‹ Institution de la religion chrestienneChapitre 278 sur 335 · LIVRE H, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAPITRE VIII

cons'ant en sa promesse : mesmes ne l'accomplit pas moins que s'il donnoil cent arpens de terre a quelqu'un auquel il en auroil promis deux a» pens. Le tout gist en cela , que la longue vie nous eM yci promise entant qu'elle esi bénédiction : d'avantage qu'elle est bénédiction de Dieu, entant qu'elle nous teslilie sa grâce, laquelle il déclaire à ses serviteurs cent mille fois plus en la mort.

38 Au contraire, quand le Seigneur promet sa bénédiction en la vie présente à ceux qui se seront rendus obéissans à pères et mères, semblablement il signifie que sa malédiction adviendra a tous ceux qui auront esté désobéissais : et alin que son jugement soit exécuté, il ordonne en sa Loy qu'on en face justice : et s'ils esebappent de la main des hommes en quelque manière que ce soit, il en fera la vengence. Car nous voyons de cesle manière de gens, combien il en meurt ou en guerres, ou en noises, ou en autre façon : tellement qu'on apperçoit que Dieu y besongne, les faisant mourir malheureusement. Et si aucuns y en a qui esebappent jusques à la vieillesse , veu qu'estans privez en ceste vie de la bénédiction de Dieu, ils ne font que languir, et pour l'advenir sont réservez à plus grand' peine, il s'en faut beaucoup qu'ils soyenl participais de ceste promesse.

Pour faire tin, il faut briefvement noter qu'il ne nous est point commandé d'obéir à nos parens sinon en Dieu ' : ce qui n'est point obscur par le fondement que nous avons mis : car ils président sur nous entant que Dieu les a esleus, leur communiquant quelque portion de son honneur. Pourtant la sujétion qui leur est rendue, doit estre comme un degré pour nous conduire à la révérence de luy, qui est le souverain Père : parquoy s'ils nous veulent faire transgresser sa Loy, ce n'est pas raison que nous les ayons pour pères, mais nous doyvent eslre lors pour estrangers qui nous veulent deslourner de l'obéissance de nostre vray Père. Il faut avoir un mesme jugement de nos princes, seigneurs et supérieurs: car ce seroit une chose trop des-

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raisonnable, que leur prééminence vaîust quelque chose pour abbaisser la hautesse de Dieu, veu qu'elle en dépend : et la doit plustost augmenter, qu'amoindrir : conformer, que violer.

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