‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 274 sur 335 · LE QUATRIÈME COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME COMMANDEMENT

Qu'il te souriene de sanctifier le jour du repos. Tu besongneras six jours, et feras toutes tes œuvres. Le septième est le repos du Seigneur ton Dieu.

Tu ne feras aucune tienne œuvre, ne

■ tôt/, no ton fils , ne ta fille, ne ton serviteur, ne ta chambrière, ne ton bestial, ne l'estranger qui est entre tes portes. Car en six jours, etc.

La fin du précepte est, qu'estans mon s à nos propres affections et œuvres, nous méditions le royaume de Dieu : et qu'à ceste méditation nous nous exercions par les moyens qu'il a ordonnez; rnéantmoins pource qu'il a une considération particulière et distincte des autres, il requiert une exposition un peu diverse. Les anciens Docteurs ont coustume de le nommer Ombrai ile, pource qu'il contient observaiion exlerne du jour, laquelle a esté abolie à l'advénemenl de Chtist, comme les autres figure.-, ce qui est bien véritable : mais ils ne touchent la chose qu'à demi. Pourtant il faut prendre l'exposition de plus haut, et considérer trois causes, lesquelles soni contenues sous ce commandement. Car le Législateur céleste, sous le repos du septième jour, a voulu figurer au peuple d'Israël le repos spirituel : c'est que les fidèles se doyvent reposer de leurs propres œuvres, afin de laisser besongner Dieu en eux. Secondement, il a voulu qu'il y eust un jour arresté, auquel ils conveinssent pour ouyr la Loy, et user de ses cérémonies ; au moins lequel ils dédiassent spécialement à considérer ses œuvres : afin d'esire incitez par cela à le mieux honorer. Tiercement, il a voulu donner un jour de repos aux serviteurs et gens de travail, qui sont sous la puissance d'autruy : afin d'avoir quelque relasche de leur labeur.

29 Toutesfois il nous est monstre en plusieurs passages, que ceste figure du repos spirituel a eu le principal lieu en ce précepte. Car Dieu n'a jamais requis plus estroitement l'obéissance d'aucun précepte, que de cestuy-ci. Quand il veut dénoter en ses Prophètes toute la religion estre destruite, il se complaind que

son Sabbalh a esté pollué et violé, ou qu'il n'a pas esté bien gardé ne sanctifié : comme si en délaissant ce point, il ne restoii plus rien en quoy il peust estre honoré. D'autre part, il magnifie grandement l'observation d'iceluy : pour laquelle cause les fidèles estimoyeni par-dessus tout, le bien qu'il leur avoit lait en leur révélant le Sabbalh1. Car ainsi parlent les Lévites en Néhémiah : Tu as monstre à nos Pères ton sainct Sabbalh, tes commandemens et cérémonies, et leur as donné la Loy par la main de filoyse2.

Nous voyons comment ils l'ont en singulière estime par-dessus tous les autres préceptes : ce qui nous peut monstrerla dignité et excellence du Sabbalh, laquelle est aussi clairt ment exposée par Aioyse et Ezéchiel. Car nous lisons ainsi en Exode, Observez mon Sabbalh : pource que c'est un signe entre moy et vous en toutes vos générations, pour vous donner à coguoisire que je suis le Dieu qui vous sanctifie; gardez donc mon Sabbatb: car il vous (.oit estre sainct. Que les enfans d'Israël le gardent et le célèbrent en leurs aages : car c'est une alliance perpétuels, et un signe à toute éternité3. Cela est encore plus amplement dit d'Ezéchiel : loutesfois la somme de ses paroles revi . nt la, que c'estoil un signe dont Israël devoit coguoisire que Dieu est sanctilicalèur*. Or si nostre sanctilicat.on consiste au renoncement de nostre propre volonté, de là desjà apparoist la similitude entre le signe exlerne et la chose intérieure. Il nous faut du tout reposer, afin que Dieu beson^neen nous:

il nous faut céder de nostre volonté, résigner nostre cœur, renoncer et quitter toutes les cupidilez de nostre chair:

brief, il nous faut cesser de tout ce qui procède de nostre entendement, afin qu'ayans Dieu be ongnani en nous, nous acquiescions en luy : comme aus. i PApostre nous enseigne3.

30 Cela estoil représenté en Israël par le repos du septième jour. Et afin qu'il y eust plus grande religion ù ce taire,

1) Nornb. XV, 35; Eiéch. XX, 12; XXII, 8; XXIII, Jér. XVII, 21, 22, 27 ; ls. LVI, 2.

S) N-h. IX, 14. 3) Ex. XXXI, 13; XXXV, .

4) Eiech. XX, lî. 5) Heb. III, .3 ; IV, 9.

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