LIVRE II, CHAPITRE VIII
stituer au Sabbath, sans quelque considération. Car puis que la (in el accomplissement de ce vray repos, qui esloil figuré par l'ancien Sabbat!), est accompli en la résurrection de nostre Seigneur, les Chrestiens sont admonestez par ce mesme jour qui a apporté lin aux ombres, de ne s'arrester point à la cérémonie qui n'estoit qu'ombre. Je ne m'arreste point au nombre Septième, pour assujeiir l'Eglise en quelque servitude : car je ne condamneroye point les Eglises qui auroyent d'autres jours solennels pour s'assembler, moyennant qu'il n'y ail nulle superstition : comme il n'y en a nulle quand on regarde seulement à entretenir la discipline et bon ordre. Que la somme donc du précepte soit telle : Comme ia vérité estoil démon.-trée aux Juifs sous figure, ainsi sans ligure elle nous est déclairée : c'est que nous méditions en toute nostre vie un perpétuel repos de nos œuvres, à ce que Dieu besongne en nous par son Esprit. Secondement que nous appliquions chacun son esprit, tant qu'il sera possible, à penser aux œuvres de Dieu pour le magnifier, et que nous observions l'ordre légitime de l'Egiise à ouyr ia Parole, célébrer les Sacremens, el faire les prières solennelles. Tiercemeiit, que nous ne grevions point par trop ceux qui sont en nostre sujétion *. Ainsi seront renversez les mensonges des faux docteurs, qui ont abruve au temps passé le povre populaire d'opinion judaïque, ne uisceriiaus entre le Dimanche et le Sabbath autrement, sinon que le septième jour estoh abrogué qu'on gardoit pour lors, mais qu'il en faloit néaulmoins garuer un. Or cela n'est autre chose à aire, qu'avoir changé le jour en dcspit des Juifs, et néantmoins demeurer eu la superstition que. sainct Paul condamne : c'est, d'avoir quelque signilication secrète, ainsi qu'elle estoii sous le vieil Testament. El de faict nous voyons ce qu'a proutité leur doctrine : car ceux qui la suyvenl, surmontent les Juifs en opinion charnelle du Sabbath, tellement que les répréhensions que nous avons en Isaïe leur con-
1) Voyez sur ceci VHistire Tripart., au livre IX, chap. XXXV 111.
viendroyent mieux qu'à ceux que le Prophète reprenoit de son temps1. Au reste, nous avons à retenir principalement la doctrine générale : c'est qu'afin que la religion ne (léchée ou se refroidisse entre nous, nous soyons diligens de fréquenter les saincles assemb'ées, et appliquions en usage toutes les aides qui sont proulitables à nourrir le service de Dieu.