‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 261 sur 335 · LIVRE II, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIII

payement n'en estoit point fait. Pour laquelle cause l'Apostre dit que la rédemption des offenses a esté faite par la mort de Christ, lesquelles demeuroyent sous l'ancien Testament, et n'estoyent point abolies !. C'est donc à bon droict que sainct Paul appelle les cérémonies, des cédulles contraires à ceux qui en usoyent, veu que par icelles ils testilioyent et signoyent leur condamnation. A cela ne contrevient rien que les anciens Pères ont esté parlicipans d'une mesme grâce avec nous : car ils ont obtenu cela par Christ, non point par les cérémonies, lesquelles sainct Paul en ce passage sépare de Christ, d'autant qu'elles obscureissoyent lors sa gloire, après que l'Evangile avoit esté révélé.

Nous avons que les cérémonies, si elles sont considérées en elles-mesmes, sont à

bonnes raisons nommées cédulles contraires au salut des hommes, veu que ce sont comme instrumens authentiques pour obliger les consciences à confesser leurs dettes. Pourtant veu que les séducteurs vouloyent astreindre l'Eglise chrestienne à les observer, sainct Paul à bon droict regardant l'origine première, admoneste les Colossiens en quel danger ils trébuscheroyent, s'ils se laissoyent subjuguer en telle sorte. Car par un mesme moyen la grâce de Christ leur estoit ravie : d'autant que par la purgation qu'il a faite en sa mort, pour une fois il a aboli toutes ces observations externes, par lesquelles les hommes se confessoyent redevables à Dieu, et n'estoyent point acquittez de leurs dettes.

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