, et d'autres fois en choses naturelles, où il est parlé de l'arbre de vie, et de l'arc du ciel, liv. 4, chap. 14, sect. 18. Comme

de la part de Dieu les Sacremens nous sont tesmoignages de grâce et de salut : aussi de nostre costé ce sont enseignes de nostre profession, liv. 4, chap. 14, sect. 19. Que les Sacremens de l'Eglise ancienne sous la Loy ont eu le mesme but que les nostres aujourd'huy, asçavoir Christ, lequel toutesfois les nostres présentent plus clairement . Par ainsi ce que les Docteurs de Peschole disent que ceux-là n'ont que figuré en l'air la grâce de Dieu, et les nostres la donnent présentement, est une doctrine du tout à rejetler, liv. 4, chap. 14, sect. 20-, 21, 22, 23. L'exposition de certains passages de l'Escriture, et aussi des anciens docteurs, par lesquels il pourroit sembler qu'autrement fust, liv. 4, chap. 14, sect. 24, 25, 26.

Des cinq autres cérémonies faussement appelées Sacremens.

Quand parlans de ces cinq cérémonies inventées par les hommes, nous nions que ce soyent Sacremens, nous ne débatons pas du mot, mais de la chose : pource que les Papistes veulent que ce soyent figures visibles de la grâce de Dieu invisible, liv. 4, chap. 19, sect. 1. Il est monstre par plusieurs raisons pourquoy c'est qu'il n'est pas permis aux nommes de faire des Sacremens.

Item , qu'il faut distinguer entre les Sacremens et les autres cérémonies, liv. 4, chap. 19, sect. 2. Qu'on ne peut prouver par authorité de l'Eglise ancienne, qu'il y ait sept Sacremens, liv. 4, chap. 19, sect. 3. Combien que l'Eglise ancienne sous la Loy ait eu des Sacremens en plus grand nombre qu'aujourd'huy, toutesfois l'Eglise chrestienne se doit contenter des deux qui sont ordonnez par Christ, et qu'il n'est pas permis aux hommes d'en faire d'autres ou d'adjouster quelque chose à ceux-ci, liv. 4, chap. 1 8, sect. 20.

De la Sacrificatiire de Christ , de son Règne, et de l'office de Prophète.

Que pour sçavoir à quelle fin Christ nous a esté envoyé du Père, et que c'est qu'il nous a apporté, il faut considérer trois choses principalement en luy, l'office de Prophète, son Règne et sa Sacrifi-

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cature : et qu'à ces trois offices s'estend le nom de Christ ou Oinct, qui luy est atlribué : combien qu'il a esté ainsi nommé spécialement pour le regard du Règne. Il est prouvé que combien que Dieu ait tousjours donné des Prophètes et Docteurs à son Eglise, néantmoins tous fidèles ont attendu la plene lumière d'intelligence à la venue du Messias : item, qu'il l'a oinct Prophète pour tout le corps de l'Eglise, afin que la prédication y soit ordinaire, liv. 2, chap. 45, sect. 4, 2. Quant au Règne, qu'il faut premièrement noter que la nature d'iceluy est spirituelle: dont on peut recueillir l'éternité d'iceluy, laquelle il faut considérer en deux sortes. La première s'estend à tout le corps de l'Eglise, l'autre est spéciale à chacun membre : déclaration de l'une et l'autre par tesmoignage de l'Escriture, liv. 2, chap. 4 5, sect. 3. Il est déduit que nous ne pouvons autrement comprendre l'utilité du Règne de Christ, qu'en le cognoissant estre spirituel ; et qu'icelle consiste en deux points : c'est asçavoir qu'il nous enrichit de tous biens nécessaires pour le salut éternel de nos âmes: en après, qu'il nous donne force et vertu à l'encontre du diable et de tous ses assauts, par ainsi que Christ règne plustost pour nous que pour soy-mesme, et que pourtant non sans cause nous sommes nommez Chrestiens. Au reste que ceste sentence de sainct Paul, que Christ au dernier jour rendra le royaume à Dieu son Père, et autres semblables, ne déroguent rien à l'éternité du règne de Christ, liv. 2 , ebap. 45, sect. 4, 5. De la Sacrilicature de Christ : où il est monstre que pour en sentir l'efficace et le proufit, il faut commencer par sa mort. Que de là s'ensuyt qu'il est intercesseur à jamais : et qu'à sa requeste et en faveur de luy nous sommes agréables à Dieu: dont s'ensuyt aux fidèles asseurance certaine à prier Dieu, et tranquillité paisible de conscience. Finalement, qu'il est tellement Sacrificateur, qu'il nous fait ses compagnons en tel honneur, à ce que les sacrifices de prières et de louange procédans de nous soyent agréables à Dieu, liv. 2, chap. 45, sect. 6.

Des Sacrifices.

La différence entre les Sacrifices de Moyse et la Cène du Seigneur en l'Eglise chrestienne, liv. 4, chap. 4 8, sect. 42. Que c'est que signifie proprement le mot de Sacrifice : et des diverses espèces de Sacrifices sous la Loy, lesquelles peuvent estre rapportées à deux : c'est que les uns soyeni nommez Sacrifices d'action de grâces, les autres Propitiatoires ou d'Expiation, liv. 4, chap. 4 8, sect. 4 3. Nous n'avons qu'un Sacrifice propitiatoire, asçavoir la mort de Christ, mais bien plusieurs d'actions de grâces, asçavoir toutes œuvres de charité, prières, louanges, et tout ce que nous faisons appartenant au service de Dieu, liv. 4, chap. 4 8, sect. 4 3, 4 6, 47. Et ceste manière de Sacrifice a journellement lieu en l'Eglise, et en la Cène du Seigneur : et de là tous Chrestiens sont Sacrificateurs, au mesme lieu.

De la saincle Escriture, de la Parole de Dieu, et de l'authorité d'icelle.

Que les hommes ne recognoissent pas bien Dieu pour créateur, et ne sçavent pas par la considération des choses créées le discerner d'avec les faux dieux jusques à ce qu'ils soyent esclairez par la Parole, et que Dieu a tenu cest ordre à enseigner les siens, non-seulement depuis qu'il a esleu les Juifs pour son peuple, mais aussi dés le commencement du monde envers Adam, Noé, et les autres Pères, liv. 4 , chap. 6, sect. 4 . Que les Pères ont eu la Parole ou par oracles et visions, ou parle ministère d'autres hommes laquelle ils ont esté bien asseurez estre Parole de Dieu, par laquelle ils ont cognu le vray Dieu créateur et gouverneur de toutes choses : laquelle puis après luy-mesme a voulu estre enregistrée en la Loy et es Prophètes pour tous siècles, liv. 4 , chap. 6, sect. 2, 3. Où aussi il est monstre qu'à Ce que nous ne concevions une cognoissance de Dieu vaine, il est besoin d'adjouster à la contemplation des choses créées la doctrine de la Parole. De ceux qui disent que l'authorité de l'Escriture dépend du jugement de l'Eglise, et comment nostre cas iroit bien mal si ainsi estoit, liv. 4, chap. 7, sect. 4. Que cest

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