‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 16 sur 335 · CX XIV · texte numérisé non relu

CX XIV

esté au monde à faire des Vœus, liv. 3, chap. 13, sect. 1, 7.

De la Volonté de l'homme.

Asçavoir-mon si laVolonté de l'homme est en tout et par tout vicieuse et corrompue, tellement qu'elle n'engendre que mal, ou si elle a encores quelque liberté. À ce propos est exposé un mot commun prins des philosophes anciens, Que toutes choses naturellement appètent le bien :

et est monstre que de là ne se peut prouver que laVolonté de l'homme soit en liberté, liv. 2, chap. 2, sect. 26. Que la faculté de l'âme est non-seulement nulle, mais du tout imbécille pour aspirer au bien volontairement. Et que si tout l'homme est détenu en la servitude de péché, il est nécessaire que la Volonté soit estreinte et enserrée *de liens trèsfermes, ce qui est prouvé par tesmoignages de l'Escriture et de sainct Augustin, liv. 2, chap. 2, sect. 27. Il est prouvé par sainct Augustin et sainct Bernard, que l'homme par sa cheute n'a pas perdu sa Volonté, mais saine Volonté, en sorte qu'elle ne se peut aucunement remuer à bien, tant s'en faut qu'elle s'y applique, mais nécessairement est tirée ou menée à mal, combien que ce ne soit pas par contrainte, ains volontairement; item, est bien au long monstrée la différence entre Contrainte et Nécessité, liv. 2, chap. 3, sect. 5 . Veu que c'estle Seigneur qui commence et parfait le bien en nos cœurs, veu qu'il besongne en nous le vouloir (c'està-dire la bonne Volonté) veu qu'il crée un cœur nouveau, veu qu'il oste le cœur de pierre et donne un cœur de chair : il s'ensuyt bien que la Volonté de l'homme est du tout corrompue et n'a rien de bien, liv. 2, chap. 3, sect. 6. Il est prouvé par raison et divers tesmoignages de

l'Escriture, que Dieu œuvre la bonne Volonté es siens, non-seulement en les préparant ou convertissant pour le commencement (en sorte que puis après d'ellemesme elle face quelque bien) mais pource que c'est de luy seul et de sa grâce que la Volonté est incitée à aimer le bien, inclinée à le désirer, et esmeue à le chercher et s'y adonner : d'avantage, que ceste amour, désir, et effort ne défaillent point, mais durent jusques à leur effect : finalement, que l'homme poursuyt le bien er, y persévère jusques à la fin, liv. 2, chap. 3, secl. 7, 8, 9. Et pourtant, que ce qu'on a imaginé et enseigné par longues années est faux, asçavoir que Dieu esmeut tellement nostre Volonté , qu'il est après en nostre élection d'obtempérer à son mouvement ou résister : item, telles autres sentences ce qui est prouvé par authorité de l'Escriture et de sainct Augustin, liv. 2, chap. 3, sect. 10, 41, 12, 4 3, 14. Quemesmes es actions lesquelles de soy nesonl ne bonnes nemauvaises, etappartienent plustost à la vie terrienne que spirituelle, la Volonté de l'homme n'est pas libre, mais que par un mouvement spécial de Dieu les hommes sont inclinez à douceur, miséricorde, courroux, frayeur, et autres affections diverses, toutes fois et quantes qu'il veut donner voye à sa providence, comme il est monstre par l'Escriture, par l'expérience qu'on en voit journellement, et par tesmoignages de sainct Augustin, liv. 2, chap. 4, sect. 6, 7.

De la Volonté de Dieu.

De la Volonté de Dieu secrette et cachée, item, d'une autre qui nous appelle à une obéissance volontaire, liv. 3, chap. 20, sect. 43; chap. 24, sect. 17.

AUGUSTIN MARL0RAT,

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